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EXTÉRIEURE DES MOTS

Rapport du mot avec le concept qu'il exprime, considéré comme étant la condition de l'indépendance des deux termes, et comme rendant possibles les changements de forme et de sens. — Tendance à la v commodité ou à l'économie de moyens dans les changements de forme. — Abréviations de mots : exemples; part qu'a cette tendance à la formation des mots ; suppression des terminaisons . — Substitution d'un son à un autre; exemples de changements de voyelles et de consonnes ; la loi de Grimm ; causes cachées des..aUé- JCatioûâ^hoDÊliques; procédés de prononciation; système physique ou naturel d'alphabet parlé ; ses séries et ses classes ; distinctions des voyelles et des consonnes ; caractère syllabique ou articulé du langage humain. — Tendances générales des changements phonétiques. Limites des explications phonétiques. — Changements de forme au moyen de l'extension d'une analogie dominante.

Nous avons dans ce chapitre à examiner et à éclaircir par des exemples la première division de la première classe de changements linguistiques, celle qui contient les modifications des sons articulés. Mais il sera bon de commencer par nous fixer de nouveau sur certains principes généraux (auxquels nous avons fait allusion dans le chapitre deuxième) qui sont d'une importance fondamentale, parce qu'ils servent de base à toutes les modifications verbales, soit celles de la forme, soit celles du sens. Nous atteindrons mieux notre but en soumettant à la discussion un exemple typique.

Prenons un mot familier qui se trouve dans la plupart des langues européennes modernes et dont Thistoire est bien connue, le mot hishop (évêque). Tout le monde sait qu'il dé-

rive du mot grec l7ci(Txoiro; (épiskopos). Celui-ci était un dérivé de la racine skep (voir, regarder), avec le préfixe épi (à); et ainsi, sa signification première est simplement inspecteur, surveillant; dans la première période ou période de formation de l'Église chrétienne, on le choisit comme la désignation officielle de la personne à qui était dévolue la surveillance des affaires d'une petite communauté chrétienne, et le mot et Toffice sont encore tous deux reconnaissablés dans le mot hishop et dans son acception. Mais on a raccourci le mot en supprimant la première et la dernière syllabe, et Ton a modifié la plupart de ses sons constituants. On a changé le premier j9 en un son très -rapproché h et le sk, qui est un son sifflant suivi d'un son muet prononcé du palais, a été, pour ainsi dire, fondu en un son tout à fait palatal ^/i, son simple, quoiqu'il soit écrit avec deux signes, précisément à cause qu'il est dérivé de deux sons qui ont été fusionnés en un seul ; et le son o de la seconde syllabe a été rendu neutre et transformé en celui qu'on appelle communément en anglais Vu court; de tous ces changements est résulté le mot actuel, avec deux syllabes au heu de quatre, et cinq sons au lieu de neuf, et, parmi ces cinq, il n'y en a que deux qui fissent originairement partie de ce mot. L'allemand dans son hischofa. altéré môme le p final. Le français a formé, avec les mêmes éléments, un composé fort difl'érent en apparence, évêquey lequel ne contient pas un seul des sons qu'on trouve dans le mot allemand , ni dans le mot anglais. Il procède, par un autre chemin, d'évesc, substitué à épisk. L'espagnol dit ohispo , et cette transformation est venue également par une autre voie. Le portugais raccourcit encore le mot et dit hispo. Enfin, le danois arrive au dernier degré •de la contraction dans le nom monosyllabique hisp. Pendant •que ces changements s'effectuaient dans la forme, d'autres, non moins considérables, se produisaient dans la signification. L'officier qui n'était, lorsque le nom lui fut donné, qu'un simple surveillant des intérêts d'une petite société de prosélytes timides appartenant à une rehgion proscrite, de futurs martyrs, avait grandi en dignité et en puissance, au fur et à mesure que cette religion s'élevait à l'importance et, plus tard, à la prééminence dans l'État ; il était devenu un

prélat consacré, investi de l'autorité spirituelle et temporelle dans des provinces entières; une espèce de prince ecclésiastique, quoiqu'il conservât toujours le même titre.

L'histoire de ce mot, choisi comme exemple, nous enseigne beaucoup de choses, que des inductions basées sur d'innombrables faits du même genre ne pourraient que confirmer.

En premier lieu, le mot prend sa source dans un besoin qui se produit à une époque et dans des circonstances particulières de la vie de Thumanité. Une nouvelle religion est née; il lui faut une organisation, et des noms pour désigner les officiers qui forment le cadre de cette organisation. Comme toujours, ils sont aisément trouvés. Ce n est pas seulement le mot évéque, mais les mots prêtres, diacres, et ainsi de suite. Des mots en réalité existaient déjà, et ils étaient tout prêts, de même que ceux auxquels ils devaient être appliqués, pour la spécialisation ; leur destinée future dépendait de celle du système auquel ils allaient être attachés.

Le nom d'évêque n'exprimait pas d'une manière complète et claire les attributions de celui qui le portait. Regarder, surveiller, n'était pas tout ce que Ton attendait de la personne élue ; le mot ne fait qu'indiquer très- légèrement les devoirs de sa charge. Mais si imparfait qu'il soit au point de vue descriptif, il suffit comme désignation. Pour être descriptif, il eût fallu qu'il fût extrêmement long et, de plus, variable, selon les temps et les lieux. Le titre tel qu'il était, suffisait, dans toutes les circonstances , à évoquer l'idée à laquelle il correspondait.

} La conservation du titre n'était donc point le résultat de la continuité du rapport entre sa signification originelle et la charge à laquelle il s'appliquait. On ne tenait même plus aucun compte de ce qui avait été son appropriation étymologique. Il avait passé, en même temps que Tinstitution à laquelle il avait été affecté, dans la mémoire et Thabitude de vastes sociétés qui ne parlaient point le grec et n'avaient aucune notion de son sens premier; il remplissait sa destination dans ces sociétés tout aussi bien que si son histoire eût été connue d'elles. Du moment qu'il devenait le signe accepté d'une certaine chose, il se séparait de ses origines et poursuivait une carrière distincte. U était devenu ce

qu'il a toujours continué, depuis, à être, un signe conven-' tionnel, un signe variable, s'appliquant à un concept variable aussi.

