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LANGUES DU SUD DE L'AFRIQUE

blement point jusqu'à ce qu'on ait deviné l'énigme de sa structure phonétique.

Les linguistes qui étudient les langues de l'Afrique en trouvent beaucoup qui se rapportent à la langue égyptienne et composent avec elle la famille hamitique. Il y a le libyen ou berbère du nord africain, et un groupe considérable d'autres langues au sud de l'Egypte, parmi lesquelles on distingue le galla, et qu'on appelle éthiopiennes, qui sont dans ce cas.

La péninsule méridionale de l'Afrique est occupée par les diverses branches d'une seule famille distincte qu'on appelle la famille bantou, chuana, zingienne et à laquelle le nom de sud-africain convient mieux. Elle n'a ni culture ni littérature, excepté celle que lui ont donnée les missionnaires chrétiens dans ces derniers temps. Elle est caractérisée par Tusage très-étendu des préfixes, un mot sans préfixe formatif y étant presque aussi inconnu que, dans la période synthétique indo-européenne, un mot sans suffixe formatif. Divers préfixes distinguent diverses classes de noms et le nombre dans ces classes; ainsi, par exemple en zoulou, um-fana signifie garçon ;aha'fana, garçons au pluriel; in-komo^ vache; izin-komo, plusieurs vaches ; ili-zwe veut dire pays et amazwe, plusieurs pays. Puis, dans les membres de phrases où ces mots entrent comme élément principal et où les autres mots ont la valeur d'adjectifs, de possessifs, de verbes, ils prennent des parties de ces préfixes dans leur structure, comme, dans : àba-fana h-ami aha-kulu ha tanda^ mes grands garçons j ils aiment; mais izin-komo z-ami izinkûluj zi tanda, mes grandes vaches ils aiment. C'est l'inversion grecque et latine ; c'est un rapport alUtératif au lieu d'un rapport concordant. Les modes et les temps des verbes sont en partie indiqués par des suffixes, ainsi que des distinctions de conjugaisons analogues à celles qui se trouvent dans les langues scythiques et sémitiques. Ainsi, de hona^ voir^ provient honisa, montrer; honana^ se voir Vun Vautre; bouisana, se montrer Vun à Vautre^ et ainsi de suite. Les relations de cas sont marquées par des prépositions préfixées. La langue sud-africaine n'est donc point dépourvue de moyens de faire des distinctions formelles suffisamment variées. Les dialectes qui confinent aux dialectes hottentots

ont dans leurs alphabets des sons particuliers appelés clicks, formés par la brusque séparation de la langue et du palais avec succion.

Les clicks sont un trait marqué des Hottentots et il semble qu'ils aient été introduits par eux dans la langue sud-africaine peut-être avec le mélange du sang. Il n'y a aucune parenté entre les deux familles, pas plus probablement qu'entre le Hottentot et le Boschiman. La langue de ce dernier est l'objet d'une investigation scientifique qui est à son début (Bleek) ; l'autre, celle des Hottentots, est supposée, particulièrement à cause de la distinction qu'elle fait du genre, être une branche de la famille hamitique qui s'est égarée au loin vers le sud et qui s'y est beaucoup dégradée. Mais cette parenté n'est pas généralement acceptée.

Entre le sud de TAfrique et le territoire hamitique s'étend, dans une vaste zone du continent africain, une masse de dialectes hétérogènes, dont la classification est une affaire fort difficile et sur laquelle les investigateurs ne sont pas d'accord. Ils sont trop peu connus et trop peu importants pour que nous nous y arrêtions. La région est celle du nègre typique ; cependant, on y trouve des races de couleur moins foncée. La variété de types physiques entre les races de l'Afrique centrale, que nous confondons toutes en une seule, est très-grande.

Avant de quitter le continent oriental, il faut revenir en Europe pour dire un mot ou deux d'une langue que nous n'avons pas encore trouvé Toccasion de mentionner, la langue basque. Le basque est parlé en trois dialectes principaux et en plusieurs autres moins importants dans un district montagneux à Tangle de la baie de Biscaye, situé à cheval sur la frontière de France et d'Espagne, mais surtout du côté de cette dernière. On croit qu'il représente dans les temps modernes l'ancien ibérien et qu'il a appartenu à la vieille population de la péninsule, celle qui a précédé l'invasion des Celtes Indo-Européens. Des indications tirées de la nomenclature locale, montrent que cette population s'étendait sur une partie du midi de la France. Le basque est donc peut-être le dernier témoin d'une civilisation^ de l'Ouest de l'Europe, détruite par les tribus envahissantes de la famille

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