ALCOOLISME
Litres. Litres.
DertS50 ra 1840 10,15 — 0,021 par jour.
1841 à 1845.:.4.%.: 11,14 — 0,031 — TR16 à 1000. 1108 1 0,030 — FODÉ ar IPN 14,925 — 0,039 —
Les recherches de Parent-Duachâtelet pour 1821 et 1822 indiquent, dit Lancereaux, qu'il existait alors dans Paris un débit de liqueurs pour xeuf maisons. Or il existait en 1880 à Paris, d’après l'Annuaire de la ville, 74.740 maisons et 20.886 débitants de boissons, cafetiers et liquoristes, ce qui ferait un débit de boisson pour 3,57 maisons. En 1883, le nombre des maisons s’élève à 79.812. Quant à celui des cabarets, l’ Annuaire ne le donne pas exactement ; 1! dit seulement que les déclarations reçues par application de la loi du 17 juillet 1880 ont été, en 1881, de 9.584 ; en 1882, de 9.142, et en 1883, de 6.000! cela fait alors 45.672 débits pour 79.812 maisons, soit 1 débit par 1,74. Ce chiffre est évidemment inexact, car l'Annuaire, qui donne 45.672 comme chiffre supposé de débits, a soin de faire remarquer que les déclarations de 1881, 1882 et 1883 ne peuvent être, sans réserve, ajoutées au chiffre de 20.886 qui était celui des années antérieures, parce que la préfecture de police ne reçoit pas seulement des déclarations d’ouverture de débits de boissons : toute mutation dans la personne du propriétaire ou gérant, toute translation de débit font aussi l’objet de déclarations. On n’en peut pas moims conclure que la proportion à singulièrement augmenté! Il n’est donc pas étonnant que le D' Lancereaux ait pu dire que l’alcoolisme figurait à Paris pour au moins 1/20 de la mortalité, et que, dans la seule année 1858, il ait pu recueillir dans son service plus de 100 observations avec autopsie, où la mort par l’abus des alcooliques ue lui paraît nullement douteuse.
Au surplus, il ne faut pas ajouter une trop grande importance au nombre des débitants en lui-même. Il ressort en effet de toutes les discussions sur ce sujet, que leur augmentation
n'est pas toujours parallèle au progrès de l’alcoolisme ; chaque débitant fait moins d’affaires, voilà tout! Quoi qu’il en soit, on estime aujourd'hui le nombre des débitants pour la France à 400.000, ce qui fait environ 1 débit pour 100 habitants, soit, en ne comptant que le quart pour représenter la population mâle et adulte qui fréquente ces établissements, 1 pour 25 consommateurs.
Un fait beaucoup plus important, c’est que, en présence des droits considérables, qui, surtout depuis 1870-71, frappent les alcools, l’industrie a développé la fabrication des alcools autres que l’eau-de-vie de vin. De 1840 à 1850, la production annuelle de l’alcool en France était de 976.500 hectolitres environ, dont 900.000 d’alcool de vin, 500 d’alcool de betteraves, 40.000 d’alcool de mélasse et 36.000 de substances farineuses. On a vu depuis, principalement à cause des ravages du phylloxéra, l’alcool de vin diminuer constamment et, aujourd'hui, sur une production de plus de 1.800.000 hectolitres, c’est à peine s’il y en a 60 ou 62.000 provenant du vin, du cidre, des marcs et fruits, tandis que le reste, » à 600.000 hectolitres, est de l’alcool de betteraves ou de l'alcool de mélasses (700.000 hectolitres environ), plus 500 à 510 ou 520.000 hectolitres d’alcools de pommes de terre et de diverses substances farineuses.
Or ces alcools, notamment l'alcool amylique, sont beaucoup plus toxiques que l’alcool de raisin. Ils donnent non seulement une ivresse plus maladive, en quelque sorte, mais ils contribuent plus souvent et plus vite que l’alcool de raisin à produire les lésions graves de l’alcoolisme. Les mesures fiscales qu’on à prises n’ont donc pas réussi, ainsi que le pensaient naïvement ceux qui les votaient, à diminuer l’alcoolisme ; ils l’ont au contraire rendu plus grave.
Les divers moyens imaginés dans plusieurs pays pour prévenir cette maladie, ne sont pas d’ailleurs plus efficaces. En Angleterre M. Chamberlain préconise un système, qui consisterait à charger la commune du débit des boissons, afin qu’elle