Dans ce fait fondamental que le signe articulé était un j signe conventionnel et qu'il n'était lié au concept que ' par le lien d'une association mentale, se trouve la raison / qui rend possibles ses changements de forme et ses chanl^gements de sens. Si le lien était naturel, interne^écessaire, il s'ensuivrait que toiir'changement dans le concept, produirait un changement analogue dans le signe. Or,"^ dans le cas qui nous occupe, l'idée a grandi pendant que le mot s'est contracté et a été réd^uit partout à n'être plus qu'un fragment de lui-môme. La seule tendance que nous f remarquions dans ses modifications est une tendance à Té- ', ^onomie de moyens, à la commodité de prononciation. Il a été refondu pour la plus grande facilité de ceux qui avaient à Tarticuler. Dans les formes qu'il a prises, nous pouvons indiquer clairement quelle a été la part des habitudes nationales. Les races germaniques accentuent surtout la première syllabe de leurs mots. Elles ont donc retenu l'ancienne syllabe accentuée et supprimé celle qui la précédait. Les Français accentuent la syllabe finale (à la manière latine); en conséquence, ils négligent le pisk accentué et gardent la syllabe initiale que les autres peuples ont rejetée. Toutes les autres altérations de formes que le mot a subies, peuvent être comparées à des classes entières d'altérations semblables de mots dans la même langue; altérations faites pour la commodité de ceux qui parlent.

En traitant séparément le double sujet des modifications de formes et des modifications de sens dans les mots, nous ne créons point une division artificielle et ne faisons que reconnaître des distinctions naturelles. Un mot peut chan-'l ger plus ou moins de forme, sans changer de sens ; il peut ( changer complètement de sens, sans changer de forme. En ^ fait, il y a fort peu de mots, et peut-être aucun qui n'ait subi les deux espèces de changements; quand nous choisirons des exemples des uns, il se trouvera que les mêmes mots fourniront, en même temps, des exemples des autres. Chacun des matériaux du langage montre, plus ou moins,

tous les procédés du développement des langues; mais il ne sera point difficile de diriger notre attention d'une façon spéciale, d'abord sur Tun, et ensuite sur Tautre.

En ce qui touche au changement de forme, nous devons reconnaître, comme étant la grande tendance cachée sous un nombre infini de faits eji a^p^ujençe hétérogènes, la disposition à se défaire de toutes les parties des mots qui peu- «N vent être élaguées sans que cela nuise au sens, et à disposer l les parties restantes de la façon la plus commode à celui qui parle, la plus conforme à ses habitudes et à ses préférences. La science linguistique ne saurait mettre en lumière une loi plus fondamentale que celle-ci et d'une aussi grande importance. C'est là le grand courant qui parcourt le langage universel et qui en remue tous les éléments dans une direction donnée , quoique , de même que tout autre courant, il ait ses remous dans lesquels on croit voir de petits courants contraires. C'est par un effet de la même tendance que les hommes sont conduits à se servir, en écrivant, de signes abréviatifs et à prendre la traverse au lieu ^ de suivre la grande route pour s'exprimer. Il n'y a aucun \ mal à cela, à moins, toutefois, qu'on ne perde plus qu'on ne '^ gagne par ces tentatives d'économie. En ce cas, cela devient de la paresse plutôt que de l'économie. Les effets de cette tendance, manifestés dans le langage, sont de deux ^^ sortes: l'économie véritable et la prodigalité paresseuse; car elle agit sans réflexion et arrive aux résultats sans les prévoir. Le caractère de la tendance est très-reconnaissable dans les abréviations de mots. Il n'est, évidemment, pas besoin d'autre chose, pour expliquer la contraction graduelle de la. forme qui s'est produite dans toutes les langues. Nous avons remarqué plus haut (page 31) de nombreux exemples d'abréviations faites par les Anglais dans le passage que nous avons cité : le plus frappant est celui de knights (qui se prononce naïts) à la place de cnihtaSy dans lequel nous voyons la suppression de deux éléments du mot, et le mot tout entier réduit à l'articulation d'une seule syllabe. Il est très-facile de voir que cela tend à la simplification de l'effort, et nous pouvons, en effet, nous rendre compte en prononçant le dernier mot cnihias de la difficulté qu'il y a à articu-

1er un k devant un n. La classe de mots dans laquelle la suppression de cette difficulté a eu lieu chez les Anglais est très- nombreuse; exemples knife (couteau), knit (noué), gnaw (ronger), gnarled (noueux). Le ch allemand (dans ich, etc.), provenant de Vh de cni/it, issu lui-même par changement phonétique d'un k primitif, est un son qui déplaît au gosier anglais et que celui-ci a refusé de prononcer plus longtemps. Quelquefois, il Ta supprimé tout à fait (et, par compensation, ila allongé la voyellequi le suit en un son ouvert comme dans le mot knight — naît — ); quelquefois, il Ta changé en /", comme dans draught {iraxi) et dans laugh{vive). Cependant, il se présente dans ongunnon, remplacé par hegun {commencèrent), dans pluccian, remplacé par pluck (ramasser) et dans etan, remplacé par eat (manger), des exemples d'un genre de déperdition qui est bien voisin de la prodigalité ; car la syllabe finale qui a été supprimée était précisément celle qui donnait au mot sa forme grammaticale et indiquait, ici le pluriel, et là l'infinitif. Si regrettables que soient ces suppressions, elles marquent toute l'histoire de la langue anglaise et des langues de la même famille; on a perdu, par là, des distinctions grammaticales, en même temps qu'on en perdait les signes distinctifs, et cela aux dépens de la clarté du langage. Pour en donner un exemple, nous allons suivre un moment Thistoire de la syllabe, o?i, la terminaison supprimée de ongunnon. Dans sa forme première, ou du moins la première que nous connaissions, c'était le antt, débris, probablement, de quelque pronom ou de plusieurs pronoms qui marquait la troisième personne du pluriel dans toutes les inflexions verbales. Dans le latin, le anti devient le unt, encore très-reconnaissable. Dans le vieux germanique (le mœso-gothique), il forme and, au présent, et se contracte déjà en un^ au prétérit. La terminaison correspondante à la première personne du pluriel était masi, dérivé probablement aussi d'un pronom; masi, après avoir passé par plusieurs formes intermédiaires, comme le sanscrit, masy le grec (dorien) (i.eç, le latin, mus, le slave, mû, est devenu, en langue gothique, am au présent et m m au parfait. Dans l'allemand, nous trouvons seulement en, qui sert à la fois à la première et à la troisième personne, la légère

différence entre um et un ayant été effacée; mais la seconde personneyprendleet, àladifférencedesdeuxautres.DansTanglo-saxon, cette différence s* efface encore, et il ne reste plus que la terminaison générale on, séparant le pluriel du singulier dans les trois personnes; enfin, l'anglais moderne a effacé jusqu'àcederniervestiged'un ancien système plus compliqué.

