‹ La vie du dogme catholiqueChapitre 42 sur 49 · ET SES ERREURS · texte numérisé non relu

ET SES ERREURS

Par le R. P. Tilmami P E 8 C H

Traduit de rallemand, par M. LEQUIEN

Le R. P. Pesch, en écrivant cette savante étude, n'ignorait pas qu'aux yeux d'un certain nombre de philosophes modernes, il commettait une hérésie en attaquant le chefd'œuvre même du grand penseur allemand. Gela ne l'a pas arrêté; dès les premières pages, il affirme sans hésitation, sans palliatif, sa conviction scientifique : La critique de la Raiso7i pure est, dans toutes ses parties, fausse et sans fondement. On le voit, c'est la condamnation pure et simple, la « mort sans -phrase » pour ce système cher à tant de savants d'Outre-Rhin. Mais ce jugement n'est-il pas trop sévère, trop absolu? Nous ne le croyons pas. Qu'on lise la série des treize chapitres où l'auteur attaque successivement les points principaux de la Critique de la raison pure, et l'on sera convaincu que le R. P. Pesch n'a rien avancé qu'il ne prouve d'une manière vraiment scientifique, par une argumentation nerveuse et serrée; d'ailleurs, pour éviter toute discussion

p. LETHIELLEUX, Editeur, lo, rue Cassette, PARIS 29

oiseuse, il ne s'occupe que des points capitaux et les moins contestés du Kantisme, c'est-à-dire de ceux dont le sens est admis par tous, sans qu'il soit besoin de recourir à de spécieux commentaires, parfois même à de petits tours de force exégétiques. On sait, en effet, que Kant était atteint d'une faiblesse commune à beaucoup de grands esprits : il craignait d'être compris facilement; il vivait à une époque où la difficulté d'être compris passait pour la marque nécessaire d'une science profonde. Le R, P. Pesch montre d'abord les multiples contradictions qui se rencontrent dans l'entreprise de Kant, la fantasmagorie de ses fameux jugements synthétiques à priori, sa manière habile de falsifier la nature de la connaissance humaine, l'arbitraire qui préside à toute construction de l'édifice élevé par Kant au milieu des brouillards de la philosophie protestante. Après avoir montré comment le philosophe allemand a traité les questions des phénomènes, du temps et de l'espace, des form.es de l'entendement, du principe de causalité, etc., le R. P. Pesch aboutit à ce résultat : Ce n'est pas le subjectivisme protestant, mais l'objectivisme catholique qui peut seul sauver le monde. Si la philosophie veut rester raisonnable, qu'elle s'attache à la base de la conception chrétienne et, si elle s'y attache, qu'elle s'oriente vers le catholicisme. En un mot son livre est excellent ; il est l'œuvre non seulement d'un profond penseur, mais d'un savant apologiste. Pour notre part, nous sommes reconnaissant à M. Lequien de nous l'avoir traduit en bon français.

{Vraie France.)

30 P. LETHIELLEUXjEditeur, lo, rue Cassette, PxVPJS

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