PHILOSOPHIE MORALE ET SOCULE
Par le R. P. DE PASCAL
Deux volumes in-12 ^ QQ
T. I. — Philosophie morale 3 50
T, II. — Philosophie sociale 3.50
Chaque volume peut .<e vendre séparément
L'ouvicige est divisé en éthique et en droit naturel, ou en philosophie morale et sociale : la première partie comprend une étude gur l'acte humain, la loi, et le droit social en général.
Apres quelques aperçus sur le bien métaphysique, l'auteur nous monlre que la fin de l'homme et son bonheur suprême consistent dans la possession de Dieu par la connaissance et 1 amour.
Mais, pour que l'homme réalise sa fin, il ne suffit pas qu'il la connaisse, même comme son bien suprême, il faut qu'il conforme ses actes aux exigences de sa fin, et il ne le fera que s'il existe pour hji obligation de s'y conformer, le devoir. A l'encontre de Kant, qui confond l'honnête et l'obligatoire, le P. de Pascal nous montre la connexité de la loi naturelle et du devoir avec la loi éternelle et divine. Fondée Gur les rapports immuables de la nature de l'homme et de sa destinée suprême, la loi naturelle qui se manifeste à l'intelligence humaine Cdt objectivement identique à la loi èleruelle, dont elle n'est qu'une application au gouvernement de l'homme.
Plus loin l'auteur traite de la conscience « jugement empirique sur la moralité des actes à faire par la comparaison de l'acte avec •a loi, témoignant donc simplement de la moralité de l'acte et n'atteignant pas la moralité dans son essence ». A propos de V\m péralif moral, il critique les grandes erreurs morales de notre époque, distinguant deux principaux systèmes : l'évolutionnisme de Spencer et le rationalisme de Kant.
La sociologie générale établit l'origine naturelle de la société et fait justice des aberrations de Rousseau, Hobbes et Puffendorf. Le but de la société est d'assurer l'ordre dans les relations essentielles des hommes entre eux, au moyen de la justice. Les fausses concepticns du droit, règle delà justice, ne manquent pas et tour
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à tour l'auteur les rencontre : Spencer, avec son évolutionnisme, consacre le triomphe des plus forts ef aboutit à l'utilitarisme de l'espèce, comme Sluart Mill en vient à l'utilitarisme individuel. D'un autre côté, le poilosophe de Kœnigsberar, divinisant en quel. que sorte la volonté humaine, n'envisage le droit que « comme une restriction à la liberté, pour permettre l'éclosion de la liberté d'autrui ». Identifiant la divinité avec le monde, Hegel investit la volonté gêné aie du pouvoir législateur suprême, et son panthéisme philosophique, descendu au forum avec les socialistes, personnifie cette divinité vague ^t impersonnelle dans le Dieu-Éiat.
Dans sa philosophie sociale ou droit naturel, le P. de Pascal applique les principes de la mora'e aux différentes relations de l'homme avec Dieu, avec ses semt^lablcs el avec le monde extérieur. De là quatre divisions : 1° l'homme et Dieu, 2* l'homme et sa pers onnal té, > l'homme et ses semblables, 4° l'homme el le monde extérieur.
Notons surtout la section qui traite de la société civile, où l'auteur louche aux questions les ping délicates, comme le droit de résistance au pouvoir, les formes de gouvernement. Ktudiant, dans l'économie^politique, les rapports de l'homme a^ec le monde extérieur, l'auteur envisage, à tour de rôle, l'organisation du Iravai', la distribution des moyens et des instruments de travail, la répa tilion des produits du travail. 11 s'élève avec force contre le libéralisme, qui laisse à la liberté individuelle le soin de réaliser l'ordre économique et met en présence la classe des capitalistes, possédant les instrumenls du travail, et la classe des prolétaires privée de capital. La liberté industrielle produit la libre concurrence qui fait dépendre la vie et la subsistance des travailleurs d'une lutte dont la victoire restera au plus fort. Plus conforme à la nature humaine, le syàlème de l'association professionnelle règle la liberté individuelle, respecte la juste indépendance de la personnalité Lumaine, arrête la concurrence illimitée, garantit même les intérêts des consommateurs et fournit au point de vue politique les éléments d'une véritable représentation nationale.
La critique ne manquera peut-être pas d'attaquer mainte théorie défendue par le P. de Pascal, mais, grâce aux sages réserves dont l'auteur les entoure, on ne peut voir en lui un, novateur imprudent. Il est difficile el dangereux même d'être neuf dans un traité de philosophie morale. Le P. de Pascal s'est montré actuel : ee n'est pas là son moindre mérite.
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