Un autre exemple des premiers effets de la même tendance, dans notre passage, est fôr, remplacé par fared (entra), dont la brièveté, comme celle des monosyllabes anglais en général, est le résultat d'une longue suite d'abréviations. Sa plus ancienne forme connue est papâra ; mais cette forme elle-même révèle la suppression d'une terminaison personnelle, ti, qu'elle devait avoir au commencement, et dont nous voyons encore la trace dans le t du temps présent dans l'allemand fàhrt, et dans le th ou Vs de la forme anglaise fareth ou fares.

Nous avons remarqué précédemment (page 34) que dans le lice de sothlice, nous avons un exemple de la forme affectée à un adjectif composé, forme qui, plus tard, est devenue le ly, au moyen duquel la langue anglaise fait les adjectifs et qui est, dans cette langue, un suffixe adverbial. Voici un autre effet de cette tendance à l'abréviation ; son secours est essentiel pour la conversion de ce qui était d'abord un mot indépendant en un affixe, ou appendice indiquant la relation. Tant que le mot combiné avec un autre conserve sa première forme, de cette combinaison naît un mot composé; mais, quand, par un changement phonétique, son origine et son identité avec le mot indépendant qui continue à subsister se trouvent cachées , le mot composé devient plutôt un mot dérivé. C'est l'abréviation phonétique qui a fait la différence entre godly (pieux), mot composé qui contient un élément radical et un élément formatif, et godlike (divin), qui est simplement un composé. De même, en allemand, le suffixe adjectif lich est devenu distinct de gleich (qui a, outre cela, un préfixe); et, dans cette langue, gœttlich et gœttergleich subsistent de même, à côté l'un de l'autre, l'un, comme dérivé, l'autre, comme composé. A. une période ancienne de la langue germanique, la même influence conduisit à donner au composé liyngre-dide-hunger-didlsi forme grammati-

cale de hyngre-de^ hunger-ed (affamé) ; et, à une époque beaucoup plus ancienne, elle avait converti certains éléments pronominaux en ces terminaisons personnelles anti, masi et ti, dont il a été parlé plus haut.

Ainsi, la tendance à Téconomie de moyens, a une double action, l'une destructrice, l'autre créatrice. Elle commence par produire les formes que, plus tard, elle mutile et détruit. Sans elle, les mots composés et les phrases agrégées resteraient éternellement les mêmes. Son effet est surtout de subordonner dans la forme ce qui est subordonné dans le fond, d'unifier, de serrer les parties intégrantes, de déguiser enfin la dérivation des signes linguistiques, en les réduisant à la pure condition de signes, et de signes commodes. Nous reviendrons sur ce sujet en examinant (dans le chapitre septième) la troisième classe de modifications linguistiques, la production de mots nouveaux et de formes nouvelles.

Mais, tandis que la tendance est la même partout, la manière dont elle se manifeste par Tabréviation est trèsvariée, et pour comprendre cette variété, il faut connaître les habitudes de la langue à laquelle chaque manière appartient. Les langues germaniques sont toutes caractérisées par un accent assez fort mis, en général, sur la première syllabe ou syllabe radicale des mots dérivés ou inflexionnels et sur le premier membre des composés. Ce mode d'accentuation est lui-même un exemple de changement phonétique, car il n'appartient à aucune des langues parentes des langues germaniques, pas même aux langues slaves, qui sont généralement regardées comme celles qui s'en rapprochent le plus. Le résultatde ce fait a été que, aune époque plus récente, chacune des langues germaniques a, par un procédé indépendant, perdu la voyelle distinctive de la syllabe terminale ou du suffixe dans les inflexions et les dérivations, laquelle a été remplacée par le son neutre de Ve : ce changement a eu lieu, par exemple, à Tépoque de transition du vieil allemand au moyen haut allemand, et à celle de l'anglosaxon au vieil anglais. On lui doit aussi (quoique la volonté réfléchie y ait eu part) l'abandon des terminaisons auxquelles ces langues étaient sujettes, qui est surtout visible dans la langue anglaise. Dans la langue française, Ihis-

loire du changement est quelque peu différente : on n'a pas, généralement, transporté Taccént latin d'une syllabe à une autre ; mais on a abrégé, ou supprimé, tout ce qui dans le latin suit la syllabe accentuée, laquelle est devenue la syllabe terminale (en ne tenant point compte de Te muet) de tout mot français régulier : ainsi, dans peuple (de populum\ dans faire (de facere)^ dans prendre (de prehendere)^ dans été (de œtatem et de statum). Ce dernier exemple — été (de statum) appelle notre attention sur une classe de changements, qui, par un tour curieux, finissent par Textension de la forme syllabique des mots. Pour les peuples gaulois qui adoptèrent la langue latine, la prononciation de ïs, devant une consonne muette — k^t^oup — était une difficulté qu'il fallait éviter : de même que, pour les Anglais, plus tard, la prononciation du g ou du fe devant Vn (gnaw, knife, etc.). Mais au lieu de supprimer la lettre incommode, ils la firent précéder d'une voyelle, afin de la rendre d'une articulation moins difficile, et il en est résulté des mots comme escape (en latin scapiis), esprit (spiritiis)^ estomac {stomachus), et alors, par une abréviation très-commune, le son sibilant a été supprimé, et il s'est formé un grand nombre de mots comme école (schola), époux (sponsus), étude {studium)^ qui subsistent dans le vocabulaire français. Une autre conséquence de la même différence d'accentuation, c'est la mutilation plus marquée de la partie radicale du mot dans les langues romanes (surtout la langue française) que dans les langues germaniques ; et plusieurs de ses résultats ont passé dans la langue anglaise : ainsi preach (en français prêcher)^ de prœdicare, cost (en français coûter), de coiistarSy count (en français compter) de computare, hlàme (en français blâmer), du latin hlasphemare et du grec pXadcprjtxetv. Des mots cependant, comme suchUel,etwhich,que{ending\o-saxoïi stvylc et hwylc, en écossais, whilk, en allemand solch et welch\ lesquels viennent de so-like et wlio-like^ montrent clairement que la fusion qui fait disparaître les deux membres distincts d'un mot composé ne se trouve pas exclusivement dans la partie de la langue anglaise qui est empruntée au français. Un des résultats les plus visibles de ces procédés, c'est la présence d'un grand nombre de lettres muettes dans la forme

écrite de langues comme l'anglais et le français, dans lesquelles l'omission de sons autrefois articulés a continué pendant Ja période de l'écriture. Ces lettres sont des souvenirs de modes d'articulation qui prévalaient d'abord.

