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LES FORCES DE LA NATURE

définitive à une question de chevaux-vapeur, de force motrice et d'outillage.

La question du travail et l'emploi des forces naturelles. — T’homme, en .

domptant les forces de la nature, s’est donné des organes nouveaux. — Le feu. — L'histoire du travail est la véritable histoire de l'humanité, plus que celle des batailles. — Utilisation des forces naturelles. — Puissance actuelle de la vapeur d’eau. — La force fournie par les machines à vapeur représente le travail de plus d'hommes qu'il n’en existe. — La conquête des machines. — Un règne nouveau. — Multiplication de la puissance de l’homme. — La machine et le travail. — Aristote et les machines.

Guerre aux machines. — Sismondi.— Proudhon. — L'abbé Grégoire. — Nécessité de tenir notre outillage au courant de la science. — La routine en France. — Le rapport de M. Lourdelet sur l’industrie américaine. — Les forces de l'avenir. — Transformation des forces naturelles en électricité. — Transport à grande distance. — Ce problème

contient la solution de la question sociale.

L'homme, en domptant les forces de la nature pour les mettre à son service, s’est, en réalité, donné des organes nouveaux ; tant ilest vrai que si le milieu fait l’homme, ce dernier peut, à son tour, modifier son milieu. On peut même dire que c’est tracer la ligne ascendante. qu'a suivie le milieu social à travers les âges, qu'énumérer la série des organes nouveaux que l’homme s’est ainsi donnés, des forces de la nature qu’il a successivement ajoutées aux siennes et dont il a fait ses esclaves.

On ne considère pas assez quelle modification considérable rapportée aux relations des hommes entre eux, à la satisfaction de leurs besoins, au bonheur de l'humanité tout en- - tière, en un mot au wilieu social, les découvertes successivement faites par l'humanité lentement élevée, de conquête en conquête, au-dessus de l’animalité, d’où elle émerge.

Les légendes de tous les peuples ont fait du feu un Dieu,

celui-là utile. Si grande que soit la distance entre le primate à peine dégrossi, qui du frottement de deux bois fit jaillir la flamme, et l'industriel de nos hauts fourneaux, on peut dire en effet que l'invention du prétendu Prométhée a été la plus considérable de toutes celles qu’ait jamais faites l’humanité!

Quel intérêt n'offre pas l’histoire du travail humain, depuis le premier couteau de silex, la première scie née fortuitement du couteau ébréché par l’usage, jusqu'à la hache, « cette épée de la civilisation, » qui devait servir à détruire les forêts et à les remplacer par des champs, jusqu’au levier, à la poulie, à la vis attribuée à Archimède, jusqu’à la roue, contemporaine, dit-on, d’Aristote, au compas, à l’équerre, au fil à plomb, à la machine à vapeur, à la machine dynamo-électrique, au télégraphe, aux nombreuses applications de l’électricité !.… Mais cette histoire des outils a moins attiré jusqu'ici l’attention que celle des armes, « parce que les annales humaines, comme le dit M. Bourdeau (1), où figurent moins d'ouvriers que de soldats, sont aussi prodigues de récits militaires qu’avares de

renseignements ethnologiques ». C’est cependant là qu'est la

véritable histoire de l’homme ; il n’est point de conquérant, il n’est même pas de littérateur ou de philosophe, dont l’influence salutaire sur la marche de l'humanité puisse lutter avec celle du modeste inventeur d’un outil, qu’il s’agisse non pas même de l'invention de la boussole mais de celle de la simple voile.

Toutes ces conquêtes pacifiques, qui donnent à l’homme un instrument nouveau, qui lui soumettent un nouvel animal producteur de force, ou qui mettent dans ses mains une force nouvelle de la nature, augmentent sa puissance dans des proportions incalculables. Après avoir dressé les chiens à tirer des traîneaux, l’homme a employé la force du cheva!, celle du b du chameau, de l’éléphant, à tirer ou à porter les fardeaux ; forcé les rivières à tourner la meule à sa place et à mettre en mouvement ses innombrables machines ; il a attelé le vent. La

(1) Les Forces de l’industrie, par Louis Bourdeau ; Paris, Alcan, 1884. 0

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