‹ La vie des sociétésChapitre 132 sur 208 · SÉLECTION MILITAIRE · texte numérisé non relu

SÉLECTION MILITAIRE

Ainsi, dans la période 1831-1836, sur 10.000 conscrits examinés, on en trouva 9.071 bons; en 1860, on en trouve 9,400, soit 329 en plus ; c’est que la période inférieure (1831- 1836) correspondait aux guerres de l’Empire (1811-1816) et que la seconde période, plus favorisée, correspondait à l’époque peu brillante, mais du moins pacifique, de 1840. Après vingt ans, l’Empire faisait encore sentir sa funeste influence! La taille se relève en effet et le nombre des exemptions diminue, à mesure qu'on s'éloigne de cette époque funeste à tant de titres pour notre pays! Sur 10.000 conscrits les exemptions pour défaut de taille étaient :

PnslS4t des... TE RS 841

NA UNINE SR MR EE 781 DR CAMION PR Ne M TU RE 025 HARAS AS AO SERA se 506

encore a-t-on, depuis 1871, progressivement abaissé le minimum de taille nécessaire de 17,70 à 1°,54.

Aujourd’hui, puisque moins que jamais, paraît-il, on ne peut supprimer la guerre, on devrait du moins rayer le défaut de taille des causes d’exemption, car, les armes se chargeant par la culasse, il n’y à d’autre inconvénient, qu’au point de vue de l’œil, à ce que le fusil soit plus grand que le fantassin.

Cette sélection militaire est déjà, par elle-même, grosse de conséquences graves, qui réagissent sur la population tout entière ; mais elle se complique en outre des mauvaises conditions individuelles qui sont faites au soldat pendant Ja durée de sa présence sous les drapeaux : il importe donc qu'on réduise la durée du service, autant que les nécessités de l'instruction militaire le permettent.

La morbidité dans l’armée dépasse en effet tout ce qui se voit dans les groupes comparables de la population civile : elle atteint un chiffre vraiment extraordinaire. Le D' Marvaud, dans une étude sur la morbidité dans l’armée, a calculé que, pendant la période quinquennale 1875-79, il y avait eu dans

l’armée une proportion annuelle de 541 hommes malades pour 1.000 présents au corps. Plus de la moitié des hommes entre donc chaque année à l'hôpital ou à l’infirmerie !

Le nombre des journées d’indisponibilité, c’est-à-dire de traitement à l'hôpital, à l’infirmerie ou à la chambre, s’élève dans cette même période à 17.632 pour 1.000 hommes présents, ce qui donne dans l’armée française 1 journée d’indis- | ponibilité où d’exemption par maladie pour 20 Journées de présence, soit 5 %.

Cette morbidité excessive n’est d’ailleurs pas propre à notre pays : la Revue statistique de l'empire russe nous apprend que le nombre des hommes portés malades dans l’armée russe est de 3,29 pour 100 et par jour. Un autre auteur, M. Tliaskevitch, a trouvé de 1840 à 1841 le chiffre des malades par jour égal à 3,93 %. La proportion devient 3,74 7% de 1846-48 ; 4,51 7 de 1849-50 ; elle s’élève plus tard à 6,50 %. Le chiffre est maintenant retombé, d’après M. de Livron, à 5,62 %.

La mortalité militaire est telle que le fait prévoir la morbidité : elle varie dans les divers États, et nous devons reconnaître qu'après la Prusse, où les questions militaires sont étudiées avec prédilection, et après l’ Autriche, c’est la France qui est la moins maltraitée. Voici dans divers pays la mortalité militaire annuelle en temps de paix, pour 1.000 hommes :

PTUSRE re ss ee ME ner 6,9 Autriche-Honprie PR VS 11,58 AlANCec FINE NERO PARENTS 13 Belgiques. sn nt Me 15 LA OT MT AUOT 15,45 He ASE PURÉE CRE 24,5

Nous-ne sommes pas nous-mêmes arrivés sans travail à ce chiffre, qui, encore que considérable, est relativement bon, car notre mortalité militaire était :

De’1820 4 6200 RAR Eee RE 21,4 pour 1 000

ET LRO RER EE AR Re 19 — Da FRS ASS ENCRES 16 Us

Page 1