‹ La vie domestiqueChapitre 97 sur 106 · A SA FILLE ET A SON GENDRE POUR LE MARIAGE · texte numérisé non relu

A SA FILLE ET A SON GENDRE POUR LE MARIAGE

• Ma chère fille,

c Cest à travers les orages d'une grande révolution que la Providence vous a conduite à cette époque inté-

1. J.-B. Garroa de La Bévière, auteur des Conseils qu'on va lire, avait été, nous l'avons dit déjà, député de la Bresse, aux Etats-Généraux. Plus tard, du fond de sa prison d'Ambronay où il avait été jeté par les terroristes, il avait adressé à ses enfants le beau testament dont nous avons cité quelques extraits (ci-dessus p. 207-210); et il avait recommandé particulièrement à ses fils de demeurer fidèles à Die^i, en servant leur patrie avec d'autant plus de zèle «qu'ils étaient traités avec plus de rigueur. Comme beaucoup id.aulres, il avait été sauvé par le 9 thermidor.

Ayant marié sa fille aînée en 1797, il voulut, suivant la itoiO^iiSfSi f)i).servée autrefois en pareille circonstance dans

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ressante de votre vie, qui doit décider de votre bonheur ou de votre malheur. L'état de mariage, dans lequel vous venez d'entrer, se montre pour l'ordinaire, aux yeux des jeunes personnes qui s'y destinent, paré de charmes et d'agréments , et elles ne peuvent se persuader qu'on y trouve un mélange de douceurs et d'amertumes, de plaisirs et de peines, d'avantages et de dangers. Tel est cependant le vrai point de vue sous lequel il doit être envisagé. Lorsque l'illusion des premiers moments sera dissipée, j'espère, ma fille, que vous me saurez gré de vous avoir offert les conseils de l'expérience pour guider vos pas dans une carrière où les épines sont semées à côté des fleurs. Jamais il ne fut plus nécessaire de vous retracer les principes qui ont servi de base à votre éducation.

a Bientôt vous n'aurez plus sous vos yeux votre tendre mère , cet excellent modèle sur lequel vous avez dû vous former. Ma sollicitude paternelle me porte donc à réunir pour vous, dans un seul tableau, les éléments de ses bons exemples et de ses sages leçons, afin que vous puissiez sans cesse leur compa-

les familles chrétiennes, donner quelques avis aux nouveaux époux.

Les pages qu'il écrivit dans ce but portent l'empreinte de l'époque; et elles montrent bien, avec le fond de l'ancienne coutume domestique au sujet du gouvernement du foyer, à quel point les bons pères de famille, au xvni' siècle, avaient à défendre ce qu'ils avaient de plus cher contre l'invasion du mal venu du dehors. Telle était la préoccupation de J. B. Garron de La Dévière. Ce qu'il dit à sa fille et à soa gendre, sur la pureté des mœurs à garder, au milieu de la licence qui régnait trop généralement dans les classes élevées de son temps, présente plus d'un trait de ressemblance avec ce que nous avons vu exprim'; par Antoine de Courtois en 1812.

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