L'ASSURANCE CONTRE LES ACCIDENTS
parisiens, disent les statuts, se font un devoir de s’unir dans un but préventif, de grouper les efforts et les expériences de chacun pour conjurer les accidents par tous les moyens que la science soutenue par le dévouement à la cause de l’humanité est susceptible d’inspirer. Chacun d’eux est désireux de faire profiter ses confrères de ses observations et il est permis d'espérer que, grâce à tous ces efforts, l’ouvrier sera efficacement protégé. Îl est même à présumer qu’il résultera d’une semblable entente que les assurances pourront abaisser leurs primes, ou bien augmenter les indemnités qui reviendront à ceux qu'aucune prudence humaine n’aura pu sauver.
« C’est dans le but d’éloigner et même de supprimer les chances d'accidents dans toutes les espèces d'industries, dans tous les chantiers de travaux publics ou particuliers, partout enfin où il y à travail et danger, que les industriels parisiens se sont groupés en association, à l'exemple de celles qui existent déjà, aux mêmes fins, mais spécialisées, en Angleterre, à Rouen et à Mulhouse. Nous devons signaler les heureux résultats obtenus à Mulhouse par l'Association semblable à celle que nous proposons, laquelle conipte déjà seize années d'existence.
« Les adhérents de la nouvelle association parisienne s’engagent à rechercher les moyens les plus efficaces de préservation en rassemblant les expériences faites par chacun d’eux et en les mettant à profit dans l’intérêt de tous, et ce : par des inspections fréquentes, par la communication des moyens les plus propres à garantir l’ouvrier, par l'indication des meilleures dispositions réglementaires à adopter, par des publications qui puissent comprendre des articles relatifs à la jurisprudence spéciale sur la matière. »
En pareille matière, il est en effet bien plus important de prévenir les accidents que d’en punir l’auteur : or, à Mulhouse, les manufacturiers qui font partie de l’association dont il vient d’être parlé et qui a été fondée par M. Engel-Dollfus, sont parvenus à conjurer presque sûrement 60 à 80 7% des
accidents d'ouvriers. Une association du même genre donne également d'excellents résultats à Rouen.
Cela n’empêche pas d’ailleurs les ouvriers de s’assurer, s'ils le veulent, contre les accidents de fabrique ou contre la maladie ; cette assurance est même nécessaire, maïs à la condition qu’elle ne sera pas obligatoire, comme le demande M. de Bismark dans sa passion pour ce détestable système qui a nom le socialisme d’État. Partout, je ne saurais trop le répéter, l'initiative, la prévoyance individuelle valent mieux que la tutelle coûteuse et fallacieuse de l’État-assureur, de l'État-inspecteur, de l’État-providence !
No
Travail des enfants. — L'Etat n’a pas à intervenir pour les adultes, mais bien pour les enfants. — Nécessités du recrutement. — Mortalité des enfants dans les districts manufacturiers.
Il est bien certain que si je suis partisan de la liberté absolue des contrats permettant à l’ouvrier de débattre, à son gré, avec le patron le prix de son travail aussi bien que sa durée, on ne saurait admettre la même liberté pour l’enfant et qu’il est nécessaire que l’État intervienne ici. « A ne voir que la personne de l’enfant, disait M. Renouard, en 1841, c’est un grand mal pour son avenir que les entraves à son développement physique, que l'habitude de l'ignorance et la possibilité de se passer d'instruction, que le contact d’ouvriers des deux sexes. Mais ce n'est pas seulement un mal individuel, c’est aussi une blessure profonde faite au pays, qui a besoin d'hommes vigoureux pour ses travaux et ses armées, d'hommes intelligents pour le développement de son activité nationale,
. d'hommes probes et consciencieux pour le maintien de l’or- dre général et de la paix publique. » L'intervention de l’État, qui n’a pas sa raison pour l’adulte, est nécessaire pour l’enfant,