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MORBIDITÉ DANS L'ARMÉE

Mais, tandis que la population militaire donne en France une mortalité de 13 pour 1.000, la population civile du même âge, qui pourtant n’est pas triée, qui même est grossie de tout ce que la revision a rejeté comme impropre au service, ne présente pas une aussi forte mortalité ; celle-ci n’est pour cette population civile que de 11 pour 1.000. Rien ne montre mieux les conditions défectueuses créées par le milieu militaire.

Ce sont surtout les maladies épidémiques, qui sévissent sur les soldats. Jeunes, agglomérés, non acclimatés dans les villes où ils viennent tenir garnison, ils présentent toutes les conditions favorables pour prendre ces maladies.

Une seule maladie épidémique fait exception, c’est la variole. Tandis que la mortalité par variole sur la population civile de quinze à trente-cinq ans est de 9,5 pour 10.000, elle n’est que 1,25 pour 10.000 sur la population militaire : cela tient à ce que la revaccination est pratiquée réglementairement chez les soldats. Mais il n’en est plus de même pour les maladies dont nous ne savons pas encore nous garantir par un vaccin : ainsi, tandis que la population civile de quinze à trente-cinq ans présente une mortalité par fièvre typhoïde de 14,7 pour 10.000, la mortalité militaire par le fait de cette maladie éminemment épidémique et contagieuse est de 89, » pour 10.000.

Il est une classe de maladies, à laquelle les conditions de célibat forcé pour la plupart d’entre eux exposent particulèrement les militaires, ce sont les affections vénériennes, blennorrhagie ou syphilis. Leur étude, celle de la syphilis surtout, a d’autant plus d'importance au point de vue du wilieu social, que ces souvenirs du régiment ne sont pas plus tard sans influence sur les enfants issus des mariages légitimes, contractés par les militaires rendus à la vie civile.

Cependant un fait considérable résulte des statistiques annuelles, c’est la diminution des maladies vénériennes dans l’armée depuis 1872. Le D' Mathieu, médecin principal, pro-

fesseur au Val-de-Grâce, donne comme moyenne des cinq années antérieures à 1870 le chiffre de 109 vénériens pour 1.000 hommes de troupes ; ce chiffre s’abaisse à 82 de 1872 à 1876 et à 61 de 1876-1880. M. Mathieu attribue cette diminution, avec raison je crois, à l'extension du service militaire devenu obligatoire pour tous, à la moindre durée du temps passé sous les drapeaux, ainsi qu'à la somme de travail plus considérable qu’on exige du soldat.

Du reste, toute concentration de troupes, même accidentelle, a pour effet d'élever immédiatement la courbe des maladies vénériennes : c’est ainsi qu'à l’époque des troubles en Algérie (1872-73), l’armée algérienne a présenté immédiatement une ascension. Il en est ainsi de toutes les concentrations même de population civile, et M. Mathieu rappelle avec à-propos, dans son intéressant mémoire, que MM. Clerc, Besnier et Doyen ont déjà noté l'élévation du nombre des maladies vénériennes à chaque exposition universelle. C’est bien là, du reste, le cas de l'explosion de syphilis qui se produisit en Italie sous Charles VIIL, et qui fit prendre pour une maladie nouvelle ce qui n’était que l’exacerbation d’un mal ancien.

Il est intéressant, au point de vue de l’étude du milieu social dans l’armée, d'examiner les maladies vénériennes dans leurs rapports avec la hiérarchie militaire. Or il résulte du travail déjà cité de M. Mathieu, que ce mal est loin de respecter la valeur du grade ni même celle de l’ancienneté : à nombre égal les sous-officiers, mieux rétribués, comptent plus de vénériens que les soldats ; la différence est comme 74 est à 60. Puis, parmi les militaires de tous grades mais d'armes différentes, les plus éprouvés sont ceux qui touchent la meilleure solde. L’échelle est croissante pour 1.000 hommes d’effectif :

[nantes rames 49 solde par prêt. 0 fr. 25 CAVAIRTICR MERE UE 63 — 0,35 AFTER PE SER ES 67 — 0,45 Sapeurs-pompiers...... 109 — , 0,95

Gendarmerie mobile... 120 — 2,0

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