CHAPITRE II
La loi de Dieu fondement de tout bien.
Toute sagesse vient de Dieu, le souverain Sei- Eccli. i, i-2i. gneur ; elle a toujours été avec lui, elle est avant tous les siècles.
Qui a compté le sable de la mer, les gouttes de la pluie et les jours de la durée du monde? Qui a mesuré la hauteur du ciel, l'étendue de la mer et la profondeur de l'abîme ? Qui a pénétré la sagesse de Dieu, cette sagesse qui précède toutes choses?...
La source de la sagesse est le Verbe de Dieu au plus haut des cieux, et ses voies sont les commandements éternels.
A qui la racine de la sagesse a-t elle été découverte, et qui en a pénétré les secrets ? Le Très- Haut seul, le Créateur tout-puissant, le Roi fort et très -redoutable, assis sur son trône, le Di^u doBûi-
nateur. C'est lui qui l'a créée dans l'Esprit-Saint, qui l'a vue, qui l'a nombrée, qui l'a mesurée ; et il l'a répandue sur toutes ses œuvres et sur toute chair, selon le partage qu'il en a fait, et il l'a donnée à ceux qui l'aiment.
La crainte du Seigneur est la véritable gloire, la source de la joie et une couronne d'allégresse... Celui qui craint le Seigneur se trouvera heureux à la fin de sa vie^ et il sera béni au jour de sa mort. . . .
La crainte du Seigneur est le principe de la sagesse : elle est créée avec les hommes fidèles dès le sein de leur mère, elle accompagne les femmes choisies, et elle se manifeste chez les justes.
La crainte du Seigneur est la sanctification de la science : cette sanctification garde le cœur et le justifie, elle le remplit de douceur et de contentement.
La crainte du Seigneur est la plénitude de la sagesse : elle rassasie de l'abondance de ses fruits ceux qu'elle possède, elle remplit leur maison de ses biens et leurs celliers de ses trésors. Prov. vin, 1- Est-ce que la sagesse ne crie pas ? et la prudence ne fait-elle pas entendre sa voix ? Elle se tient sur les plus hauts sommets, le long des chemins, près des portes de la ville, et elle dit ;
<i Hommes, c'est à vous que je crie, et c'est aux enfants des hommes que ma voix s'adresse. Vous, imprudents, apprenez ce qu'est la sagesse, et vous, insensés, rentrez en vous-mêmes. Écoutez-moi, car je vais vous annoncer de grandes choses, et mes lèvres s'ouvriront pour vous prêcher ce qui est droit. Recevez mes instructions avec plus de plaisir que de l'argent, préférez ma doctrine à l'or; car la sagesse est meilleure que ce qu'il y a de plus précieux, et tout ce qu'on désire le plus ne peut lui être comparé...
(( Par moi les rois régnent, et les législateurs décrètent des choses justes. Par moi les princes commandent, et ceux qui sont puissants font bonne justice.
« J'aime ceux qui m'aiment, et ceux qui veillent pour me chercher me trouveront...
« Je marche dans les voies de la justice et au milieu des sentiers de la prudence, pour découvrir à ceux qui m'aiment les biens véritables et pour remplir leurs trésors.
« J'ai été établie dès l'éternité, dès les temps anciens, avant que la terre fût. Les abimes n'étaient pas encore, et j'étais déjà conçue. Les sources n'avaient pas encore jailli, les montagnes n'étaient pas encore affermies, et j'étais déjà engendrée. Le Sel-
gneur n'avait pas encore fait la terre, ni les fleuves et les pôles du globe. Quand il étendait les cieux, j'étais là ; lorsque par une loi immuable il entourait d'un cercle les abîmes, qu'il suspendait en haut la voûte éthérée, qu'il mettait en équilibre les eaux... et qu'il posait les fondements de la terre, j'étais avec lui, disposant de toutes choses...
« Mes délices sont d'être avec les fils des hommes.
tt Et maintenant, mes enfants, écoutez-moi : Bienheureux ceux qui gardent mes voies !
« Ecoutez mes instructions et soyez sages. Ne perdez pas une de mes paroles. Bienheureux l'homme qui veille tous les jours à l'entrée de ma demeure et qui se tient au seuil de ma porte !
« Celui qui me trouvera trouvera la vie, et il puisera son salut dans le Seigneur ; mais celui qui péchera contre moi sera le meurtrier de son âme, et tous ceux qui me haïssent aiment la mort. » Cccle?. Ml Ne recherche rien de plus que la sagesse, mon 12' fils. Iln'y a point de terme à faire des livres... Écou-
tons tous la fin de ce discours : « Crains Dieu et observe ses commandements, car là est tout Vliomrae. »