‹ La vie domestiqueChapitre 101 sur 106 · FOUR LE MARIAGE · texte numérisé non relu

FOUR LE MARIAGE

séduction, c'est alors que vous devriez vous armer de toute la force de votre raison et de votre prudence : l'une et l'autre vous conseilleraient d'éclaircir parfaitement vos doutes , avant de hasarder des représentations toujours délicates en pareil cas ; et, si vos doutes se tournaient en certitude, votre religion vous prescrirait les moyens de douceur, de modération et d'indulgence, qu'il vous conviendrait d'employer et qui vont plus droit au but que la vivacité du ressentiment et l'amertume des reproches. C'est ainsi, mon fils, que vous triompheriez facilement et sûrement, et que vous ramèneriez bientôt un cœur pur que l'erreur d'un instant aurait égaré. J'en ai dit assez pour vous prémunir <5ontre des dangers qui menacent souvent les unions les plus intimes et les mieux assorties.

€ L'autorité dans votre ménage vous appartient, mon fils, vous la tenez de Dieu même, mais sous la condition de ne pas en appesantir le poids. L'autorité blesse pour l'ordinaire ceux qui y sont soumis : il faut savoir la faire respecter et chérir. Tout l'art du commandement se réduit à joindre la douceur à la fermeté , la modération à la justice. Abandonnez à votre femme la direction de l'intérieur, et soutenez son autorité de la vôtre; réservez-vous l'administration des affaires extérieures et la surveillance sur le tout. Ne faites aucune entreprise sans consulter votre compagne. Les femmes ont un tact sûr, même dans les choses qui ne paraissent pas être de leur ressort; d'ailleurs il est bon qu'elles ne soient pas étrangères aux affaires difficiles et épineuses. Quand les intérêts sont communs et étroitement liés, tout doit être fait d'un commun accord. Enfin, souvenez-vous qu'une distribution des pouvoirs et des fonctions sagement réglée entretient l'ordre et l'harmonie, dans toutes les parties de l'économie domestique.

c Lorsque la Providence vous aura donné des enfants,

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