‹ La vie domestiqueChapitre 54 sur 106 · Le même e.\emple a été donné de nos jours dans une · texte numérisé non relu

Le même e.\emple a été donné de nos jours dans une

C'est ainsi, ajouterons-nous, que, grâce à la toute puissance des mœurs et sous l'égide d'une coutume respectée, se sont conservés jusqu'à nos jours, par l'action de l'autorité paternelle et l'union des enfants, ces fortes autonomies domestiques qui étaient les plus solides fondements de l'idée de patrie, ces foyers stables et ces petits domaines patrimoniaux où se perpétuaient des races rurales si vertueuses et si pures.

Notre esquisse serait encore incomplète, si nous

famille souveraine. M. Le Play l'a me;itionné dans la deuxième édition de l'Organisation de la famille, p. 36G, en empruntant le précieux document qu'il relate à la Vie de Maximiîien d'Esté, archiduc d'Autriche, par M. Daurignac, Bray, Paris, 1866.

Le U novembre 1829,mourait à Vienne Mario-Béatrix d'Esté, Juchesse douairière de Modène, laissant cinq enfants. Après avoir reçu le viatique et l'extrême-onction, elle eut quelques préoccupations au sujet de ses dispositions testamentaires, et elle dit à son confesseur : « J'ai écrit mes dernières volontés, mais il y manque la signature et les formalités. » — « Les bons fils, lui répondit le prêtre, sont les meilleures de toutes les formalités. T>

Cinq jours après, les légistes de la cour d'Autriche demandaient à connaître le testament... Sans date, sans signature, écrit en partie par une main étrangère, celui-ci n'avait certainement aucune valeur légale. Le duc de Modène déclarait ne pas vouloir en accepter le bénéfice; mais ses frères, certains qu'il était bien l'expression des dernières volontés de leur mère, exigèrent qu'il fût exécuté :

« Tu es libre de reconnaître le testament de notre mère ou de le méconnaître, écrivait l'archiduc Maximiîien à son

négligions de marquer un dernier trait qui est en quelque sorte la moralité de l'histoire des deux Tobie, telle qu'elle était autrefois comprise par ses lecteurs , et telle aussi que Bossuet l'a traduite dans son Discours sur l'histoire universelle : a Captif et persécuté à Ninive, il persista dans la piété avec sa famille, et la manière admirable dont lui et son fils sont récompensés de leur foi, même sur la terre, montre que, malgré la captivité et la persécution, Dieu avait des moyens secrets de faire sentir à ses serviteurs la bénédiction de la

frère aîné; mais le méconnaîire, ce serait te mettre en contradiction avec ton cœur, avec tes idées et tes sentiments. Ce serait, je te le dis franchement, une chose monstrueuse.

€ Nous te supplions de l'accepter et d'être héritier universel, comme cela doit être, et comme le désirait très-sagement la meilleure et la plus aimante des mères. Nous déclarons d'avance que nous sommes prêts à accepter les deux legs qu'elle nous a laissés...

<; Les pleins pouvoirs que tu as donnés à notre frère Ferdinand lui serviront à tout régler aisément. L'avocat n'aura pas à intervenir. A quoi bon, là où il n'y a pas de cause? Il peut être d'un bel exemple pour plusieurs qu'au sujet d'un tel héritage les avocats n'aient rien à faire, et qu'ils n'aient même pas connaissance du testament. Cela témoignera de l'union qui doit exister entre nous et qui nous rend si heureux. C'est aussi un devoir pour nous de montrer au monda qu'une telle union est possible, et qu'elle devrait se rencontrer partout.

« Chaque famille ne devrait former, pour ainsi dire, qu'une seule personne; car tous ses membres ne devraient avoir qu'un leul cœur et une seule pensée, •

loi, en les élevant toutefois par les maux qu'ils avaient à souffrir à de plus hautes pensées i. » La Bible nous trace un charmant tableau de la vieillesse du père, « laquelle s'écoula dans la joie, » et du bonheur du fils qui, après avoir recueilli l'héritage de Raguel, son beau-père, « vit les enfants de ses enfants jusqu'à la cinquième génération, aimés de Dieu et des hommes. » Il y a, en effet, une bénédiction d'en haut pour les familles qui, fidèles à Dieu et sans s'attacher aux richesses, pratiquent énergiquement le devoir du travail, pour établir de nombreux enfants et leur créer une situation honorable en ce monde. — « Le plus grand bonheur temporel, observe M. de Maistre, n'est nullement promis à l'homme vertueux, mais à la vertu. Il suffit, pour que l'ordre soit visible en ce monde, que la plus grande masse de bonheur soit dévolue à la plus grande masse de vertus en général 2. » Or, hâtons-nous de le dire parce que là doit être la conclusion de nos études, il n'y a rien de plus éloquent à cet égard que les faits relatés dans leur simplicité et leur vérité.

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