Ceci doitsuffire comme exemple delà tendance à la commodité qui se manifeste par Fabréviation. Mais l'autre mode d'action, consistant à altérer les éléments conservés des mots, la substitution d'un son à un autre, est aussi répandu et beaucoup plus compliqué et difficile. Nous en avons déjà donné des exemples : le mot contracté, piskop, a été prononcé hishop ; et nous avons passé en revue (page 30) quelquesunes des principales différences qui séparent la manière anglaise de prononcer la voyelle de la manière anglo-saxonne. La liaison du système des voyelles dans la langue anglaise est détruite par ces changements, dont l'effet envahissant se montre dans les noms étranges, que Ton donne, en cette langue, aux sons-voyelles. La véritable manière, la manière originelle, de prononcer l'a était celle qu'on emploie dans les mots far {\oin) , father (père) : celle qu'on appelle a long comme datis fate (sort) est en réalité un e long, le son qui se rapproche le plus de Ve court de met (rencontré) auquel on continue à donner son véritable nom, parce qu'on n'en a point généralement changé le son ancien ; l'a court de fat (gras) est un son nouveau, intermédiaire entre l'a de far et l'a de fate, et Ton n'a point de lettre pour le représenter. De même,rfî long de tnefe (mesurer) est réellement un t long; et ce que les Anglais appellent un i long comme dans pine (consumer) est une diphthongue aï. D'un autre côté, Vu long de pure (pur)n'est pas même une diphthongue, mais unesyllabe, yu, composée d'une demi-voyelle et d'une voyelle, et l'o court de not (pas), et Vu court de but (mais), sont des sons nouveaux qui n'ont rien de commun avec Vo long et Vu long et qui, par conséquent, n'ont point, par droit de naissance, de signes représentatifs dans notre alphabet. C'est comme si nous voulions appeler nos ormes de grands lilas, ou nos rosiers de petits érables. Que les voyelles écrites aient, en anglais, de trois à neuf valeurs différentes chacune, cela est dû à ce fait que les Anglais ont changé en autant de manières différentes les sons doubles, pendant la durée de la période his-

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torique. Des changements antérieurs avaient déjà eu lieu. Ces espèces de changements ont été plus nombreux dans la langue anglaise que dans aucune autre langue connue; mais leurs résultats se rencontrent fréquemment dans toutes les langues : le français, par exemple, a donné au vieil u latin un son mixte entre i et u {Vu allemand) et a converti la vieille diphlhongue ou en un son semblable à Yoo anglais (un fait analogue sur les deux points s'était produit dans le grec ancien) ; il a pris un goût singulier pour le son diphthongal oi (qui ressemble à peu près au wa de was chez les Anglais) et il le substitue à toutes sortes de sons anciens, comme dans moi, pour me, dans crois^ pour credo, dans mois, pour mensis, dans quoi, pour quid, dans foi, pour fides, dans loi, pour legem, dans noir^ pour nigrum, dans noix, pour nucem, et ainsi de suite

Les voyelles sont beaucoup plus sujettes à des altérations en masse que les consonnes, et, dans notre passage -type, les indications de changements dans les consonnes sont assez rares. Cependant, ofer a été changé en over par la transformation d'un son sourd en un son analogue, phénomène très-commun dans le langage, et la même chose a eu lieu pour Vs finale de his et d^œceras, qui est devenu à la prononciation un z, sans changer de forme écrite. Mais, si nous regardons plus loin dans les langues parentes de la langue anglaise, nous y trouverons les marques de nombreuses mutations de consonnes. Dœg est en allemand tag, avec un t à la place d'un d, et hyngrede est hungerte ; et si nous parcourions le vocabulaire entier des deux langues, nous trouverions que c'est là leur relation la plus commune et serions conduits à poser en « loi » que le d anglais et le t allemand se correspondent Fun à Tautre. De plus, etan est essen, en allemand, avec le son s à la place du son t, et cela, aussi, est une relation constante; il n'en est pas autrement avec thâ, qui est le die allemand, avec un d à la place d'un th. Mais etan et essen répondent au latin edere , au grec e8w, au sanscrit ad; et thâ et die sont les deux formes régulières germaniques de là vieille racine pronominale ta (en grec, To, etc., en sanscrit, tad, etc.); c'est là encore un fait général, de façon que les gens qui s'occupent de grammaire

comparée ont été amenés à poser en principe que le son t . qui se trouve dans la plupart des langues de même famille que la langue anglaise est régulièrement un ih dans une partie des dialectes germaniques et un d dans les autres ; que le d se prononce dans les uns comme t, dans les autres comme s, et qu'une diphthongue aspirée en grec et en sanscrit ih ou dh correspond au d anglais et au i allemand. C'est là la fameuse loi de Grimm^ celle de la permutation ou rotation des sons muets dans la langue germanique. Ce n'est qu'un exemple et certainement un exemple frappant de ce qui arrive universellement dans les langues qui ont des rapports entre elles : leurs sons, dans les mots correspondants, ne sont pas toujours les mêmes ; ils sont au contraire divers, mais divers en vertu d'une différence constante ; il y a entre eux une relation qui n'est pas un rapport d'identité. Il s'ensuit que lorsqu'on compare deux langues entre elles, le premier point sur lequel il faut se fixer est celui-ci : ce qui est dans l'une, voyelle ou consonne, est voyelle ou consonne dans l'autre. Cet état de choses n'est que le résultat de ce fait, déjà remarqué, que le mode de prononciation d'une langue est perpétuellement en voie de changement : changement plus ou moins important, plus ou moins général, mais continu ; et que deux langues ne changent pas précisément de la même manière. En présence du phénomène que nous avons montré, le linguiste doit d'abord se demander lequel (s'il y en a un) des -sons, t, d, th, dh^ est, dans un cas donné, le son original, par quelles altérations successives chacun des résultats divers a été obtenu, et (s'il le peut) quelle est la cause qui a présidé à cette série d'altérations.

