‹ La vie des sociétésChapitre 22 sur 208 · EN · texte numérisé non relu

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travailler, comme il voit ses muscles se dessiner sous sa pean mouillée de sueur et noire de charbon, il oublie que, s’il exécute une corvée pour eux, ils effectuent, de leur côté, un travail dont il aura lui-même sa part de profit, soit qu'il s’instruise et se repose à la vue d’une peinture et à la lecture d’un livre, soit qu’il profite, dans sa vie de chaque jour, des découvertes du savant!

Sous ces formes variées que prennent les combinaisons sociales, on retrouve, en un mot, la #utualité, la solidarité.

Le mutualisme, c'est l'idéal de l’association bilatérale, celle où chacun des deux associés fait une bonne affaire et qui à pour principe cet axiome des économistes : Lo ut des, Donne-moi ce que tu as, je te donnerai ce que j'ai. C’est le principe de l’échange ; c’est la condition sine qua non de la vie sociale, qui doit être basée sur la réciprocité des services : la violette demande aux grands arbres, àl’ombre desquels elle pousse, le demi-jour dont elle a besoin; le tapis de verdure qu’elle forme à leurs pieds entretient, en retour, une humidité qui profite à leurs racines. Le pigue-bœuf ou milan parasite vole autour des bœufs au pâturage ; il pique et perce de son bec les petites tumeurs qui se forment dans la peau des ruminants, sous l’influence d’une larve déposée par un insecte comme celle de l’ichneumon dans la chenille, et il ne demande d’autre payement que la larve même qu'il mange ! C’est le chirurgien payé en nature!

La division des fonctions n’a, dans l'humanité, d’autre fin que le mutualisme: le chapelier coiffe le bottier, qui le chausse ; tous deux habillent le médecin, qui les soigne. C’est elle qui, par la solidarité entre les individus, amène l’unité dans la cité, comme dans la nation, comme dans l'humanité : le bernard-l’ermite n’est pas seul dans la coquille qu’il à volée ; il a des complices, qu’il loge, sous réserve de certaines charges qu’il exige d’eux; de telle sorte que, sous une coquille unique, comme dans le cheval de Troie, c’est une petite armée, c’est une société d’assurance mutuelle qui s’avance.

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