L'ÉVOLUTION ET LE DOGME
Parle H. P. ZAHM, G. S. G.
Traduit de l'anglais par l'abbé J. FLAGEOLET du diocèse d'Autun
2vol.m-<3 7.00
Peut-on être à la fois « évolutlonniste » et «chrétien »?Telle est la question que discute l'auteur de ce livre, et on pourrait dire qu'il n'y en a guère de plus actuelle, si c'est au nom de l'évolution, et de la nouvelle conception du monde qui en serait résultée, que nous voyons tous les jours attaquer les anciens dogmes. Il est vrai que ces dogmes, nombre de philosophes ou de savants les combattent sans les connaître et de nombreux théologiens ne croient pas avoir besoin d'étudier la doctrine de l'évolution pour la prendre à partie. Nous souhaitons que ce livre les éclaire les uns et les autres. On ne saurait en effet se montrer mieux informé de tous les aspects de la question que le savant auteur, ni faire preuve à la fois d'une érudition plus étendue et d'un plus ferme bon sens, deux choses qui parfois ne vont pas ensemble. Il faut lire ce livre, et le compter au nombre des meilleurs qu'il y ait dans la littérature entière de TÉvolutlon.
(E- BaUNETlÈRE).
26 P. LETHIELLEUX, Édileur, 10, rue Cassette, PAHIS
UM ET Li SCliCË HODËRl
Par le ft. P. TILMAIViX PESCH, S. J.
Traduit de rallemand par M. LEQUIEN
Naguère encore, « la science moderne » exprimait avec un grand fracas •& profession de foi et ses revendications : l'expérience, seule science qui convienne à la raison humaine ; celte raison elle-même divinisée, reconnue comme seule source des principes moraux et sociaux i enfin surtout droit absolu et inviolable pour elle de se glorifier seule du titre de science. Or, l'inspirateur de cette « science moderne » vivait il y a un siècle environ ; il s'appelait Emmanuel Kant. On connaît le portrait physique et moral que nous en a laissé Reichardt dans VUranie (1812) : « C'était un homme tout à fait sec de corps et d'âme... Un front élevé et serein, un nez mince, des yeux vifs et clairs caractérisaient avantageusement sa physionomie. Mais le bas du visage était l'expression la plus complète d'une sensualité grossière qui s'est manifestée chez lui surabondamment, surtout dans le boire et le manger. » — C'est la photographie intellectuelle de Kant que le R. P. Pesch nous a tracée dans son ouvrage avec une rare finesse d'analyse.
Il est difficile d'éclairer tous les recoins obscurs de la pensée et du langage du philosophe de Kœnigsberg. Le R. P. Pesch l'a fait avec un rare bonheur : textes de Kant lui-même ou commentaires de ses contemporains et de ses plus chers
p. LETHIELLEUX, Fdilcur, lo, rue Gassetls, PARIS 2^
disciples, tout vient à propos et parfois avec pas mal d'humour, pour faire ressortir le véritable esprit avec les conséquences fatales de la critique de la raison pure : renonciation absolue à tout suprasensible (ch. m), morale indépendante (ch. vi), pas de religion qui impose des devoirs à l'homme (ch. vu et viii). N'est-ce pas là le programme delà science moderne? « Les systèmes les plus opposés entre eux, et même, ô prodige ! ceux de nos grands naturalistes, cherchent dans Kant leurs racines ou du moins leur fondement. » (P. 11.) Le R. P. Pesch donne la solution de cette anomalie dans des pages (pp. 113, 195) qui dénotent une connaissance approfondie du système kantien. En Allemagne, raconte-t-il pas un ennemi de l'Église et do Dieu, pas un adorateur de la raison humaine qui ne vienne brûler un peu d'encens devant la statue de « la Raison pure incarnée de Koenigsberg » ; c'est « le culte néo-païen de l'humanité » dont l'auteur nous parle dans le dernier chapitre de son ouvrage, le plus enlevé et le plus terriblement vrai. Aussi nous souhaitons à certains catholiques fascinés par le génie du grand philosophe et à tous ceux qui veulent saisir l'esprit de Kant débarrassé de son grand appareil philosophique de lire l'ouvrage du R. P. Pesch. Ils pourraient voir dans ces 280 pages sur le système de Kant plus et mieux qu'ils n'ont peut-être vu dans de gros volumes diffus. Ils pourraient voir surtout que, en portant condamnation contre toutes les folles conceptions et l'orgueilleuse suffisance des tenants de « la science moderne », ils doivent étendre cette même condamnation à Emmanuel Kant, représentant parfait, mais vieux d'un siècle, de celte « science moderne ».
Jos. Carbonel, s. J.
28 i\ LliïHIELLEUX, Editeur, lo, rue Cassette, PARIS