‹ La vie domestiqueChapitre 98 sur 106 · POUR LE MARIAGE · texte numérisé non relu

POUR LE MARIAGE

rer vos sentiments et votre conduite, et les y ramener, 8i jamais ils s'en écartaient.

« Pour ne pas fatiguer votre attention, je me propose de renfermer dans un cadre étroit le précis des devoirs dont l'observation vous importe le plus : devoirs de sagesse et de fidélité; d'attachement, de complaisance et de modération ; de vigilance , de douceur et de fermeté ; de prévoyance et d'économie. Les premiers intéressent le soin de votre réputation , les seconds se rapportent à votre époux et à ses parents, les troisièmes à vos enfants et à vos domestique?;, les derniers à la conservation et à l'amélioration des biens communs.

Devoirs de sagesse et de fidélité.

f Vous êtes trop bien née, ma fille, pour que j'aie à redouter pour vous ces désordres scandaleux , dont les femmes qui ont franchi toutes les bornes de la pudeur n'offrent que trop d'exemples dans ce siècle d'immoralité ; mais je dois vous prémunir contre des écarts, où des femmes honnêtes se laissent quelquefois entraîner, et qui, quoiqu'il fassent moins d'éclat, n'en sont pas moins funestes par leurs conséquences.

Cl La nature vous a pourvue assez libéralement de ses charmes et de ses agréments, si dangereux pour vousmême et pour ceux qui s'en montreraient les trop sensibles admirateurs. Craignez qu'ils ne vous attirent des hommages étrangers. L'amour-propre est subtiL il est dilTicile d'en comprimer les élans; s'il est mal réglé, il produit un désir excessif de plaire, et le désir de plaire dispose à la sensibilité. Une femme qui est flattée des hommages qu'on lui rend est à demi-vaincue : voilà l'écueil où ont échoué des femmes honnêtes et ayant des principes. Evitez-le, ma fille, et, si

384 CONSEILS D'UN rÈP.E A SA FILLE

jamais on osait vous offrir des vœux téméraires et indiscrets, hâtez-vous de les repousser, non avec un dédain offensant, mais avec cette dignité qui sied à la vertu. Otez, dès le premier moment, à l'imprudent qui tenterait de vous séduire, tout espoir de succès. Entreprendrait-il de ti'iompher de vos refus par ses assiduités et par la constance de ses soins? alors votre porte devrait lui être impitoyablement fermée. C'est par une telle conduite, également modérée et austère, que vous parviendrez à maintenir la pureté de vos principes, à établir solidement votre réputation et à conserver la confiance de votre époux et l'estime publique.

Devoirs de décence et de modeslie.

« Il n'est que trop commun aux jeunes femmes mariées de croire qu'elles ne sont plus soumises aux règles de retenue que doivent suivre les jeunes filles. Elles se persuadent qu'un certain air de liberté dans le maintien et les discours et plus de recherche dans leur parure ajoutent à leur amabilité et à leurs agréments, sans tirer d'ailleurs à conséquence : c'est une erreur qui n'est pas exempte de danger. Un des plus saints prélats de l'Eglise catholique tenait pour maxime certaine que la modestie est la plus belle parure du sexe, qu'à cet égard les femmes mariées devaient avoir une plus grande sévérité de principes que les filles, à qui il permettait de mettre plus de soins et d'élégance dans leurs ajustements. Le motif de son indulgence était juste; il savait qu'en général le désir de plaire était jusqu'à un certain point légitime dans les jeunes filles, tandis qu'une femme mariée ne peut sans crime désirer de plaire à tout autre qu'à son époux. C'est aux coquettes de .profession

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