r" Si hétérogènes que les faits puissent paraître à la première vue, le linguiste s'aperçoit bien vite qu'ils ne sont point des résultats confus de changements accidentels; ils sont soumis à des règles, à une marche, à une loi, un son se transforme en un autre qui lui est physiquement analogue, c'est-à-dire qui est produit par les mêmes organes et d'une manière à peu près semblable ; et le mouvement de transition suit une direction générale, est soumis à une cause spécifique. Ceci a engagé ceux qui étudient les langues à analyser à fond les procédés

^de l'articulation, comme étant une partie d e la Unguistique,

tf^^50 LA CROISSANCE DU LANGAGE

et tels sont Tintérêt et Timportance de cette analyse que nous -^ ne pouvous éviter de nous y arrêter un peu : pas assez longtemps, sans doute, pour en pénétrer les profondeurs, mais assez pour acquérir une idée de notr e alphabet par lé., comme ^tant un système régulierjle sons, et des degrés de relations ^ qui les lient et qui aident à déterminer entre eux les transitions. Les organes au moyen desquels sont produits les sons alphabétiques sont les poumons, le larynx et les parties de la bouche qui suivent le larynx. Les poumons sont, pour ainsi dire, les soufflets de l'orgue ; ils font passer un courant d'air par la bouche, plus ou moins rapide, plus ou moins fort, selon le besoin de celui qui parle. Le larynx est une espèce de boîte placée à l'extrémité supérieure du tuyau à vent et qui contient l'équivalent de la languette dans le tuyau d'orgue, avec l'appareil musculaire nécessaire à son fonctionnement. Des deux côtés de la boîte, s'avancent deux demi-valvules dont les bords membraneux — les cordes vocales — sont susceptibles de se rapprocher au milieu du passage et de se tendre, de façon à ce que le courant d'air qui passe les mette en vibration, et c est cette vibration qui, communiquée à l'air, arrive à nos oreilles comme sons. Dans la respiration ordinaire, les valvules sont rétractées et distendues, laissant un vide large et à peu près triangulaire entre elles pour le passage de l'air. Ainsi, le larynx donne les éléments du ton, avec ses variétés de grave et d'aigu, et son importance dans le langage peut être appréciée par ceux qui ont entendu la machine automatique parlante, avec sa terrible monotonie. Au-dessus de l'appareil vibrant du larynx, est placée, comme une boîte sonore, la cavité du pharynx, avec celle de la bouche et celle du conduit nasal ; et les mouvements volontaires de la gorge et des organes de la bouche modifient tellement la forme et la dimension de cette boîte, qu'ils donnent au son produit les variétés de caractère et de nature qui font les sons de notre alphabet parlé. Donc, pour définir brièvement ce que c'est que voix, on peut dire que c'est le produit audible d'une colonne d'air émise par les poumons, rendue sonore, à différents degrés, par le larynx, et individualisée par les organes de la bouche.

La description détaillée de l'appareil vocal, des mouve-

ments des muscles, des cartilages, des membranes qui causent et modifient les vibrations, appartient à la physiologie. Déterminer la forme et la composition des vibrationsde l'air qui affectent l'oreille de diverses manières estraffaire do 1^ CQustiqu e. Ce qui, en matière phonétique , revient de droit au J — • linguiste, ce sont les changements volontaires de position ] des organes de la bouche, etc., changements qui font la variété des sons. Ceux-ci sont tantôt faciles et tantôt difficiles à reconnaître; mais les points principaux, qui sont à peu près les seuls qu'il nous importe ici de remarquer, peuvent être saisis par tout le monde à Taide d'une observation qui s'applique à soi-même. Et nul ne peut devenir compétent dans les sujets phonétiques, s'il ne s'est attaché ^ suivre et à comprendre les mouvements qu'il exécute luimême en parlant, et s'il ne peut former de SQn^alphabet parlé

\\m tableau systématique et suivi. Nous essaierons d'en tracer un ici, contenant les sons ordinaires de Talphabet anglais.

Tout système alphabétique doit avoir pour point de départ l'a tel qu'il se prononce dans far et dans father ; car c] ce son est letonfondamentalde la yoix^.h\aiïl^ le produit le pliïs pur des poumons et de la gorge; si nous ouvrons la bouche et le gosier le plus que nous pouvons, en écartant du passage de l'air tout ce qui pourrait en modifier le courant, a est le son qui se fait entendre. En rétrécissant, plus ou moins , la cavité orale , le son est plus ou moins modifié.

' La modification la moins sensible, celle qui tout en altérant la qualité du ton en laisse subsister l'élément prédominant, donne naissance aux sons que nous nommons voyelles. Mais la cavité orale peut être rétrécie de telle sorte, sur un point ou sur un autre, que cela donne naissance à un son d'un caractère très-différent, le son d'une consonne, produit de la friction. Le rétrécissement de la cavité peut être plus grand encore ; elle peut être entièrement) fermée, l'élément de la forme, c'est-à-dire la modification orale, peut prévaloir complètement sur l'élément matériel du ton : en ce cas, le son produit n'est audible qu'au moment où le contact cesse, et c'est là ce que nous nommons un son muet. Ces détails sommaires nous donnent le plan sur lequel un système alphabétique peut être établi. Il s'étend de l'a ouvert

