Ibid., p. 112 et suit
et chastes, » est-il dit dans un autre hymne orphique '.
Les anciens ne se trompaient pas : le foyer est bien la condition du bonheur, parce qu'en lui réside la paix , et il n'y a pas en dehors de lui de solides progrès, parce que sans lui il n'y a pas de sagesse. Mais il n'est pas par lui-même la source de la sagesse ; il ne peut que la recevoir d'en haut; son rôle est de la conserver, en la transformant en coutume, et c'est ce qui constitue les mœurs publiques par les mœurs privées. Observons encore que le foyer ne peut non plus absorber l'homme tout entier. Il est le fondement de l'ordre social, il n'est pas la fm dernière de notre destinée. S'il finit par enfermer l'âme humaine dans le cercle étroit de la vie présente, il la fait déchoir ; et, s'il est vide de charité, il ne fait que donner une nouvelle forme à l'égoïsme. Or, tel était l'état moral des sociétés antiques, et c'est pour cela qu'elles furent si pauvres en vertus. Les Grecs et les Romains aiment la patrie, mais ils ne savent pas ce qu'est l'amour de Dieu et du prochain. Leurs philosophes dissertent sur la sagesse, mais le travail est méprisé, le travailleur est esclave, et la richesse, ne se subor-