Les six livres delà Réjiuhlique, 1509, liv. I, chap. ir
Nous n'avons plus ces principes ni ces mœurs. Aussi sommes-nous livrés au désordre des idées et réduits à l'impuissance d'y porter remède.
Quel bon citoyen n'est alarmé aujourd'hui d'un fait grave entre tous? Les forces sociales s'en vont, elles se détruisent, elles disparaissent avec la famille et l'esprit de famille. L'ordre d'une société est cependant là, il y a toujours été.
Fleury avait raison de dire, il y a un siècle, qu'on oubliait les vérités les plus simples et les plus élémentaires. « La famille, écrivait-il, est en petit l'image de l'État. Plus la famille est grande, plus il y a de rapports entre ces deux sortes de gouvernements. C'est toujours conduire les hommes vivant en société, et, pour le bien faire, il faut avoir raison, non-seulement pour soi, mais pour les autres. Les Grecs et les Romains, si renommés pour la sagesse de ce monde, apprenaient la politique en gouvernant leurs familles *. »
1, Opuscules de l'abbé Fleury. Nîmes, 1780, t. I, p. 293.