‹ La vie des sociétésChapitre 44 sur 208 · LOI DE FRÉQUENCE DES PHÉNOMÈNES · texte numérisé non relu

LOI DE FRÉQUENCE DES PHÉNOMÈNES

donnée, le nombre des phénomènes en apparence les plus fortuits est chaque année presque invariablement le même : le nombre des crimes, des meurtres, des vols, des suicides est presque invariablement le même, comme le nombre des mariages, celui des naissances et celui des décès sont invariables ; tant il est vrai que chacun de ces phénomènes est, comme le dit Bukle, « simplement le produit de la condition générale de la société, » expression que nous traduisons par celle de milieu social. — Il n’est pas de petit phénomène, si minime soit-il, qui ne subisse la même loi : à Londres, comme à Paris, lé nombre des lettres sur lesquelles on à omis de mettre l’adresse est sensiblement le même chaque année, dans chacune de ces deux villes. Les chiffres suivants donneront une idée de la fréquence toujours la même des assassinats, des empoisonnements, des suicides, des escroqueries, des abus de confiance et des faillites constatés à Paris pendant quatre années consécutives :

3 ASSASSI- EMPOISON- | ESCROQUE- ABUS DE ANNEES, SUICIDES. FAILLITES, NATS. NEMENTS. RIES, CONFIANCE.

« Le peu d'importance de ces divergences, dit encore Bukle, peut nous donner quelque idée de l’énergie prodigieuse de ces vastes lois sociales, qui, quoique constamment inter- . pepe semblent vaincre tous les obstacles et qui, lorsqu’on les examine dans des proportions considérables, éprouvent à peine un dérangement sensible. Avant la fin de notre siècle, un historien niant la régularité constante du monde moral sera aussi difficile à trouver que, de nos jours, un philosophe niant la régularité du monde matériel. »

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