‹ La vie domestiqueChapitre 30 sur 106 · Euripide, Helen., v. 116S · texte numérisé non relu

Euripide, Helen., v. 116S

2. Fustel de Coulanges, La Cité antique. Paris, Durand, 18JJ, p. 3G.

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Confucius : « Pendant le vivant de votre père^ observez avec soin sa volonté ; après sa mort, observez avec soin ses actions. » En dehors du paganisme froid, matériel et grossier des villes, on rencontre dans les campagnes l'expression d'une foi vive qui s'adresse par des invocations ardentes et fréquentes aux divinités protectrices du foyer domestique. Chaque maison a, dans la salle de réception des étrangers, un autel où brûlent l'encens et les flambeaux, et où sont prodiguées les inscriptions et les images ; tous les âges s'y montrent confondus dans les mêmes prostrations et les mêmes démonstrations de respect. Chaque village a son tse-dam, son temple des ancêtres, où sont déposées les tablettes sacrées représentant les souches et les générations, et où les chefs de famille offrent des sacrifices solennels et publics *.

1. P. Ravary, a Le pays de Ning-Po (Kiang-nan). » — Les Missions catholiques, 18 février 1876.

M. le baron de Hùbner a été témoin de la transformation qui se produit chez les Chinois, lorsque, devenus chrétiens, ils joignent à cette pratique du respect filial la foi religieuse dans sa vérité et l'observation de la loi morale dans sa pureté. Il raconte la profonde édification qu'il ressentit, en assistant à une messe célébrée à Peitang et qu'entendaient avec lui un grand nombre de fidèles tous indigènes.

« J'ai retrouvé, dit-il, la coupe, non l'expression des figures qu'on rencontre dans les rues; de la confiance, du respect, de la sérénité... Presque tous les étrangers, prêtes-

Nous avons signalé et cité comme spécimen des mœurs domestiques de la Chine un testament très-remarquable ; son auteur veut qu'il soit déposé, couvert de son enveloppe, au pied de sa tablette; il prescrit que, le premier et le quinze de chaque lune, ses enfants assemblent toute la famille, et en fassent une lecture publique après les cérémonies aux ancêtres. Il les menace de la malédiction divine et de la sienne, s'ils manquent au devoir absolu qui leur est imposé d'aimer et de respecter leur mère...

C'est de cette religion du foyer et de la paternité qu'ont vécu des millions de générations humaines. C'est par elle, et malgré tous les vices de l'idolâtrie, que des mœurs ont pu subsister chez les périples païens, et, le jour où elle a disparu dans une irrémédiable corruption, tout a sombré, parce qu'il ne restait plus rien qui pût soutenir l'ordre social.

Or, ce que le témoignage des siècles nous montre ainsi en action, Dieu l'a révélé et résumé, dans

tants et catholiques, qui ont visité les chrétientés de cet empire, sont frappés de l'influence que le Christianisme exerce sur la physionomie et sur le maintien de ceux qui l'ont embrassé. Plusieurs auteurs anglais en parlent dans leurs relations de vovage. • Promenade autour du monde, t. Il, p. 274.

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une formule simple comme la vérité. « Si jamais il prenait, envie à nos législateurs, observe M. de Bonald, de déterminer avec précision le pouvoir et les devoirs des pères et des enfants, des maris et des femmes, des maîtres et des serviteurs, la société de famille serait impossible... a Tu honoreras ton père et ta, rnère^ » a dit le législateur suprême, et dans ce peu de mots il a renfermé tous les pouvoirs et tous les devoirs publics et privés. » La formule complète du quatrième précepte du Décalogue est celle-ci : « Vous honorerez votre -père et votre mère, afin que vous viviez longtemps, et que vous soyez heureux sur la terre >. » C'est donc la parole divine elle-même qui a lié l'idée de stabilité et de prospérité à la loi du respect dont la famille est socialement la gardienne.

« Uœuvre de celui qui fait le m.al est instable ^ ; » c'est encore une des maximes de la Bible. Le bien n'est durable que parce qu'il produit le respect à tous les degrés. Le propriétaire foncier dans son domaine, le patron dans son atelier, le juge rendant des arrêts, le capitaine commandant des soldats, le prince portant le sceptre dans une

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