‹ La vie des sociétésChapitre 184 sur 208 · HER · texte numérisé non relu

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A la déformation du crâne pratiquée jadis avec des planches a succédé la déformation directe du cerveau par des syllogismes. — Exercice prématuré du cerveau. — Il a pour conséquence une déformation anatomique de la cellule cérébrale. — L'esprit faussé. — Perte de l’originalité. — Culte exclusif du passé. — Tnsouciance de l’avenir. — Le grec etle latin. — Nul respect des aptitudes individuelles. — On ne développe pas assez chez les enfants le sentiment de la responsabilité individuelle. — On développe l'esprit d’obéissance, l'habitude d’une tutelle, non l'esprit d'indépendance et d'initiative individuelle. — On oublie que le premier but de l'éducation doit être de former des citoyens. — L’enseignement doit être laïque.

Si au moins cette déchéance des organes avait pour compensation le développement du cerveau ! Il s’est rencontré des peuples qui, pour préparer les enfants à devenir un jour les membres actifs d’une classe dirigeante, employaient des leviers, des bandages et des planchettes, qui appliquées sur le front et sur.l’occiput parvenaient à déformer la tête. Les prêtres se recrutaient parmi ces jeunes gens au crâne déformé, et cette déformation du crâne n’était pas sans influence sur le cerveau lui-même : les circonvolutions correspondant à la région du crâne qui avait été comprimée s’atrophiaient, sans que l’hypertrophie seulement apparente des régions non comprimées fût compensatrice. Bien que ces déformations crâniennes ne soient plus en usage chez nous, nous n’avons pas renoncé à déformer le cerveau ; seulement nous ne le faisons pas directement : au lieu de bandages appliqués sur le crâne nous nous servons de syllogismes appliqués sur la cellule cérébrale même. « J'entends par esclavage de l'esprit, écrivait Voltaire, cet usage où l’on est de plier l’esprit de nos enfants, comme les femmes caraïbes pétrissent la tête des leurs ; d'apprendre

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