LA A'IE DU DOGME
précieux : dans la théologie de nos grands auteurs Vidée chrétienne persévérante et immuable est le principe directeur ; à ce principe est subordonnée la variable mise en scène des symboles imagi natifs.
C'est que, dans cet amas de métaphores — où le premier coup d'œil ne trouve pas toujours un exact discernement — la critique loyale et patiente finira par constater un certain ordre, certaines préférences des doctes écrivains. Le contexte et les raisons d'opportunité justifient les images qui semblaient aveuglément inspirées par telle ou telle hérésie.
11 s'ensuit :
Que l'identité des métaphores n'autorise pas à conclure Videniité des deux doctrines : l'une chrétienne, l'autre hétérodoxe.
Que leur variabilité n'autorise pas à conclure la variabilité du dogme.
Attachons-nous à saisir nettement cette double conclusion.
IV. — Dans la variété des images qui appartiennent à une même catégorie, à l'expression antithétique d'un même dogme, on a reconnu des délicatesses de nuance qui indiquent le rôle directeur de r esprit ; il réagit sur Vimagination au lieu- d'être conduit par elle.
Par exemple, pour exprimer \e mélange {niixtio) des éléments divin et humain, des termes divers s'offraient au choix de l'écrivain. Les uns conviennent à ce mélange superficiel qui respecte l'individualité de ses éléments : ainsi se mélangent des graines assorties. C'est la [zt^tç^ des Pères anciens. D'autres termes conviennent au mélange plus intime des éléments liquides (xpacriç). En tout cela rien que des mélanges physiques. Mais une troisième catégorie de termes exprimait ce phénomène (mis en relief par la science moderne et caractérisé par elle comme phénomène c/ii/nigiie) où les qualités sensibles des éléments disparaissent pour donner — non plus un simple mélange — mais une combinaison intime et substantielle. C'était la confusion (orjY/odtç)-
Dans le choix de ces images, le sens théfllogiqne des Pères de TÉglise a su porter un discernement attentif: ils ont évité toutes celles qui pouvaient signifier un mélange intime^ par voie de combinaison (djy^^atç). Si la comparaison leur est utile, ils ne se laissent point dominer par elle : ils nous apprennent au contraire à nous mettre en garde contre sa domination, en tenant l'image sous le contrôle de la conception philosophique. C'est la préoccupation d'Augustin .• « Comme l'àme s'unit au corps dans l'unité personnelle (ainsi subsiste un homme) de même, dans l'unité