PRÉFACE. Y
l'est de prédire celle d’un homme ou d’un cheval
ou la trajectoire d’une comète ou simplement la vitesse de chute d’une pierre. Cette science des phénomènes sociaux, c’est la Sociologie.
Elle constate que les sociétés se développent et qu’elles se déforment comme font tous les êtres vivants; elle étudie leurs maladies, car les sociétés ont leurs maladies, et les péripéties dont l’histoire nous raconte le détail et la succession sont comparables aux incidents de la vie d’un homme, dont on relaterait sous forme « d'observation médicale » les manifestations biologiques de la croissance, de la maturité et de la vieillesse en même temps que les accidents pathologiques survenus pendant sa vie : la dentition, la consé-
quence des excès de jeunesse, de l’abus du travail, de
J’ambition excessive, les délires passagers, les accès de
colère ou de désespoir, les périodes de paresse ou de mysticisme, les chutes, les plaies, les empoisonnements.
Mais l'observation des maladies sociales a été faite
d’une manière tout opposée à celle des maladies du
corps humain : les symptômes qui en médecine ont Par 4 Le e
été observés les premiers sont ceux qui sautent aux yeux dès le premier regard jeté sur le malade, et qui résultent de son état général, de son factes, de son Labitus; les premières lésions constatées sont celles qu'il
est facile de voir, parce qu’elles s'étendent parfois