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DÉFORMATIONS SCOLAIRES

pour effet de faire porter le poids du corps sur le coude nn ainsi que sur l’ischion gauche et de courber la colonne vertébrale en are de cercle à convexité à gauche et à concavité à droite, de façon à produire la scoliose latérale gauche. Le D* Dujardin-Beaumetz dans différentes écoles a constaté également que cette déviation de la colonne vertébrale se produisait chez 17, 19 et même 20 enfants sur 20. Le D' Thorens, dans les écoles communales d’un arrondissement de Paris, à observé cette déviation chez toutes les filles et chez la moitié des garçons. À Stuttgard, parmi 707 enfants elle a été constatée chez 640. Il y a donc un intérêt majeur à réformer cette méthode d'écriture, qui fausse la colonne vertébrale des enfants ; il serait utile de substituer l'écriture droite sur papier placé obliquement à l’écriture couchée sur papier tenu droit, car « Si quelque chose doit être de travers, c’est plutôt le papier que le corps des écoliers, » dit avec raison le D' Dally.

Si l’écriture déforme la taille, on s’arrange de telle sorte, que la lecture déforme les yeux : elle atteint ce résultat par plusieurs moyens : parce qu’elle est trop prolongée, qu’on ne tient pas suffisamment à ce que l'éclairage soit bon, qu'il vienne du côté gauche ; enfin parce qu’on se soucie fort peu, que les livres d’école soient bien imprimés, que leurs caractères soient d’une lecture facile. Tout cela aboutit à une déformation des milieux de l’œil, à un changement dans le rayon de courbure, qui amène la myopie. Aussi, tandis que le nombre des myopes en Allemagne est dans les campagnes de 1 habitant sur 100, il est dans les villes de 20, de 30 et même de 40. Le nombre des myopes est, en réalité, chez les écoliers proportionnel à l’assiduité à l’école. Ce nombre est chez les écoliers allemands de 24 % ; il est de 19 % en Amérique et de 14 Z en Angleterre.

Rien ne démontre mieux l'influence néfaste de notre système d’éducation que la gêne qu’elle apporte à la croissance. De mesures nombreuses de ce qu’on pourrait nommer la

vitesse d’accroissement de la taille chez les enfants de dix ans il résulte que, si l’enfant gagne dans son année 6 centimètres, ilne les gagne pas par une croissance continue; il en gagne 2 seulement pendant les dix mois de scolarité, tandis qu'il en prend 4 pendant les deux mois de vacance! Quel est l’horticulteur qui voudrait placer uné plante pendant dix mois sur douze dans des conditions ainsi démontrées désavantageuses!

Pour évaluer l’influence de nos modes d'éducation sur le développement physique, M. le docteur Lagneau a recherché quelle était l’aptitude militaire des jeunes gens instruits comparée à celle des jeunes gens en général. Or, sur 1.000 jeunes gens en général, 540 sont admis dans l’armée, dans le service actif, ou dans le service auxiliaire, et 460 sont exemptés, dispensés ou ajournés ; tandis que sur 1.000 jeunes gens instruits ayant passé les baccalauréats, 425 seulement sont admis dans l’armée, comme engagés conditionnels où comme propres au service actif et auxiliaire, et 575 sont exemptés, dispensés ou aJournés.

Cette proportion est moins fâcheuse que celle de 800 exemptés sur 1.000 constatée par M. le docteur Finkelburg sur les jeunes gens se présentant au volontariat en Prusse; on voit cependant que les hommes reconnus impropres à servir dans l’armée sont d’un quart plus nombreux chez nous parmi les jeunes gens instruits que parmi les jeunes gens en général. Telle est la conséquence de la vie sédentaire, à laquelle on astreint nos écoliers pour leur donner prématurément une instruction encyclopédique, plus intensive que profitable au développement de leur intelligence.

On se demande en vérité pourquoi la loi, qui protège les enfants contre l’abus de travail dans les manufactures, ferme les yeux devant ces usines cérébrales où les enfants sont aussi déformés que dans celles de l’industrie véritable.

Les D Chassagne et Dally ont de leur côté cherché à se rendre compte des modifications que la gymnastique pouvait au contraire. faire subir à l’organisme ; or ils ont constaté que

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