CHAPITRE XX
Les révolutions sociales ont toujours commencé par le renversement des deux grands respects, celui de Dieu et celui du père, et, toujours aussi, elles sont nées de l'orgueil produit chez les classes dirigeantes par les abus de la prospérité. Elles doivent et peuvent être conjurées par l'union des gens de bien, donnant l'exemple du retour à la loi de Dieu ; car Dieu a fait les nations guérissables.
Il y a une race qui maudit son père et qui ne prov. xxx, bénit pas sa mère. Il y a une race qui se croit pure ^^-^'^• et qui cependant n'a pas été lavée de ses souillures. Il y a une race dont les regards sont altiers et les paupières relevées. Il y a une race dont les dents sont des glaives, qui se sert de ses dents pour dévorer. . . .
La sangsue a deux filles (la cupidité et l'envie), qui disent toujours : Apporte, apporte.
L'œil qui insulte son père et qui méprise l'enfantement de sa mère, que les corbeaux des lor-
rents le percent et que les fils de l'aigle le dévorent, xvni, 3 . Lorsque le méchant est venu au plus profond du
mal, il méprise tout.
XI, 18. L'œuvre de celui qui fait le mal est instable. Ps.Lxxii.2.9, Mes pieds ont presque failli, mes pas ont presque chancelé, lorsque, témoin de la prospérité des méchants, je me suis indigné contre eux... Ils se parent de l'orgueil comme d'un collier, l'iniquité les enveloppe comme un vêtement. Leur criminelle arrogance naît de l'excès de leur embonpoint ; ils se livrent sans frein aux désirs de leur cœur. La perversité de leur âme éclate dans leurs discours, ils proclament l'injustice d'un lieu élevé. Leur bouche attaque le ciel, et leur langue se déchaîne contre la terre.
Ps. cxLTii, « Nos fils, disent-ils, sont comme de jeunel ^^"^^* plantes dans la vigueur de leur jeunesse ; nos filles égalent en beauté les sculptures qui ornent les angles d'un palais. Nos greniers sont pleins et regorgent de provisions, nos brebis multiplient par milliers, leur multitude couvre nos places. Nos bœufs sont gras et forts. . . »
Ps. Lxxii, Aussi, les bons se sont écriés : « Le Tout-Puissant voit- il donc les choses d'ici-bas? le Très- Haut en a-t-il connaissance ? Voilà des méchants ;
et ce sont les heureux du siècle, ils possèdent d'immenses richesses ! C'est donc en vain, ai-je dit en moi-même, que j'ai purifié mon cœur et que j'ai lavé mes mains dans l'innocence, puisque je suis frappé chaque jour... » Mais, en m'obstinant à tenir ce langage, j'insultais à la race de vos enfants. Je me suis agité pour pénétrer ce mystère ; mais je \
me suis tourmenté sans succès, jusqu'à ce que je sois entré dans le sanctuaire du Tout-Puissant et que j'aie compris la fin des méchants. Car vous les avez placés surun terrain trompeur et glissant, et du faîte de la grandeur vous les avez poussés dans l'abîme. Oh! comme ils sont tombés dans la désolation ! ils ont défailli tout d'un coup, ils ont péri dans leur effroi, pour prix de leur iniquité.
La justice élève les nations, mais la violation de Prov.xiv,3i. la loi de Dieu rend les peuples misérables. Le souverain pouvoir est dans la main de Dieu. La puis- Eccli.x, 4, 8. sance a été transférée d'un peuple à un autre, à cause des injustices, des violences, des outrages et des différentes tromperies.
C'est pourquoi les idoles des nations ne seront sag. xiv, iipas épargnées, parce que les créatures de Dieu lui ^^* sont devenues un objet d'abomination, une tentation pour les âmes et un piège pour les ignorants.
La recherche des idoles a été le commencement
de la fornication, et leur invention la corruption de la vie humaine.
Elles n'étaient pas au commencement, elles ne seront pas pour toujours....
Il n'a pas suffi aux hommes de s'égarer sur la science de Dieu . Livrés à un état universel d'antagonisme par leurs erreurs, ils appellent paix tant et de si grands maux. . . .
Ils ne gardent plus ni l'honnêteté dans la vie, ni la chasteté dans le mariage ; l'un tue l'autre par envie, ou l'outrage par l'adultère. Tout est dans la confusion, le sang, l'homicide, le vol, la fourberie, la corruption, l'infidélité , l'esprit de sédition, le parjure, le trouble des gens de bien, l'oubli de Dieu, l'impureté des âmes, le changement de la naissance, l'inconstance des mariages.
VI, 2-10. Instruisez-vous donc, vous qui jugez la terre. Prêtez l'oreille, vous qui contenez les peuples et qui vous complaisez dans la multitude des nations.
La puissance vous a été donnée par le Seigneur, et la force par le Très-Haut qui interrogera vos œuvres et qui scrutera vos pensées.
Etablis les ministres de son royaume, vous n'avez pas gardé la loi de la justice, et vous n'avez pas marché selon la volonté de Dieu. Il vous apparaîtra formidable et soudain ; car un jugement très-
rigoureux est réservé à ceux qui commandent. La miséricorde est accordée aux petits, mais les grands seront puissamment tourmentés.
Dieu n'exceptera personne; il ne respectera la grandeur de personne, parce qu'il a fait les grands et les petits et qu'il a également soin de tous.
A vous s'adressent ces paroles , afin que vous appreniez la sagesse et que vous ne tombiez pas.
Cessez de rechercher la mort dans les égare- j^ 1-2-14. ments de votre vie, et ne faites plus servir vos travaux à ce qui vous met en perdition ; car Dieu n'a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de la perte des \'ivants. Il a tout créé, pour que toutes choses subsistent, et il a fait toutes les nations de la terre guérissables.
(Et toi, mon fils, après avoir reçu ces enseignements de ton père et entendu ces leçons de la Sagesse), ne dis pas : « D'où vient que les premiers Eccles. vu, temps étalent meilleurs que ceux d'aujourd'hui? » ^^ car cette demande serait celle d'un insensé.