de far^ aux sons muets complètement fermés ; ce sont là ses limites naturelles et nécessaires ; et ce sont les degrés intermédiaires entre le son le plus ouvert et le son le plus fermé qui peuvent être divisés en classes. Théoriquement , un nombre infini de sons plus ou moins muets peuvent être produits par le rapprochement des organes, depuis le bord des lèvres jusqu'au fond de la gorge; mais, dans le fait, on n'en trouve guère que trois : un, formé par le rapprochement des lèvres, qui donne le p ; un, formé par le rapprochement du fond du palais et de la partie supérieure de la langue près de la racine, qui donne k ; et un, intermédiaire entre les deux autres, formé parle rapprochement de la pointe de la langue et de la partie antérieure du palais, près des dents incisives, qui donne t. Les deux derniers s'appellent son guttural et son dental. Ce sont là les seuls sons muets fermés que Ton trouve dans les langues française, anglaise et allemande, et même dans la grande majorité de toutes les langues humaines. Ils naissent dans trois régions distinctes de la cavité orale : la région antérieure, la région postérieure et la région intermédiaire. La même tendance à une triple classification fondée sur la même base, existe dans les autres sons, de façon qu'ils s'arrangent naturellement euxmêmes sur l'échelle des sons ouverts aux sons fermés, depuis Va ouvert de far^ jusqu'aux p, t Qik fermés. Ce fait fournit le second élément nécessaire pour convertir la masse des sons articulés en un système ordonné. Nous donnons * ci- dessous l'alphabet anglais arrangé sur ce plan et nous continuerons à l'étudier plus en détail.

p !t n \ Voyelles.

Sonores../ ,. ^ ^„

y r l w ' Semi-voyelles.

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Sourdes, /i Aspirés. ]| g Ig

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Souide. sh s (Sifflantes fô^^\g

Sonore dh v

Sourde th f \ Soufflantes

Sonore. g d ai..

Sourde. k t p jMuetes.

palatales. linguales. labiales.

O CQ

Avec k, ty p, viennent leurs analogues g, d^h. Ces sons forment la c ontre-par tie des premiers. Dans ceux-ci, il n'y a point d'articulation saisissable pour l'oreille pendant que la langue et le palais sont en contact ; c'est l'opposé le plus complet de Va, Le son se produit ensuite comme par explosion. Dans les derniers, il existe, même pendant le contact, une vibration des cordes vocales, un passage suffisant pour que sdit mis en vibration l'air qui est chassé des poumons dans la boîte réceptable du pharynx et de la bouche ; c'est là ce qui donne lieu à la distinction fondamentale des sons sourds et des sons sonores; les autres faits suivent, comme des conséquences. Les noms de sons forts et de sons faibles, de sons durs et de sons doux, de sons aigus et de sons graves, et ainsi de suite, fondés (plus ou moins faussement] sur ces caractères subordonnés, doivent être rejetés. La différence entre pa et ha consiste en ce que l'articulation sonore commence dans le premier au moment où le contact cesse et, dans le second, un peu avant; dans ahj la sonorité persiste un peu après ; dans aha^ elle est ininterrompue et continue ; il en est de même de d et de gr.

Mais il y a un troisième produit des trois positions des organes buccaux qui donnent les sons muets. En abaissant le voile du palais qui ordinairement clôt le passage entre le pharynx et le nez, le courant vibratoire qui contient les sons ^> ^1 9, pénètre dans le nez et en sort ; et le résultat est la classe des nasales (ou sons résonnants) m, n et ng (comme dans singing). Ici, bien que les organes de la bouche soient fermés, le ton est si sonore et si continu, que la cessation du contact, ou l'explosion, est peu de chose, et que cette classe de sons est haut placée dans l'alphabet et se trouve voisine des voyelles.

En règle générale (les exceptions sont fort rares) toutes les fjis qu'une langue possède l'un des trois sons muets fermés, elle possède aussi les deux autres : ainsi, la présence du p dans un alphabet, implique la présence du h et de l'm, et vice versa.

Dans les plus anciennes langues de même famille que la langue anglaise, et même dans quelques-unes des modernes appartenant à cette famille ou à d'autres, il existe un qua-

trième et un cinquième produit des trois positions articulatoires, produits qui résultent d'une légère expiration (flatus), Yh bref, après le son muet simple ; lequel change le p oh le' h en ph ou hh (prononcés comme ils sont écrits) et ainsi de suite. On les appelle les sons muets aspirés, ou simplement les sons aspirés.

Après les sons muets formés par le rétrécissement d« la cavité orale, vient la classe des sons formés par friction et qui résultent de la friction de Tair contre les parois d'une étroite ouverture. Si les lèvres sont seulement rapprochées au lieu dJétre closes, et que le souffle passe entre elles avec force, on entend le son de ly, et si ce souffle est déjà chargé de sonorité le son du v. Cependant, ces sons ne sont pas précisément Vf et le V français et anglais (ni même, en général, allemand) ; car, en français, le bout des dents vient se poser sur la lèvre inférieure, et le passage du souffle a heu entre les dents et la lèvre, donnant un son quelque peu difl'érent du son labial, le son dentilabial. Le relâchement du contact lingual donne de la même manière les sons s et z, et celui du contact palatal donne le ch allemand (sa contre-partie sonante est très-rare). En pratique, cependant, on juge à propos de diviser les sons fricatifs en deux sous-classes : s et z ont une quahté particulière que nous appelons sibilante ou sifflante ; tels que le sh et le zh qui sont produits plus au fond de la bouche et plus du palais. Ces quatre derniers sons, divisés deux par deux, s'appelleront donc sifflantes^ linguales et palatales. Après Vf et le v, et rap« proches d'eux par leurs variétés dentilabiales, nous avons les deux sons anglais du t/i, sourd dans thin, sonnant dans then (écrits dh dans notre tableau), qui sont de véritables sons dentilinguals, produits entre les dents et la langue. Ces quatre sons, avec le ch (allemand), sont classés comme soufflantes. Historiquement, ils sont rapprochés les uns des autres par cette circonstance qu'ils sont tous des produits fréquents de Taltération d'un son muet aspiré. De là vient qu'ils sont si souvent, dans diverses langues, écrits par p/i, th, ch (== kh).

