CHAPITRE TROISIÈME
LES FOKCES CONSEItVATniCES ET MODIFICATRICES DU LANGAGE.
Aulre aspect de la vie du langage; développement et changement; quofltiori du mode et de la cause. — Exemples tirés du plus vieil anglais ou anglo-saxon ; exposition de ses différences avec l'anglai» moderne ; difTérences de prononciation ; abréviations et exten- MîortM ; changf'ments de signification ; de phraséologie et de constructions. — Classiflcation des changements linguistiques.
Noua avons vu dans le chapitre précédent que l'individu apprend ea langue en recevant les signes articulés dont elle HO compose de ceux qui l'entourent et en formulant ses conceptions d'une manière concordante avec ces signes. C'est par là que les langues subsistent. Si ce procédé de transrnission prenait fln, les langues disparaîtraient.
Mais ce n'est là qu'un des côtés de la vie du langage. S'il n'y en avait point d'autres, chaque dialecte parlé demeurerait ('îternoUemcnt le môme. Chacune des deux influences qui H'bxorcent sur les langues se maintient à peu pi'ès la môme. C'est ce (lui conserve le caractère d'identité générale du discours aussi longtemps que la société à laquelle ce discours appartient conserve elle-même son identité , abstraction faite des grandes révolutions politiques qui conduisent quelquefois un peuple entier à adopter la langue d'un autre peuple. Ceci est la grande force de conservation qui se montre dans l'histoire des langues. Si aucune force contraire n'intervenait, les hommes continueraient jusqu'à la dernière génération à parler exactement de la même manière.