‹ La vie du dogme catholiqueChapitre 44 sur 49 · LE POSITIVISME · texte numérisé non relu

LE POSITIVISME

Depuis Comte mû nos Jours

Par le R. P.GRUBŒ2R, de la Compagnie de Jésus

Traduit de rallenaand par l'abbé Ph. MAZOYER du clergé de Paris

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Le livre du P. Grubei oûr le Positivisme depuis Comte jusqu'à nos jours est le complément pour ainsi dire nécessaire de son précédent ouvrage sur Comte, qui a obtenu un succès si vif, non seulement chez les catholiques et les spiritualistes, mais jusque dans le camp du positivisme. Il n'y a eu qu'une voix sur la richesse et la sûreté d'information, sur la vigueur et l'exactitude d'analyse qui caractérisaient ce maître livre, vrai modèle de monographie philosophique. Ontrouverales mêmes qualités dans le'présent volume,avec un sujet plus vaste et une masse compacte de faits plusa actuels )).— La première partie, la plus accomplie, ce me semble, étudie « le positivisme dans les écoles qui se rattachent à Aug. Comte, » en trois chapitres, qui sont autant de mémoires à la fois historiques et doctrinaux, d'une fermeté magistrale et d'un intérêt piquant. Il était difficile, on en conviendra, de faire tenir en un peu plus de deux cents pages ces trois tableaux achevés: l*» le positivisme dissident, ou Litlré dans

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sa vie et dans son œuvre, avec les causes soit personnelles, soil extérieures, de son succès; 2° le positivisme orthodoxe, ou la doctrine et Taclion de M. Pierre Laffitte, avec l'histoire morale, religieuse et politique de son groupe; 3° le positivL-u:e orthodoxe à l'étranger : Angleterre, Suède, Brésil et Chïii^ elc. Ici surtout se pressent les plus curieux renseigne- Hi ni~, tout à fait neufs pour les profanes, et cependant très signilioùtifs pour Fintelligence de l'état intellectuel, et plus encore peut-être del'état moral et social du monde moderne. — Dans une deuxième partie, encore plus riche de faits et d'analyses philosophiques, le savant jésuite étudie « le mouvement positiviste en dehors des écoles qui se rattachent immédiatementàAug. Comte, » et cette étude comprend la philosophie d'abord (c'est le premier chapitre, qui vaut un juste volume),ensuite les applications du positivisme au droit, aux sciences sociales, à la science des religions, et à l'enseignement. Ce second chapitre, qui achève de montrer dans l'auteur dotant d'analyses métaphysiques à la fois, claires etsubtilesjun esprit encore plus attentif à la vie et aux choses pratiques,se recommande surtout auxhommes soucieux des questions sociales. On peut leur assurer que ces pages si rapides leur réservent pourtant plus d'une indication précieuse. Mais c'est dans le chapitre précédent(pp. 225-272) que se développent^ que se serrent plutôt, les études les plus variées et les plus intéressantes pour l'histoire de la philosophie contemporuine : l'évolution du positivisme anglais, J. Stuart Mil), H. Spencer (deux notices détaillées) et leurs successeurs jusqu'à Romanes, Huxley et Tyndall ; en France, Taine, Th. Riîjot et les psycho -physiologistes, puis les monistes Roberty^

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A. Fouillée, Guyau; en Allemagne, le mouvement si curieux qui part de Kant autant et plus que de Comte et qui, d'Eug. Datring, aboutit par les néo-kantistes positivistes à Wundt (très bien étudié en quinze pages); en Italie, quatre noms peu connus de ce côté des Alpes, mais assez marquants au delà :Siciliani,Ardigo, Angiulli, de Dominicis;- dans l'Amérique du Nord, toute une école d'agnostiques, etc., etc. Assurément, cbacune des figures de cette longue galerie positiviste n'obtient pas les honneurs d'un portrait en pied; pour la plupart, une esquisse, un léger croquis, c'était tout ce que permettait le cadre un peu étroit d'un seul volume ; mais il me semble que le trait môme le plus sommaire est habituellement aussi juste que précis, que même les doctrines à peine indiquées sont touchées au point vital. Ce n'est pas à dire que le P. Gruber ait pu donner une idée adéquate de toutes les œuvres, surtout de celles qui intéressent la science autant ou plus que la philosophie, celles, par exemple, de Maudsley ou de J. Sully. Il me semble aussi qu'il aurait dû accorder au moins une mention à des noms italiens comme ceux de Gabelli, vrai initiateur, et de Villari, adepte éminent du positivisme. Mais ce sont là des questions de mesure et de détail; les grandes masses et les figures dominantes n'offrent guère prise à la critique. Peut-être cependant ce volume, égal ou supérieur en mérite au précédent, recevra-t-il moins d'accueil chez nos adversaires. Ce n'est pas que la polémique y tienne plus de place (elle est toujours réduite au strict nécessaire); mais avec les théories des sectaires, le P. Gruber révèle soigneusement leurs menées politiques, et le tableau n'est pas toujours flatteur pour eux; mais qu'il est instructif pour nous ! (Polybiblion.)

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