Une tendance semblable aux trois actes oraux déjà décrits apparaît dans les sons-voyelles, ou sons ouverts. Un i (dans-

pîque^ pïck) est une voyelle palatale formée par le rapprochement de là partie la plus large de la langue Çèrîa pârfie^ du palais où se produit le son k; un u {rùle^ pull) se forme par le rapprochement des lèvres en rond, les mêmes organes qui produisent le p (quoique non sans une action accessoire, de la base de la langue) et entre l'a (far) et Vi se trouve ïe {théy, thèn) formé par un rapprochement moindre de la langue et du palais, comme Vo {note, ôbey) se trouve entre la et Vu. Le son de foi, mati (figuré par œ dans le tableau) se trouve entre l'a et Te, comme celui de ôZZ, whât (figuré par A dans le tableau) se trouve entre a et o. Si nous représentons un moment les sons purement fricatifs par kh etph, nous aurons la série palatale aœ e ikh k, eilsi série labiale a A u ph p, qui sont les séries véritables, formées par le rapprochement plus ou moins grand des mêmes parties de la bouche jusqu'à la clôture complète.

U y a encore une classe à noter,: celle des semi-voyelles, ou sons qui participent de la voyelle et de la consonne. I (pique) et u {rule) sont les sons les moins ouverts que nous puissions former dans la catégorie des sons à intonations que nous appelons voyelles. Mais ils sont si près d'être des sons fermés, qu'il suffit de les prononcer très-brefs et comme transition à un autre son-voyelle , pour les convertir en consonnes : exemple, yetw; ces deux sons diffèrent, tout au plus, et cela fort peu, dans la position articulatoire, des sons i et u. Avec eux viennent IV et 17, semi voyelles linguales, employées aussi dans beaucoup de langues comme voyelles ; 17, même en anglais, dans ahle (capable), eagle (aigle), etc. LV se prononce entre le bout de la langue et le palais, et est si généralement un trille ou son vibrant que l'on peut le comparer au trille musical ; VI force celui qui le prononce à mettre le bout de la langue contre le palais, mais à laisser les deux côtés ouverts pour le passage Ubre du souffle.

Il existe encore deux voyelles simples, celle de kûH et de kut — blesser et hutte — (figurées par a dans notre tableau) dont la qualité spécifique e^ due à une faible action de la bouche tout entière plutôt qu'à un rapprochement des organes sur un ou plusieurs points , et qui sont ainsi un a atténué ;

nous les avons placés au centre du triangle des voyelles, plutôt parce qu'elles n'ont pas de place ailleurs que parce que c'est leur place nécessaire.

Les distinctions de voyelles longues et de voyelles brèves, quoiqu'elles impliquent toujours en anglais des différences de qualité aussi bien que de quantité, et les trois voyel les com posées ou diphthongues, ai {Yi long de aislé)y au {out, how) et Ai (oil, boy) ont été, pour simplifier les choses, négligées dans notre tableau. Il ne reste à y chercher une place et une définition que pour le son quelque peu anomal de Vh, Nous avons vu que dans les classes des sons muets et des sons fricatifs^ les sons vont deux par deux; les uns produits par le souffle simple, les autres, par le souffle et l'intonation réunis; mais, tous par la même position des organes; tandis que ce n'est pas le cas pour les autres sons plus ouverts. Nous pouvons donner des différences la définition générale suivante : à un certain degré de rapprochement des organes de la bouche, le souffle simple est suffisamment caractérisé pour former à lui seul un des éléments de l'alphabet dans chacune des positions articulatoires ; au-dessous de ce degré, l'intonation est nécessaire pour produire des éléments distincts le souffle sourd, quoique quelque peu différencié dans les différentes positions, ne l'est pas assez pour former dans chacune un élément d'alphabet; les divers souffles ne comptent que pour une seule lettre, Vh. Vh, aspiration pure, est un souffle expiré dans une des positions où se forme la lettre qui y est jointe, que ce soit une voyelle, une semi-voyelle ou une nasale ; en anglais, cela n'a lieu que devant une voyelle ou devant le w et Vy dans des mots tels que ivhen (quand) et hue (couleur). C'est, alors, le son sourd commun aux trois classes de sons sonnants mentionnées tout à l'heure.

Le tableau, ainsi tracé et décrit, peut être pris comme un modèle général, sur le plan duquel on peut arranger l'alphabet parlé de toutes les langues du monde, afin de comparer les divers alphabets dans leurs relations intimes et dans leurs rapports entre eux. Quoiqu'il ne soit pas parfaitement clair jusque dans ses moindres détails, il montre un plus grand nombre de rapports dans les sons alphabétiques,

et les montre avec plus de justesse qu'aucun autre tableau. Et, si restreint que soit le nombre des sons qu'il note, comparé à l'immense variété de ceux qui composent le langage humain, — laquelle est de trois ou quatre cents, — cepen-

^ dant il comprend tous les sons principaux et ne laisse de

C côté que des variétés légèrement différenciées.(Le nombre possible des mouvements articulatoires humains et des combinaisons est, théoriquement, infini; mais, en pratique, il est étroitement limité. Et un système comme le système anglais, qui contient environ quaranterqualre-softs-earacté-

/ risés distincts, est un dës'pTus riches qui existent dans les

I ^languesuonpiennes et modernes.

Notre tableau a surtout cet avantage qu'il met convenablement en lumière le rapport des voyelles et des consonnes qui, bien que tuès-distinctes sous le rapport phonétique, ne sont nullement des systèmes indépendants et séparés, mais forment seulement les deux pôles d'une série continue, dont le miUeu est territoire neutre : elles sont tout, simplement les sons les plus ouverts et les sons les plus fermés du système alphabétique. De leur al terna tion et de leur o|iposition dépend le caractère syllabique ou articulé du langage humain : le courant du son est brisé en articuli ou jointSj par la succession alternée des sons ouverts et des sons fermés, succession alternée qui à la fois les lie et les sépare, les rend flexibles, distincts, et permet une variété infinie de combinaisons. Une pure succession de voyelles manquerait de netteté; ce serait plutôt des sons chantés que des sons parlés; et, d'un autre côté, une pure succession de consonnes, quoiqu'on pût parvenir à l'articuler par un suffisant effort, serait un crachottement indistinct et désagréable.

