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CHAPITRE XII

Le dévouement au prochain et les bons rapports sociaux sont les caractères distinctifs des races chez lesquelles la pratique de la loi de Dieu triomphe chez les riches de la corruption et de l'égoïsme, chez les pauvres de l'esprit d'envie et de haine.

Mon fils, souviens-toi de la crainte de Dieu et ne Eccii. xxvm, t'irrite pas contre ton prochain. Evite les contra- ^' '^' dictions, et tu diminueras tes péchés.

Tout animal aime son semblable; ainsi tout xm, 19-20. nomme aime l'homme qui est de même nature que lui. Toute chair s'unit à la chair qui lui ressemble, tout homme est destiné à vivre en paix dans la société des autres hommes.

Et cependant, l'homme garde sa colère contre xxvm 3-6. l'homme, et il ose demander à Dieu sa guérison ! Il n'a pas pitié de son semblable, et il demande à Dieu pardon pour ses propres péchés !

Lui qui n'est que chair garde sa colère, et il im-

plore la clémence divine ! Qui priera donc pour tous ses manquements à la loi de Dieu ?

Souviens-toi, mon fils, de ton dernier jour, et cesse de haïr.

XXVIII, 12. L'incendie embrase la forêt d'un feu d'autant plus violent qu'il y a plus de bois ; de même, la colère s'allume au cœur de l'homme, selon qu'il a plus de pouvoir, et il la porte plus haut à proportion

Prov.xxii,i6, qu'il a plus de bien. Celui qui opprime le pauvre, pour accroître ses richesses, sera lui-même victime d'un homme plus riche et deviendra pauvre. Celui

Eccli. xxvii, qui creuse la fosse y tombera, celui qui met une ^' pierre, pour y faire heurter son prochain, s'y heur-

tera, celui qui tend un piège à un autre y périra.

XXXI V, 26-27. Celui qui arrache à un homme le pain de son labeur est comme celui qui tue son prochain. Celui qui répand le sang et celui qui fraude l'ouvrier sur son salaire sont frères.

Prov. X, 12. La haine excite toutes les dissensions, la charité

XVII, 9. au contraire couvre toutes les fautes. Cacher les

manquements de son prochain, c'est gagner son

Eccli. X, 6. amitié. Ne te souviens pas des outrages reçus de

Prov. XXV, lui. Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger, et, 21-22. g,-^ ^ gQjf^ donne -lui à boire : tu amasseras de la sorte des charbons de feu sur sa tête, et le Seigneur te le pendra.

L'encens et les parfums réjouissent le cœur, et xxvii, 9-io. les conseils d'un ami sont les délices de l'âme. N'abandonne pas ton ami, ni l'ami de ton père; ne Eccli. xxxvii, l'oublie pas, quelque riche que tu deviennes.

Prête à ton prochain au jour de sa détresse, et xxix, 2 et rends, toi aussi, au temps fixé. Tiens ta parole, ^"^^* agis avec lui fidèlement, et tu trouveras toujours le nécessaire.

Beaucoup regardent ce qu'ils empruntent comme s'ils l'avaient trouvé, et ils affligent ceux qui les ont secourus. Ils baisent la main de celui qui prête jusqu'à ce qu'ils aient reçu, ils multiplient les promesses d'une voix humble et soumise ; mais, quand il faut rendre, ils demandent du temps, ils exhalent des plaintes et des murmures, en prétextant que les temps sont mauvais. S'ils peuvent rendre, ils s'en défendent d'abord, puis ils rendent à peine la moitié de tout ; sinon, ils privent frauduleusement leur créancier de son argent et s'en font gratuitement un ennemi ; ils le paient en injures et en malédictions, rendant des outrages pour le bien et l'honneur qu'ils en ont reçus.

Beaucoup évitent de prêter, non par dureté, mais par crainte de se voir trompés gratuitement.

Cependant, sois plein de patience envers le malheureux, et ne lui laisse pas attendre ton au-

mône. A cause du commandement de Dieu, assiste le pauvre; ne le renvoie pas les mains vides, parce qu'il est dans l'indigence, sache perdre ton argent pour ton frère ou pour ton ami, place ton trésor dans les préceptes du Très - Haut, et il te sera plus utile que l'or. Renferme ton aumône dans le cœur du pauvre ; cette aumône priera Dieu pour toi, elle te préservera de tout mal, elle combattra pour toi contre ton ennemi, mieux que la lance et le bouclier d'un vaillant guerrier.

IV, 1 et suiv. Mon fils, ne frustre pas le pauvre de son aumône, et ne détourne pas les yeux de lui.

Ne méprise pas une âme qui a faim, ne l'aigris pas dans sa détresse... Incline sans dégoût ton oreille vers le pauvre, acquitte ta dette, et répondslui des paroles de paix avec douceur. Délivre celui qui souffre injure de la main du superbe, fais -le sans amertume. Dans tes jugements, sois miséridieux pour les orphelins comme un père, et sois comme un mari pour leur mère; et tu seras à l'égard du Très-Haut comme un fils obéissant, et Dieu aura compassion de toi plus qu'une mère. VII, 37-40. Ne manque pas de consoler ceux qui pleurent, marche avec ceux qui sont dans le deuil, ne sois point paresseux à visiter les malades ; car c'est par toutes ces choses que tu t'affermiras dans la charité.

DES ENSElGNiiMENTS DE FAMILLE 317

Ta charité te méritera la reconnaissance des vivants : qu'elle s'étende aussi aux morts.

Mon fils, celui qui a pitié du pauvre prête au Sei- prov. xix, 17. gneur, et Dieu lui rendra son bien>'Mt. Le riche et le pauvre se sont rencontrés, et tous deux sont xxxi, 2, l'ouvrage de l'Éternel.

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