LE CERVEAU COLLECTIF DU CORPS SOCIAL
Cerveau collectif du corps social. — Le tour de tête de Diderot. — Régularité des phénomènes moraux pour un milieu social donné. — Harmonie nécessaire entre le milieu social et Les lois.
C’est grâce à l’existence d’une intelligence collective et unifiée dans l’organisme social, d’un {our de tête commun à tous les citoyens, suivant le mot de Diderot, qu’une nation semble avoir un cerveau collectif ; 1l est aussi impossible que ce cerveau collectif, unifié, ne règle pas d’une manière impérative et fatale les destinées de cette nation, qu’il est impossible que les actions d’un homme ne soient pas fatalement liées à la dimension, à la structure et à l’état particulier de son cerveau. — Le #ilieu social d’une nation permet de prévoir ses destinées d’une façon en quelque sorte mathématique, et le philosophe qui connaîtrait la science sociale comme nous connaissons la physique ou la chimie, pourrait prévoir les phénomènes en apparence les plus fortuits, comme nous prévoyons la vitesse de chute d’une pierre, quand nous connaissons sa masse, sa densité, la hauteur de son point de départ et la densité de l’air qu’elle traverse; comme un chimiste prévoit quelle combinaison vont effectuer deux corps, dont il connaît la constitution atomique, la température et les conditions générales de milieu.
C’est ainsi que, pour un peuple donné, dans une période