LA GYMNASTIQUE
l'entraînement par la gymnastique, chez les jeunes hommes de l’école de Joinville-le- Pont, avait, dans l’espace de cinq mois, accru le périmètre thoracique de 2",51 chez 76 % d’entre eux. On sait que l’étroitesse du périmètre thoracique est reconnue par tous les médecins comme le signe d’une grande prédisposition à contracter la tuberculose pulmonaire. Le D' Rouhet a constaté ailleurs que la gymnastique augmentait également la hauteur verticale de la cage thoracique. Cette augmentation de diamètre dans tous les sens est donc une conséquence capitale, et ne ferait-on, par l’éducation physique, que de diminuer les chances de mort par phtisie, que cela seul justifierait l'expression dont on se sert pour désigner les bienfaits de l’'éducation. D’ailleurs l’accroissement organique ne porte pas uniquement sur la cage thoracique : dans les expériences de Chassagne et de Dally à Joinville-le-Pont, les cinq mois de gymnastique avaient, chez 82 % des élèves, augmenté le périmètre du bras au niveau du biceps de 1 centimètre 28 ; celui de la cuisse avait crû, chez 63 %, de 1 centimètre 388; enfin la force de soulèvement avait augmenté, chez 86 7, de 28 kilog.
C’est donc un milieu social bien important que celuide l’école, puisqu'il peut déformer etamoindrir avant que la lutte de la vie soit commencée, puisqu'il peut, si l’éducation est malcomprise, désarmer le futur combattant et le mettre dans des conditions désavantageuses! Nous voilà bien loin de la fonction opposée que doit remplir l’école, c’est-à-dire la préparation du citoyen, l'élaboration de l’élément humain constituant de l’organisme social, la fabrication d’un individu fort, vigoureux et capable de bien remplir toutes ses fonctions, au plus grand profit et pour le plus grand biende lui-même comme de l’organisme collectif auquel il appartient, le pays! |
Que les statisticiens cessent de s’étonner de la dégénérescence des individus, du petit nombre des naissances, du grand nombre des avortements, du nombre plus grand encore des produits avortés! R. Frary leur dit avec raison « qu’il est
peu de phénomènes dans la vie d’une nation où l’on ne sente le contre-coup d’une erreur pédagogique. »