VIII PRÉFACE
ganisme ; ils se renouvellent incessamment. Leur étude n’a d'intérêt, que parce que leur santé assure celle
de l'organisme entier. Peu importeraient les individus
d’une société, si du bon état, du bon entretien de chacun 1 )
d'eux ne dépendaient pas la santé, la longue vie de l'organisme social : dans la patrie, comme dans l’humanité, le bonheur de tous n’est que la somme des bonheurs individuels.
Tout le monde reconnaît qu'il y a des maladies s0ciales; tout le monde croit même les connaître; tout le monde prétend les soigner et les guérir. La médecine est d’ailleurs une science que chacun croit pouvoir appliquer sans l'avoir apprise : lorsque vous êtes malade, chaque visiteur vous recommande une recette infaillible, qui l’a guéri lui-même ou quelque personne de sa connaissance. De quelle maladie? est-ce la même dans tous les cas? est-ce la même que celle dont vous souffrez? Le donneur de conseils n’en a cure! Aïnsi beaucoup d'hommes prétendent faire de la politique, c’està-dire de la médecine sociale, légiférer, gouverner, faire de la thérapeutique, parfois même hélas de la chirurgie sociales, sans avoir étudié la pathologie, n1 la physiologie, ni l'anatomie des sociétés. « Les amateurs docteurs en choses sociales, dit Graham Summer, ressemblent aux amateurs médecins. Ils commencent toujours par la
question des remèdes et ils y vont bravement sans