DÉFORMATIONS ETHNIQUES
beaucoup de régions, où la déformation était en usage, les idiots, les microcéphales étaient l’objet d’une adoration dévote, d’un véritable culte. Le moyen d'approcher le plus possible de la perfection divine, c’est-à-dire de la microcéphalie, était en effet la compression du crâne!
Bien d’autres organes étaient d’ailleurs ou sont même encore déformés dans certains milieux sociaux ; le nez, dans la cloison duquel les Australiens passent un bâton, le zéigau; les oreilles et les lèvres, où les Botocudos et certains Esquimaux passent la botoque ; les dents, qui sont limées, usées, percées, ornées de perles ou peintes ou gravées, selon les pays; les seins, les doigts, les organes génitaux.
Le caractère social de toutes ces pratiques est bien mis en évidence par ce fait, que les peuples ne les traitent pas comme un caprice démodé, mais comme un acte solennel, une fête, un sacrement ; le tatouage n’est pas moins solennel et n’attendrit pas moins les familles en Néo-Zélande, que la première communion et le baptême chez les chrétiens ou la circoncision chez les Israélites!
Tous ces faits montrent assez la variabilité des mœurs, des coutumes et des institutions, qui constituent le #ilieu s0cial. Ils prouvent que chaque étape de la civilisation a en quelque sorte sa morbidité particulière et spéciale.