ACCIDENTS DUS AUX MACHINES
Après les accidents qui sont dus aux intoxications professionnelles diverses viennent les accidents dus aux machines : engrenages, courroies, cylindres, calandres, arbres verticaux, cordes, roues de volée, scies mécaniques. La plupart des accidents sont, d’après Coyet et d’après les D Napias et Martin, occasionnés par l’entassement des machines dans un espace trop étroit et par conséquent par l’insuffisance des passages, ce qui revient à dire que la plupart de ces accidents incombent à la responsabilité des patrons. Tous ne prennent pas d’ailleurs la précaution d'isoler les courroies et autres pièces dangereuses par un tambour, ainsi que le prescrit la loi du 17 mai 1874. Il existe cependant toute une série de mécanismes, qui garantiraient les ouvriers, si on en faisait usage. Le D' Napias cite, pour les avoir vus fonctionner dans l’imprimerie Chaix, des pare-engrenages, qui sont placés sur les roues d'angles, des revêtements en tôle et en bois, qui couvrent les roues dentées, les poulies, les courroies de transmission, les laminoirs, etc. Ces dispositions, qui sont prises dans ces ateliers au moyen de cinq cents appareils de préservation, sont complétées par un système de désembrayage instantané et de sonnerie d'alarme, qui permet, en cas d’accident, de préserver très promptement la victime, en suspendant, au premier signal, l’action de l’arbre de couche sur les machines.
Les accidents seraient moins fréquents, si de semblables précautions étaient prises dans toutes les usines; 1lest vrai que les ouvriers, souvent insouciants du danger avec lequel ils sont familiarisés, portent fréquemment des vêtements flottants et ne craignent pas assez de nettoyer les machines en marche. La meilleure preuve que le défaut d’attention joue ici son rôle, c’est que le nombre des accidents est en raison inverse de l’âge des ouvriers. Sur 100 accidents on compte :
Chez les enfants de moins de 15 ans...... 41 — les jeunes gens de 15 à 25 ans ...... 36,4 — les hommes de 25 à 40 ans ......... 13,1
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Les accidents occasionnés par les machines à vapeur tiennent souvent aussi au mauvais état du matériel. D’après Napias et Martin, ils sont produits le plus souvent par la mauvaise qualité de la tôle, la forme vicieuse de la chaudière ou du ‘fourneau, par l’altération amenée dans les chaudières par un long usage, l’incrustation des parois, etc. Il est vrai qu'on voit figurer parmi les causes qui semblent imputables à lPouvrier la surcharge des soupapes de sûreté et l’abaissement du niveau de l’eau dans la chaudière : encore, dans ces cas, le patron doit-il tenir ses machines au courant des progrès de la science, en employant, par exemple, des plaques fusibles, qui ferment certaines ouvertures de la chaudière et qui, formées en proportions variables de plomb, de bismuth et d’étain, fondent à la température qu'on ne veut pas dépasser, où encore en ayant recours aux substances qui mêlées à l’eau s’opposent à l’incrustation des chaudières (rognures de zinc, talc en poudre, matières grasses), ou enfin en faisant usage d'indicateurs de niveau faciles à consulter.
En Angleterre, la loi (employers liability act) affirme d’abord la responsabilité du patron en cas d'accidents. Les faits que je viens de signaler montrent que le plus souvent Îa responsabilité du patron est évidente; mais le plus souvent ne veut pas dire toujours : dans certains cas l’incurie de la victime est notoire. Quoi qu'il en soit, la responsabilité plus où moins fréquente des patrons a une conséquence toute naturelle, c’est l’assurance contractée par eux et entre eux, en vue des accidents qui peuvent survenir; cette précaution financière est évidemment justifiée, mais elle a l'inconvénient de faire, en apparence au moins, bon marché de la vie humaine, et d'exposer les patrons qui n’écouteraient que leurs intérêts à prendre moins de précautions contre les accidents une fois qu’ils sont assurés contre leurs conséquences financières.
Tout autre est l’esprit de l’association fondée à Paris sous la présidence de M. l'ingénieur E. Muller. « Les industriels