PROFESSIONS MANUELLES
Professions manuelles — Maladies professionnelles. — Leur étude est comparable dans le corps social à l'étude des dégénérescences pathologiques de l’elément cellulaire dans l'organisme animal.
Eruptions professionnelles. — Grenouilles, choléra des doigts, gale des épiciers.
Éruptions de cause interne chez les vanniers, cannissiers, etc.
Déformations professionnelles chez les cordonniers, parqueteurs, tailleurs, aiguiseurs, etc.
Accidents pulmonaires produits par les poussières : poussières animales, végétales, minérales. — Pneumoconiose. — Siderose. — Chalicosis. — Phtisie des aiguiseurs. — Disposition à la phtisie tuberculeuse. —— Sa fréquence dans diverses professions manuelles. — Phtisie charbonneuse. — Tabacosis. — Vapeurs irritantes.
Intoxications professionnelles. — Saturnisme. — Listes des professions exposées au saturnisme. — Fréquence des avortements chez les ouvriers qui travaillent le plomh. — [L’intoxication du pére est une cause suffisante. — Fréquence de l’idiotie et de l’imbécillité chez leurs enfants.
Intoxication par le cuivre. — Burkisme.
Intoxication mercurielle. — Mortalité considérable des ouvriers. — Professions exposées à l'hydragyrisme.
Arsenic. — Phosphore. — Benzine.— Nitro-benzine. — Fuchsine. — Aniline. — Sulfure de carbone.
Les professions manuelles méritent de nous retenir un peu plus longtemps : elles occupent un nombre considérable d’individus disséminés dans les différentes branches du travail ; elles donnent lieu en outre à une foule de maladies professionnelles, qui doivent figurer, ne serait-ce qu'à titre de simple énumération, dans l’étude du #ilieu social.
Les altérations, déformations, maladies professionnelles dont sont frappés les individus qui composent l’organisme social, sont de tout point comparables à ces altérations régressives dont sont frappés les éléments anatomiques, cellulaires, par suite du fonctionnement des organes et de l'organisme
dont ils font partie. Ce chapitre de l’étude du milieu social | 16
est donc, en quelque sorte, l’homologue d’un chapitre d’histologie pathologique. Je me bornerai dans ce livre à faire l’énumération des accidents professionnels, c’est-à-dire des maladies, qui résultent de l’exécution de certains travaux. Il n’est pas sans utilité de considérer au prix de combien de souffrances, de maladies, au prix de combien de vies humaines sont achetés les objets qui constituent la matière première de Pindustrie et du commerce et que pourtant les quelques privilégiés de la fortune, à qui 1ls sont destinés, ne considèrent le plus souvent que comme des objets de luxe ou de confortable.
Les accidents que je vais décrire, en suivant l’ordre adopté par le D' Proust, se bornent parfois à certaines éruptions de cause externe (1) : les déchargeurs de bateaux, les ravageurs, les débardeurs sont sujets à des érosions des doigts toujours plongés dans l’eau, qu’ils nomment grenouilles.
Les mains des banchisseurs sont également excoriées par l’action combinée de l’eau et des lessives.
Les mégissiers sont sujets à deux maladies des doigts dues au frottement : une ecchymose qu’ils nomment choléra des doigts et un amincissement de la pulpe, dû à l’action corrosive de la chaux, auquel ils donnent le nom de rossignol.
Les tanneurs, criniers, pelletiers, marchands de peaux de lapins sont sujets également à des lésions cutanées, sans compter la plus grave de toutes, la pustule maligne.
D’autres altérations des mains surviennent chez les filateurs de laine, les cardeurs, les brunisseurs, les maréchaux-ferrants, les bouilleurs, les épiciers, chez qui une sorte d’eczéma prend le nom de gale des épiciers ; chez les dévideuses de cocons; la maladie prend dans ce cas le nom de al de ver, mal de bassine.
(1) Consulter, pour tout ce chapitre : Traité d'hygiène publique, par A. Proust, Paris, Masson, 1877 ; — 1; Etude et les progrès de l'hygiène en France de 1878 à 1882, par MM. Napias et Martin, Paris; Masson, 1882; — Manuel d'hygiène industrielle, par le D' Napias, Paris; Masson, 1882.