Texte grec, cap. iv intc^r
198 une; famille biblique
que tu reçoives volontiers ses bons enseignements, et sois enclin à suivre son bon conseil, n Il n'est pas un père , au lit de mort , qui ne fasse de ce devoir une loi *. Si les enfants sont en bas -âge, la veuve est chargée de les élever et de les instruire dans l'amour et la crainte de Dieu, en sorte qu'ils marchent « dans la droite voie des honnêtes gens. » Toujours, elle est établie souveraine dans la maison, avec l'autorité qu'elle avait du vivant de son mari, et aussi avec le pouvoir de se faire respecter en cas de désobéissance.
Le père s'occupe aussi de l'établissement de ceux de ses fils et de ses filles qui ne sont pas encore mariés. Il leur donne à cet effet de suprêmes avis ; il les supplie de ne pas se mésallier ; il veut qu'ils gardent fidèlement et transmettent plus tard à leur postérité les vertus de la race. Rien n'est au-dessus de ce que dit sur ce sujet Antoine de Courtois; on sent combien il est pénétré de' la tradition, à la flamme qui semble courir d'un bout à l'autre de ses conseils, lorsqu'il parle de Dieu, des ancêtres, et qu'il veut faire de son tombeau le palladium tutélaire de la ^gesse de ses descendants. « Pense, dit-il à son fils, que tu n'es que le
1. Voir sur ce sujet tous les testaments que nous avons cités dans Les Familles, t. II, p. 94-93, 252-253.
dépositaire de notre nom et de nos biens, et que tu dois les transmettre avec honneur à tes enfants. »
Les instructions paternelies recommandent encore de se préserver de l'orgueil, comme du principe de toutes les erreurs qui renversent les familles. « Si Dieu te donne prospérité, écrit saint Louis, alors remercie-le humblement, de sorte que tu ne sois pas pire par orgueil... » Toussaint M., marchand de drap à Aix, ne parlera pas autrement : « Ne soyez jamais prévenus de vousmêmes, et que l'orgueil ne s'empare jamais de votre esprit ni de votre cœur. C'est Vorgueil qui perd les hommes. Vous devez le regarder comme chose abominable... » Pierre-Joseph de Colonia adressera les mêmes conseils à ses enfants en 1807 : c Je ne saurais assez vous recommander la simplicité et la modestie. Gardez-vous de confondre la noblesse des sentiments avec Vorgueil. Ce vice est presque toujours l'apanage de la m.édiocrité ; naissance distinguée, fortune, places, talents^ avantages de l'esprit et du corps, tout cela perd son prix par Vorgueil et double sa valeur par la simplicité ^.. »