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LA CONNAISSANCE

La théorie de la connaissance ^Q rattache aux principes généraux de la philosophie de saint Thomas, notamment à la théorie de la matière et de la forme, par ce principe fondamental: moins un être est matériel, plus il est connaissant. M. Gardair applique ce principe à Dieu, à l'esprit pur, à l'homme, à l'animal.

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;ance a d'abord la forme sensicion d'une activité interne, à la

ce, soit sensible, soit intellectuelle, e&fc i.ci».,-^ laissant doit être assimilé au

connu et l'objet est connu par une forme représentative qui actualise la puissance de connaître. j

Une telle assimilation se produit dans les sens externes. L'auteur fait ressortir la différence entre la modification spirituelle qu'exige la sensation, et la modification physique de l'organe. D'après les hypothèses scientifiques acceptées du temps de saint Tomas, il distiDo:Yie pour la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher, le milieu de l'organe. Le toucher est le fondement des autres sens externes, et sa perfection est en rapport avec une certaine perfection de la sensibilité et de l'intelligence.

La connaissance sensible se développe dans les sens internes. M. Gardair met en relief le rôle important du sens cen^ traî, la fonction de Vimagination, du sens appréciatif, de la mémoire, et recherche quel organe saint Thomas attribue h. chacune de ces puissances sensitives. La plupart des sens internes ont chez l'homme une supériorité spécifique sur les mêmes sens de l'animal.

L'auteur pose ensuite nettement le problème de l'objectivité de la sensation, et répond à ces deux questions : 1" Existe-t-il au dehors un objet sensible? 2" Cet objet est-il conforme à la représentation donnée par le sens?

11 critique l'opinion qui croit prouver l'existence de l'objet extérieur par la théorie aristotélicienne de l'unité d'acte entre l'agent et le patient; il critique aussi la formule de Taitie : « La perception extérieure est une hallucination vraie ».

Sur la conformité de la sensation à l'objet extérieur, iL donne une solution personnelle, après avoir comparé celles de Descartes, Bossuet, Berkeley, Kant, Leibniz, à l'opinion de saint Thomas. Il se prononce clairement en faveur de l'existence réelle de l'étendue.

La connaissance intellectuelle, préparée par la connaissance sensible, s'opère par Ventendement humain qui comprend deux facultés: Tune qui est l'entendement réceptif ou intellect possible, l'autre qui est l'entendement actif ou intellect agent. Dans l'élaboration de la pensée, il se fait une iU ) lumination des repiésentations fournies par l'imagination et

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une génération de formes intelligibles au moyen de l'abstraction: la pensée s'achève dans la conception du verbe intellectuel et dans la considération de l'objet dans ce verbe.

La nature de l'entendement actif est caractérisée fondamentalement par son immatérialité : c'est parce qu'il est immatériel qu'il peut immatérialiser et universaliser la connaissance.

Après la conception des premières formes intelligibles, la lumière intellectuelle s'applique à la formation des principes rationnels^ c'est-à-dire des jugements évidents d'où part le mouvement de la raison. L'intelligence de ces principes comprend une disposition habituelle de l'esprit humain qu'il faut définir.

Dans la génération des principes, le principe d'identité ou de contradiction a un rôle primordial.

Il y a deux ordres de principes : les principes de la raison spéculative et les principes de la raison pratique. D'après Leibniz, l'auteur indique deux principes fondamentaux de la raison spéculative: le principe d'identité ou de contradiction et le principe de raison suftisante. Il expose ses vues personnelles sur la manière dont le principe de raison suffisante se rattache au principe d'identité ou de contradiction.

Le premier principe de la raison pratique repose sur l'idée du bien, comme le premier principe de la raison spéculative sur l'idée de l'être. Il appartient à la raison de poser les règles de la morale çaturelle.

Partant des principes, la raison découvre la vérité par un double raisonnement: la déduction et Vinduction.

M. Gardair fait voir d'cù vient la force démonstrative de la déduction et justifie le procédé de l'induction par la spontanéité et les principes fondamentaux de l'entendement. H explique, d'après saint Thomas, comment le sens saisit à sa manière l'universel, selon l'assertion d'Aristote.

L'esprit humain a une conscience intellectuelle, par laquelle il connaît ses pensées, et une mémoire intellectuelle ^ par laquelle il conserve ses connaissances absolues et universelles et se rappelle les avoir acquises par un acte antérieur. Mais, dans la vie présente, notre âme ne connaît sa nature que par une investigation rationnelle, éclairée par les prem^iers principes.

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