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DIVISION DE LA PROPRIÉTÉ RURALE

On remarquera que j'ai fait précéder les chiffres relatifs à lPaccroissement de la population rurale en Saxe et en Belgique du signe —, c’est-à-dire que l’accroissement est nul et qu'il est remplacé, au contraire, par une diminution annuelle du chiffre de la population.

On voit que, malgré tout, la mic n’est pas encore le pays le plus mal partagé. Nous sommes même un pays essentiellement agricole, car sur 100 individus on trouve, en moyenne, chez nous :

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La majorité des Français est donc adonnée à l’agriculture. Il y a mieux : le plus grand nombre des agriculteurs cultive la

terre qui lui appartient ; sur 100 agriculteurs on trouve en effet :

Propriétaires cultivant eux-mêmes......... 56 Férmiers colons Metayers. : = ..,.....,,., 30,09 Vignerons, bûcherons, jardiniers... ........ Ua:

La propriété foncière est, chez nous, très morcelée, et ce n’est pas un des moindres bienfaits de la révolution, que d’avoir éparpillé le sol au profit des paysans devenus proprié-

taires et d’avoir fait rentrer dans les mains du peuple les

grands domaines jadis stérilisés dans celles de la noblesse où du clergé. Aujourd’hui 100 propriétés foncières se divisent ainsi, d’après leur importance :

Petite propriété de 5 à 10 hectares.......... 75,48 Propriété moyenne de 10 à 40 hectares. ,... 19,79 Grande propriété de 40 hectares et au delà.. 4,75

Les conséquences de cette grande division de la propriété sont une augmentation de la culture, un rendement plus

considérable, Pour ne parler que du blé, la quantité produite par notre sol à subi une augmentation croissante depuis le commencement du siècle mais surtout depuis 1815, c’est-àdire depuis le jour où la France a été débarrassée de l’ogre

qui prenait ses enfants pour les faire tuer sur tous les champs

de bataille de l’Europe. De 1700 à 1800 Ia production du blé s’était élevée lentement de 1 hect. 5 par habitant à 1 hect. 674, mais depuis lors l’accroissement à été autrement rapide : en 1815 notre pays produisait 39.460.471 hectolitres de blé; en 1874 il en produisait 133.130.163 hectolitres, et la population ne s’est accrue pendant ce temps que de ? millions d'habitants ; de 1 hect. 674 par habitant, on est donc arrivé à 2 hect. 80 par habitant. Le rendement moyen à l’hectare, pour tout le pays, a monté de 1820 à 1880 de 11 hect. 41 à 15 hectolitres. C’est là une conséquence de la division de la propriété.

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C’est une illusion pour les peuples comme pour les individus, que prétendre se suffire. — L’échange des services et des choses est la base de l’organisation sociale. — Utilité de diminuer la culture du blé. — Dangers de la dépécoration. — Utilité du bétail. — Exemple de l'Angleterre. — Connaissance de la nature géologique du sol. — Élaboration successive du bétail sur les plateaux jurassiques du centre de la France et sur les alluvions de la Charente. — Les herbagers du Nord-Est.

Malgré cette situation prospère, beaucoup de Français se lamentent de ce que le blé français ne suffit pas à notre consommation. La question est précisément de savoir s’il est utile qu'an peuple se suffise à lui-même ? A ce compte, pourquoi l'idéal ne serait-il pas que chaque citoyen se suffit à lui-même, sans avoir recours à ses voisins, pour faire faire ses habits, ses chaussures ou son pain ? L’échange de services entre les nations, comme entre les individus d’une même nation, n’est-1l pas la base de l’organisation sociale ? et si nous pouvons pro-

