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LES MALADIES AUX DIVERS AGES DU CORPS SOCIAL

Les maladies varient selon le niveau du milieu social. — Maladies telluriques, — alimentaires, — parasitaires. — Réceptivité pour les maladies épidémiques. — Influence de la facilité des communications. — Hygiène. — Méthodes préventives de vaccination. — Solidarité des peuples devant les épidémies. — L’hygiène internationale.

Les changements.qui surviennent progressivement dans le milieu social, évolution sociale, s’accompagnent d’autres modifications correspondantes dans toutes les directions où l’homme peut être étudié, notamment dans lès maladies. Chaque âge du corps social a les siennes. Les maladies du civilisé ne sont pas les mêmes que celles de l’incivilisé. Encore ici l’évolution du milieu social entraîne une série de modifications parallèles. C’est ainsi que les maladies felluriques disparaissent à mesure que la civilisation augmente, parce que la population est plus dense, la propriété plus divisée, la culture plus étendue.

Il en est de même des maladies alimentaires, dues fréquemment à l’altération des céréales, qui font d'autant mieux senir leur action sur l’organisme, que l’alimentation totale est moins abondante ; elles diminuent à mesure que les peuples mangent davantage, qu’ils consomment une plus grande quantité de viande ou de liqueurs alcooliques. La fréquence des communications, qui va de pair avec la civilisation, permet, en outre, à une région dont les céréales sont alté-

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rées, de s’approvisionner dans une contrée mieux favorisée.

Est-il besoin d’ajouter ici, que l’état social des populations primitives, de celles qui notamment ne font pas usage suffisant du feu, doit augmenter la fréquence chez elles des maladies parasitaires, dont le tube digestif est le siège ? le mal d'estomac des nègres, le ténia en Abyssinie, la trichine en Allemagne, l’échinocoque en Islande, en sont la preuve. Ces modifications pathologiques apportées par le milieu social ne sont pas lés seules : une population peu avancée en civilisation, sans commerce, sans industrie, sans relations de voisinage, une population insulaire à demi sauvage, par exemple, bénéficie jusqu’à un certain point de cet isolement, en ce sens qu'elle est à l’abri de toute importation de germes morbides des maladies épidémiques ou contagieuses ; mais qu'un premier contact ait lieu entre elle et une population plus civilisée, depuis longtemps habituée au frottement avec les étrangers et à toutes ses conséquences bonnes où mauvaises, et la réceptivité de la population vierge jusque-là de tout contact avec l'étranger, pour les maladies qu’elle ne connaît pas encore, est telle, qu’un nombre parfois considérable d’individus succombent. D'ailleurs mal où point vêtus, mal nourris, sans aucune notion d'hygiène, livrés à toutes les superstitions, les hommes sont sans résistance devant le climat, comme devant la maladie.

Dans une période plus avancée de la civilisation, la réceptivité est peut-être moins grande, mais la densité de la population est accrue ; la civilisation est plus raffinée et compliquée ;avec elle la superstition a grossi le bagage de toutes les pratiques absurdes plus propres à agoraver les maladies qu’à les guérir ; c’est alors qu’on voit apparaître et durer les grandes épidémies comme la peste dans l'antiquité et au moyen âge.

Ce n’est que bien plus tard, qu'un art médical encore empirique apporte quelque soulagement, que la science dicte enfin les lois de l’hygiène inconnues jusque-là, en même temps qu’elle découvre les moyens de guérir et même de

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