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LANGUES MONOSYLLABIQUES — CHINOIS

teaa inhospitalier de l'Asie centrale; et comme conséquence dm grand mouvemâat qui fit de la race mongolique,. au douzième et au treizième siècle, les conquérants et les dévastateurs du monde presque tout entier,, des fragments de sa langue!se sont dispersés à; Tooest et on en voit un qui occupe un district important situé à cheval sur le Volga près de son embouchure. Les Mongols s'étendent à Test le long d'une grande partie de la frontière chinoise et sont remplacés,, plus à l'est encore , par les tribus tongouses qui sont plus au nord et vont presque jusqu'à la mer. De ces tribus, la seule importante est la tribu des Mantchoux, dont le grand exploit et lie grand titre aux honneurs de Thistoire, est leur conquête et leur domination de la Chine pendant ces deux denniers siècles. Les Mongols et lés Mantchoux ont des alphabets, ceux dont ils se servent ordinairement, qui leur sont venus, par l'intermédiaire des Turcs Ouigars, de la langue syriaque. Leurs Uttératures soM tout à fait modernes et reflètent la littérature chinoise.

Si les langues mongoles et mantchoues ont peu de flexions^ la langue chinoise n'en a pas du tout. Le chinois est une langue composéed' environ cinq cents mots distincts, comme nous les appellerions, dont chacun se compose d'une seule syllabe. Mais, dans cette langue, l'intonation sert à exprimer lia pensée, et ces cinq cents mots en deviennent quinze cents par la variété des intonations. Ces mots ne sont pas, comme dans la langue anglaise, des restes usés, contractés, de formes autrefois infléchie»; il est, au contraire, à peu près certain que ce sont des racines qui ne se sont pas développées^, des racines comme celles de la langue indo-européenne, à la différence près du parti qu'en a tiré une société éclairéej en les travaillant pendant des milliers d'années. Elles ont reçu une foule de significations différentes et d'em^ plois formels. Elles ont été combinées en phrases toutes faites comme les phrases anglaises Is/iaW hâve go^ie (je serai mort)^ hyj the way- (à propos), et ainsi de suite. Il y en a qui sont devenues auxiliaires;; d'autres, signes de relation; d'autres, qui servent dans des cas donnés^ et sont analogues à nos parties du discours^ Cependant on ne les a jamais distinguées eiïi parties du discours véritables, ni réunies en un système

de flexions. Si cela avait eu lieu, on s'en apercevrait clairement aux résultats. Il y aurait dans la langue une beaucoup plus grande variété de mots ; ils formeraient des groupes ; ils auraient des significations plus distinctes et leur emploi serait plus déflni. Les Chinois emploient les mots indifféremment, comme parties du discours non déterminées et, trèsévidemment, parce qu'ils ne distinguent point ces parties.

La langue chinoise est donc, sous un rapport important, une des langues les plus pauvres et les plus inférieures qu'il y ait dans le monde ; mais c'est aussi un exemple remarquable de ce qu'on peut faire avec un mauvais instrument. On voit, par là, combien est certaine cette vérité que le langage n'est qu'un instrument au service de l'esprit; et que celui-ci, qui en toutes circonstances fait dire aux mots plus qu'ils ne di^ent, peut, au moyen de signes très-peu nombreux et très-imparfaits, accomplir de grandes choses en combinant seulement ces signes d'une foule de manières. Du chinois indigent aux langues agglutinatives des Indes occidentales, lesquelles sont surchargées de distinctions, il n'y a que des différences de degrés. Quelques traits de charbon jetés sur une planche par une main habile peuvent être plus remplis de signification qu'un tableau soigneusement travaillé par un artiste médiocre.

La Uttérature riche et variée de la Chine remonte à 2,000 ans avant J.-C, ancienneté qui n'est dépassée que par deux ou trois autres pays dans le monde. Quoique une langue aussi simple dans ses premiers linéaments, semble ne point comporter de changements qui puissent la rendre méconnaissable, le chinois de ce temps diffère du chinois d'aujourd'hui à un degré que les savants de nos jours s'efforcent de déterminer d'une façon exacte. Ce qui peut servir à donner la mesure du changement dont elle est susceptible c'est la diversité des dialectes qui en sont issus, à tel point qu'à tous les cent milles, le long de la côte sud, on trouve de nouvelles manières de parler le chinois, qui sont presque inintelligibles pour les habitants des districts voisins. La langue^ littéraire écrite est une, mais la langue littéraire parlée est,' aussi, quelque peu divergente dans les différentes parties de Tempire. On dit que quelques-uns des dialectes de la langue

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