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INFLUENCE DE LA RICHESSE SUR L'ORGANISME SOCIAL

La notion de propriété n'est pas inconnue aux animaux. — La pauvreté semble spéciale à l’homme. — Son antagonisme avec la richesse a aug menté jusqu'ici avec la civilisation. — La propriété commune précède la propriété individuelle. — Nos sociétés modernes offrent de nombreuses traces de cette évolution. — Le mir russe. — Biens de l'État. — Biens de la commune. — Les prestations. — Avantages de la propriété commune. — ŒElle supprime le paupérisme relatif et la paresse. — Avantages de la propriété individuelle : elle est un stimulant. — Conditions mauvaises faites par le collectivisme et par le socialisme césarien. — Le collectivisme a surtout pour effet d’uniformiser la pauvreté. — Utilité de la richesse et de la propriété pour les nations, comme pour les individus. — L’ouvrier des campagnes est, sous le rapport de la propriété, plus avancé en évolution que l’ouvrier des villes. — L’ouvrier des villes doit devenir propriétaire industriel, comme l’ouvrier des campagnes est devenu propriétaire agricole. — La. science amènera ce résultat. — Transport de la force motrice.

Jusqu'ici nous avons pu le plus souvent étudier le milieu social de l’homme et celui des animaux d’une manière parallèle : la domestication répond à la civilisation ; les conditions faites par la densité, l’agelomération, le taux de la ration alimentaire sont les mêmes chez l’homme et chez les animaux. Il en est autrement, lorsqu'on étudie l’influence de la richesse et de la pauvreté sur l'organisme social. Encore cette différence n'est-elle vraie que pour la propriété considérée dans son état le plus avancé d'évolution, celui qu'on ne rencontre que chez l’homme, car les origines de la propriété ne commencent pas avec l’homme et sa notion n’est pas étrangère aux

autres animaux : le chien connaît fort bien le fien et le ren, ce dernier surtout, et la fourmi, qui a la réputation de n'être pas prêteuse , connaît parfaitement la valeur des galeries, propriété de sa fourmilière et celle des pucerons, qui semblent être également la propriété commune de la tribu.

L'homme seul semble, à vrai dire, avoir le privilège de la pauvreté; cet antagonisme entre la richesse et la pauvreté semble même s’accentuer d'autant plus que la civilisation est plus avancée. Cela semble, au premier abord, une critique de la civilisation : nullement; tout au plus est-ce une critique de la phase dans laquelle nous vivons; cela nous montre surtout que notre évolution sociale est loin d’être accomplie, et que tout n’est pas encore pour le mieux dans notre société.

Qu'est-ce que la richesse? un troupeau d’antilopes, qui parcourt en sécurité de belles prairies, est riche; une tribu de Peaux-rouges, qui possède de grandes prairies habitées par de nombreux buffalos, si les hommes sont adroits et vigoureux, si les femmes sont fécondes, est riche. La richesse n’eut point d'autre forme au début de l’évolution des sociétés : la propriété fut commune, avant d’être individuelle. Cette forme commune de la propriété se retrouve encore, même dans les pays les plus avancés en évolution, même dans ceux où la propriété individuelle à pris la plus grande importance. |

Tant qu’un peuple est nomade et qu’il vit de la chasse ou de la seule industrie pastorale, la propriété foncière ne s’individualise pas ; on ne possède individuellement que des armes, des vêtements, des objets mobiliers. Le partage individuel n'apparaît pour la propriété foncière qu'avec l’agriculture, et encore celle-ci à ses débuts se pratique en commun ; alors même que, par la suite, le travail personnel de Ia terre amène un lotissement individuel, d’abord temporaire, et qui ne devient définitif et transmissible que beaucoup plus tard, toutes les cultures qui ne demandent pas beaucoup de travail, les bois

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