Platon, rimee. Œuvres, t. IX, p
lument parfaits et égaux, qui, rejetant toute autorité, toute tradition, et s'isolant dans leur raison propre, n'ayant plus dès lors à chercher la vérité en Dieu, la vertu dans la pratique de ses commandements, l'ordre de la société dans la famille, la stabilité de cette société dans le respect du père et du foyer, ne plaçant en un mot qu'en euxmêmes le principe et la fin de leur existence, font des lois aussi arbitraires et variables que le sont leurs volontés et subordonnent au nombre la justice et le droit. Entendons Platon, après avoir invoqué Dieu 1, s'adresser aux chefs de famille, et leur dire où est la loi suprême dans laquelle est le fondement de toutes les lois.
« Mortels! Dieu, suivant une ancienne tradition, est le commencement, le milieu et la fin de tous les êtres. Il marche toujours en ligne droite, conformément à sa nature, en même temps qu'il embrasse le monde. La justice le suit, toujours prête à punir les infracteurs de la loi divine. Quiconque veut être heureux doit s'attacher à elle, marchant humblement et modestement sur ses pas. Mais,
1. <: Invoquons Dieu pour le succès de notre législation. Qu'il daigne écouter nos prières, et qu'il vienne, plein de bonté et de bienveillance, nous a^der à établir notre ville et nos lois. » Les Lois, liv. iv.
pour celui qui se laisse enfler par l'orgueil, les richesses, les honneurs, les avantages du corps, celui dont le cœur jeune et insensé est dévoré de désirs ambitieux, au point de croire qu'il n'a besoin ni de maître, ni de guide, et qu'il est en état de conduire les autres. Dieu l'abandonne à luimême. Ainsi délaissé, il se joint à d'autres présomptueux comme lui, il secoue toute dépendance et met le trouble partout. Pendant quelque temps il paraît quelque chose aux yeux du vulgaire; mais la justice ne tarde pas à tirer de lui une vengeance éclatante, et il finit par se perdre lui, sa famille et sa patrie * . »
Un dialogue est engagé entre Clinias et un Athénien : « Puisque tel est l'ordre immuable des choses, dit celui-ci, que doit penser, que doit faire le sage?
« Clinias. Il est évident que tout homme sensé pensera qu'il faut marcher à la suite de la divinité.
« L'Athénien. Dieu est la juste mesure de toute chose, beaucoup plus qu'un homme quel qu'il soit. Par conséquent, il n'est point d'autre moyen de se faire aimer de Dieu que de travailler de tout son pouvoir à lui ressembler...