CHAPITRE V
La civilisation est à beaucoup d’égards, pour l’homme, l’analogue de la domestication pour les animaux. — Son action sur le milieu social. — Son action sur la durée de la vie. — Vie moyenne et âge moyen; Assézat. — Action de la civilisation sur la fécondité. — Erreur de J.-J. Rousseau sur l’homme primitif.
La civilisation va nous apparaître comme un modificateur social du même ordre que celui que nous venons d’étudier.
Sauf quelques restrictions, qui auront leur place lorsque je parlerai du milieu social étudié spécialement dans les villes, on peut dire que la civilisation augmente la durée de la vie de l’homme. Aïnsi, les documents que nous possédons sur le mouvement de la population de Londres accusent, en 1730, un chiffre de 17.118 naissances et un autre de 10.368 décès survenus dans les deux premières années de la vie. Cela fait presque une mortalité des deux tiers des enfants dans les deux premières années. Aujourd’hui le chiffre de la mortalité des enfants de un à deux ans est tombé à un cinquième. C’est là un progrès : on sait cependant combien la mortalité infantile est encore considérable en Europe, notamment en France, et quels D nous avons encore à réaliser sous ce rapport.
La vie moyenne augmente avec la civilisation : elle est en Europe, aujourd’hui, d’un peu plus de quarante ans; tandis