nee

LE BLÉ. — DÉPÉCORATION. 157

duire avec profit autre chose que du blé, pourquoi nous obstiner quand même à produire autant de blé que nous en consommons, dans le seul but de nous passer de nos voisins ? Les racines fourragères, les lécumineuses y gagneront et la production du lait, celle de la viande, plus rémunératrices, se déve- : lopperont. Un ministre de l’agriculture, M. Méline, dont je suis cependant loin de partager toutes les idées économiques, disait récemment avec raison : & Une évolution nécessaire s'impose, 1l faut restreindre la culture du blé aux terres de premier ordre, à celles dont on peut obtenir des rendements de 25 à 30 hectolitres à l’hectare, et transformer les autres en prairies partout où cela est possible, ou en cultures variées, maraîchères, horticoles et arboricoles ». Le savant Dehérain dit de son côté dans ses Annales agronomiques : & I] faut &« modifier les pratiques séculaires, faire une part de plus en « plus large au bétail, de plus en plus étroite aux céréales. »

C’est bien ce qu'a compris l’Angleterre, qui, depuis plusieurs années, augmente le nombre de ses têtes de bétail, alors que nous diminuons les nôtres, malgré les dangers que présente pour l’agriculture française cette dépécoration, dont nous sommes menacés. De l’avis de ceux qui, de tout temps, ont compris en France les hautes visées de l’agriculture, l’essence de la culture française, c’est pourtant le bétail! Ri l’on à de bons troupeaux, on a de bons engrais et par conséquent de bonnes emblavures. Les agriculteurs doivent faire ce que la nature géologique du sol qu’ils possèdent leur permet de faire : c’est ainsi que les jeunes bœufs élevés dans les herbages du plateau granitique du centre de la France sont vendus dans le Poitou et dans la Saintonge, terrains jurassiques et calcaires, où on les fait travailler, où ils développent leur squelette ; après ce stage 1ls sont revendus avec un bénéfice de 400 à 500 francs dans les pâturages des alluvions de la Charente-Inférieure et de la Vendée, où ils s’engraissent. Le plateau central est ainsi l’atelier qui construit la machine vivante ; le calcaire du Poitou perfectionne cette machine tout

en l’utilisant pour le travail ; les herbages de la Vendée fabriquent enfin avec elle de la viande et de la graisse.

Cette sériation dans l’élaboration par le sol de la matière nutritive animale ne se fait pas uniquement dans les limites de nos frontières : dans le nord-est de la France on achète à l'étranger de jeunes bœufs maigres ; on les engraisse pour les revendre avec profit soit à Paris, soit à Bruxelles , dont le marché devient, .ainsi qu’on l’a dit, « la planche de salut des emboucheurs de la région ». Les agriculteurs qui se livrent à cette Industrie prospère ont, on le devine, énergiquement protesté sous le nom de « Ligue des herbagers du Nord-Est », contre toute loi qui, grevant l’entrée du bétail étranger, les priverait forcément de la matière première transformée si utilement par leurs herbages!

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Ségcrégation dans les campagnes. — Rôle de l’instituteur. — Criminalité moindre dans les campagnes. — Le mobile des crimes diffère de celui des villes. — Moindre fréquence de l’aliénation mentale et du suicide.

Influence de l'ignorance sur la mortalité. — La ségrégation évite certaines maladies. — Kératite des moissonneurs. — Cataracte. — Hernies. — Phtisie. — Tableau de la pathologie rurale, — Défaut d’ouvertures aux maisons. — [mpôt des portes et fenêtres.

Mortalité des femmes à la campagne supérieure à celle des hommes. — Fréquence des mort-nés au moment des grands travaux.

Un grand nombre de maladies sont liées à l’état même de la culture. — Fièvre intermittente et cachexie palustre. — Mortalité infantile. —

Le marais. — Les Dombes. — Le drainage. — Goître et crétinisme goîtreux. — Parallélisme de la culture du sol et de celle de l’intelligence.

Un fait domine le milieu social des campagnes, c’est la ségrégation, c’est-à-dire un ensemble de conditions opposées à celles des villes, où se fait au contraire la sélection. La densité de la population des villes, d’une part, et, de l’autre,

la tendance de tous les hommes à limitation, donnent aux

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