LE TESTAMKNT D'UN PÈRE
bien. Ouvrez votre âme tout entière au respect et à l'estime que vous inspireront les hauts faits des grands hommes, et ayez le courage de méditer le moyen de les égaler. Vous en retirerez au moins le précieux avantage de vous faire justice et d'être armé de réflexions contre la séduction des succès éblouissants de quelques sc'lérats. Votre cœur se remplira de sagesse, s'affectionnera à la vertu, s'ancrera dans le bien, et ses penchants vous donneront de grandes avances, pour prendre en tout le bon parti. Vous n'aurez presque qu'à les suivre pour devenir un grand homme.
f Ne vous y méprenez pas : il faut et beaucoup apprendre et s'exercer longtemps pour devenir un vrai lettré.
« Ce n'est pas assez de posséder par une lecture réfléchie les livres classiques et les Kings \ les anciennes pièces d'éloquence et les bons ouvrages de littérature, les mémoires présentés aux empereurs et leurs plus célèbres ordonnances ; il faut les relire sans cesse et se rendre compte de ses lectures, le pinceau à la main, s'exercer à les imiter. Ne perdez pas un moment à lire les poëtes, ou, ce qui serait bien pis, à faire vousmêmes des vers. Attachez- vous à l'étude des Kings, mais ne l'entreprenez pas sans le secours d'un maître. Essayer de s'ejx passer, c'est donner des bornes à son application, s'exposer à une infinité de méprises et égarer ses pensées dans le chaos de mille incertitudes. Ce serait risquer le succès de vos études, que d'en prendre un sans choix, que de craindre d'en changer après avoir mal rencontré, ou même de regarder à là dépense pour avoir le meilleur. Par la même raison, préférez la société des gens d'un sens droit et profond à celle de ceux qui n'ont que de la science ou de l'es-»