Platon, Les Lois, liv. vi, édit. Panthéon, t. I, p
2. Aristote, L<i Politique, traduct. de M. Barthélemy-St- Hilaire, liv. I, chap. i, p. 15.
point. Au contraire, si vous me montrez quelque part un seul précepte, une seule obligation irréductible à cette mesure, d'avance je suis fondé à déclarer cette obligation, ce précepte hors de la conscience, et par conséquent arbitraire, injuste, immoral ' . » Jamais docteur de l'Église n'a célébré en des termes plus vrais la loi de Dieu et les éternels principes qui constituent avec elle et par elle la charte morale du genre humain. Le Décalogue résume, en effet, dans des formules simples, claires et précises, la substance même de tout ordre social. Il n'a pas été inventé ; il est aujourd'hui ce qu'il était hier, il sera dans la suite des siècles ce qu'il fut dès l'origine des temps. Il n'existe pas pour lui de changement ni de progrès. Les hommes ont travaillé sans cesse, dans le domaine propre qui est livré à leur activité, à étendre et à accroître le trésor des vérités scientifiques ; mais ils n'ont rijn ajouté aux vérités morales et primordiales. On ne peut pas citer un peuple chez lequel, à une de te déterminée et dans un monument authentique, ait été promulgué un nouveau principe constituant en matière de mœurs. Le genre humain nous présente le spectacle d'époques de prospérité et d'é-