‹ La vie domestique (volume 2)Chapitre 14 sur 60 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

nSE FAMILLE DE l'aNCIENNE FRANCE.

« Je rapprends mon français, disait Topfïer, et je le retrempe chez les gens simples et restés fidèles aux vieilles mœurs , comme il en est encore dans la Suisse romande, en Valais, en Savoie, audessus de Romont, à Liddes, à Saint-Branchier, au bourg Saint-Pierre. C'est là qu'en accostant le paysan, en s'asseyant le soir au foyer des chaumières, on a encore le charme d'entendre le français de souche, le français vieilli, mais nerveux, souple, libre et parlé avec une attique et franche netteté par des hommes aussi simples di moeurs que sai is de cœur v t sensés d'esprit ^ »

i. Topffcr. Nouveaux voyages en zig-sag, 1853, Victor Lecou,

C'est à un plaisir du même genre, mais d'un ordre incomparablement plus élevé, que nous convions nos lecteurs.

Nous les invitons à venir s'asseoir à Sault dans un foyer hospitalier et chez une famille modèle, à venir entendre avec nous, dans cette région du chêne qui est aussi celle des âmes saines, un français qui, pour n'être plus celui d'Olivier de Serres, ne sera pas moins franc de touche et de bonne souche. Nous leur présentons comme autorité à consulter et surtout comme ami à cultiver, non un lettré exercé dans l'art de bien dire, mais un père de famille tout occupé du souci de bien faire, et instruisant ses enfants dans la première des sciences, celle de bien vivre, leur enseignant que, dans la conduite de la vie humaine, « l'expérience est iêujours plus sûre et plus efficace que le ?^azsonnement. »

L'époque où se place l'existence de ce père de iamille n'est pas de l'histoire ancienne : elle est presque d'hier; c'était après la révolution, il y a soixante et quelques années. Toutes les traditions et tous les souvenirs de la France historique venaient de disparaître. Quelques points seuls restaient à la surface du sol qui n'avaient pas perdu leur physionomie d'autrefois. Cachés dans des

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