‹ La vie des sociétésChapitre 7 sur 208 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

divers pays, par l'élément anatomique des sociétés, par le citoyen de ces pays; ils ont vu ces éléments périr ici de misère, ailleurs gorgés aux dépens de leurs voisins, ils les ont vus s’atrophier, s’user, se déformer de mille manières, mais ce n’est que récemment, que passant du simple au composé on a compris que ces troubles pour ainsi dire microscopiques, observés sur l’élément minuscule, c’est-à-dire sur l'individu, étaient en réalité les manifestations de maladies générales qui atteignaient l'organisme social tout entier.

Nous savons maintenant que les accidents individuels retentissent dans la société tout entière; nous savons que ce sont les questions personnelles qui font par leur somme une question sociale; nous savons que la santé, les maladies, la misère, la richesse, le travail, la paresse, la débauche, l’égoïsme, la vanité, la crédulité, la férocité de chaque homme en particulier intéressent l'organisme social dont il fait partie. En somme il ny a que des questions sociales, et les questions individuelles, qui jusqu'ici attiraient seules l'attention, n’en sont que la manifestation. La maladie de l’élément anatomique du corps social, du citoyen, n’a d'intérêt que parce qu’elle nous révèle l’état de l’organisme social tout entier.

Le corps social est, en effet, seul intéressant : peu 1m-

portent en eux-mêmes les atomes qui composent un or-

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