ET LA TRADITION DOMESTIQUE
Livres domestiques de la famille Ho, de Kein-sê, en Chine i.
i" Préface de la plus ancienne édition (926-930 ap. J.-C.)
« Description de l'origine de la famille et de sa descendance.
1. Nous complétons ici ce que. nous avons dit ci-dessus, p. 85, au sujet desKia-pou ou Livres domestiques de la Chine, en insérant deux fragments de celui de la famille Ho de Kein-sê, traduits par le P. Ravary, missionnaire, et publiés dans les Missions catholiques (3 mars 1876).
Ces fragments sont deux préfaces mises en tête d'anciens Livres, et transcrites dans une nouvelle édition qui contient l'histoire de la famille depuis l'année 930 jusqu'en 18-29. Après celles que nous citons, il y en a encore huit du même genre, La dernière est de 1829-1830.
Les volumes sont au nombre de vingt-huit. Sur la cou»
« Sous Tsom-hien, la troisième année, pendant l'automne, à la neuvième lune, moi Ho-po-so, originaire de Hè-sê, au Kiam-pé, sous-préfecture de Lu-kiamhien, un certain jour, à Kein-sè, district de Suien-tcheuhien, je me promenais sur le bord de l'étang appelé Ou-houa. Le vent de l'automne était fort ; les feuilles tombaient des arbres, l'eau était froide.
« Pendant ce temps, je réfléchissais et je disais : « Moi, parce qu'il y a eu inondation, fai quitté Hê se, mon pays natal, et je suis venu dans le district de Suien-tcheu-hien, à Kein-sê. Comment la postérité pourra-t-elle savoir que moi, Ho, et ma fa- 7nille, nous sommes venus en ce pays? »
« Roulant ces pensées, j avais de la douleur, et, retournant à la maison, j'ai voulu reposer, mais je n'ai pas dormi la nuit entière.
« Le lendemain matin, je me suis résolu à écrire les actions de nos ancêtres, afin que la postérité la plus reculée puisse en profiter.
« Au temps du printemps et de l'automne, sous la dynastie des Tcheou, on a écrit les Kia-pous, jusqu'à la dynastie des Tsin '.
verture du premier, se trouve une bande verticale portant le titre suivant :
« Suien-tcheu-Ho-ze-tsom-pou; » ou Registre des ancêtres de la famille Ho, dans la sous-préfecture de Suien-tse-hien.
1, On a là un des exemples de la haute ancienneté de beaucoup de familles en Chine, el rien ne prouve mieux avec quel soin elles tiennent leur généalogie. Les Tcheou, qui ont formé la troisième dynastie, ont régaé pendant près de neuf siècles , de 1122 à 256 avant J.-C. ; les Tsin leur ont succédé.
« Les Chinois et les Tartares se croiraient perdus, s'ils se défaisaient de leurs papiers » , écrivaient les anciens missionnaires dans leurs relations qui forment le recueil des Lettres édifiantes et curieuses,
« C'est pourquoi, parmi mes illustres ancêtres, Weikom, Tson-kom, pendant qu'ils géraient leurs hautes fonctions, ont rédigé une description qui n'est pas considérable. Pour moi, contraint de quitter mon pays et de venir ici, étant sans force, je pense toutefois à mes ancêtres, et à cette pensée je ne puis m'empêcher de pleurer. En effet, il n'est pas un homme, soit riche, soit pauvre, qui puisse oublier les actions de ses ancêtres.
« Aujourd'hui, je prends le pinceau et j'écris en disant : « La description de notre origine n'ayant pas d'erreurs ni de lacunes^ pour cette cause, les hommes qui nous suivront sauront que mes ancêtres, ayant été obligés de changer leur nom pendant la perturbation du royaume, sous le règne de l'empereur Han, Ngankam fut obligé de se cacher et de revenir habiter à Lu-kiam, notre terre natale, jusqu'à ce que Wei-kom, sous la dynastie des Tain ' , ayant rempli la charge de tché-fou, obtint des propriétés à Hê-sê, au pied de la montagne de Ki-lom-sê. Le fils de Wei-kom , nommé So-kom, ayant rempli la charge de wam-fou à Kouamlin, vint habiter à Chiam-lin-tam. Les fils et les petitsfils, s'étant multipliés, se séparèrent et habitèrent diverses contrées sur le bord de la mer, dans le sud de Ngan-hœi et dans le Sé-tom. Tous sont des descendants de notre famille originaire du Lu-kiam, à Chiamlin-tam.
« Si je n'écrivais pas cette description, comment la postérité connaîtrait-elle notre origine ? Notre descendance, voyant que les anciens ont fait le bien, aura à cœur de faire de même.
« A Kein-sê, Ho-po-so-ien a écrit ces lignes, »