Un autre avantage du même tableau, consiste en ce qu'il montre le développement historique général de l'alphabet. La languejrimitive à laquelle remontent les langues de môme famille que la langue anglaise, n'avait pas la moitié autant de sons qu'il y en a d'indiqués dans notre tableau, et ceux qu*elle possédait étaient les points extrêmes de notre

^ système : parmi les voyelles, a i et u qui forment les trois coins du triangle des voyelles; parmi les consonnes, les sons muets seulement, ainsi que les nasales m et n, qui sont aussi

des sons muets par la façon dont ils se fonnent dans la bouche ; dans toute la classe des sons fricatifs, elle ne possédait que Ï8. hl n'était pas encore distincte de IV, ni le w et y de Vu et de Vi. Les vides du système ont été remplis par des sons nouveaux et d'un caractère intermédiaire, formés par des positions d'organes moins fortement différenciées. Nou» pouvons dire que, par le progrès des temps, les hommes ont perfectionné leurs organes de façon à pouvoir produire des sons plus voisins les uns des autres et plus modulés. Et ce n'est pas là une vague expression poétique; non plus que ce n'est une raison de croire que les organes de la prononciation aient changé. Il en est de cela comme de toute espèce d'exercice : le point de départ est le même ; mais le sujet adulte arrive à plus de perfection, et le point qu'il a atteint devient le modèle que les enfants s'efforcent d'atteindre à leur tour. Dans le procédé, on trouve aussi une manifestation évidente de la tendance à la commodité. Non pas que les sons nouveaux soient en eux mêmes d'une articulation plus facile que les sons anciens ; au contraire, ils sont quelquefois plus difficiles : car les enfants ont plus de peine à les apprendre et à les reproduire, et les langues humaines ne les possèdent pas d'une façon si générale ; mais ils sont plus commodes pour le parleur exercé, quand ses organes exécutent, dans la rapidité du discours, de continuelles transitions entre les voyelles et les consonnes, entre les positions ouvertes et les positions fermées. Raccourcir les mouvements que ces transitions rendent nécessaires, diminuer l'ouverture, dans les sons ouverts, et le rétrécissement dans les sons fermés, est une écononiie que les organes de l'articulation tendent à faire —tendance aveugle, sans doute — et qu'ils réussissent à faire par l'habitude. C'est là l'influence d'assimilation que les voyelles et les consonnes exercent mutuellement les unes sur les autres ; chacune des deux classes de sons tâche d'absorber l'autre clause : les voyelles deviennent consooaantales, les consonnes vocaliques. Il en résulte que la marche du changement phonétique est des extrémités au centre, dans notre tableau alphabétique : les sons muets deviennent fricatifs; Va (far) est changé en e {they)^ Vi {pique) ou en o (note) ouenu{rule). Le mouvement contraire

n'est pas inconnu ; mais il ne se produit que sous l'empire de causes exeeptionndles et spéciales ; c'est, comme nous Tavons dit plus haut, le remou du courant. Les classes centrales des nasales et d^es semi- voyelles, qui subissent moins ce mouvement général, sont aussi, en somme, les moins convertibles des sons alphabétiques. Pour donner un exemple des effets de cette tendance, en sanscrit (la moins altérée, au point de vue phonétique, des langues de notre famille) Va (far) forme au moins trente pour cent de la somme des sons articulés ; et nous pouvops logiquement établir qu'il y a eu un temps où le son a et les sons muets formaient, à eux seuls, les trois quarts des sons du discours; en anglais, qui de toutes les langues de cette famille est la plus altérée, le son a ne se trouve guère que dans la proportion d'un demi pour cent dans la totalité des sons articulés, tandis que i {pique, pick) et d {hurt, hiU), la plus fermée, la moins audible des voyelles, est dans la proportion de plus de seize pour cent; et les sons fricatifs sont devenus presque plus communs 'que les sons muets (chacune de ces deux classes formant dans La totalité des sons articulés, environ dix-huit pour cent i).

Nous avons appelé cela un progrès d'assimilation : et sous ce nom général nous pouvons grouper la plus grande partie des autres changements phonétiques qui se produisent dans le langage. La combinaison des éléments pour former les mots, leur contraction par l'omission des voyelles légères, rapprochent souvent des sons qui demandaient, pour être produits, un trop grand effort musculaire : on rend la chose plus facile en adaptant les deux sons l'un à l'autre. Par exemple, plusieurs combinaisons de consonnes sourdes avec des consonnes sonnantes sont si difficiles à prononcer, que nous les trouvons impossibles (ceci n'est qu'affaire de degrés), et il n'y a pas de fait plus commun dans toutes les langues que ■la transposition des sons muets et des sons sonnants. Il se produit aussi, dans ce cas, un mouvement plus général : puisque les éléments sonnants (y compris les voyelles) sont beau-

1 . Voyez nos Etudes Orientales et Linguistiques, seco nde sé rie (1874?^' Qù plusieurs questions alphabétiques sont plus amplement traitées.

coup plus abondants dans le discours que les éléments sourds, •^ la force d'assimilation s'exerce en faveur de la sonorité, et il arrive que les sons sourds sont convertis en sons sonnants, beaucoup plus souvent que le contraire n'a lieu.

Il y a un degré d'assimilation des voyelles aux consonnes qui s'y trouvent jointes; mais les cas sont sporadiques et même douteux. L'influence des voyelles sur les voyelles, même quand elles sont séparées par des consonnes, est plus marquée et produit certaines classes de phénomènes importants. La différence entre man (homme) et men (hommes au pluriel) est due, en dernier lieu, à ce que la terminaison plurielle était autrefois indiquée par un i, lequel déteignait, pour ainsi dire, sur la voyelle qui le précédait : en islandais, on voit la marque de cet efl'et dans les formes degi et dôgum qui proviennent de dagr. D'un autre côté, dans les langues scythiques, c'est la voyelle finale du radical qui s'assimile la voyelle des suffixes suivants, comme nous le remarquerons plus tard (chapitre xii).

Quoique l'assimilation soit la loi principale de l'aggrégationdes sons, ladissimilation se produit aussi quelquefois, et quand la succession ininterrompue de deux mouvements articulatoires semblables les rend trop incommodes, on les évite en changeant l'un des deux.

Non-seulement les parties des mots, dans leurs combinaisons, mais aussi les mots séparés, s'influencent mutuellement pour la position des sons, et cela se montre surtout dans leurs éléments terminaux. Il y a plusieurs circonstances qui concourent à ce résultat. Dans les langues de la même famille que la langue anglaise et dans la majorité des autres familles, l'élément formatif qui est le moins indispensable vient le dernier et est celui qui se conserve le moins, puisqu'il est le moins nécessaire. De plus, l'expérience montre qu'une syllabe ouverte qui se termine par un son ouvert, ou voyelle , est plus commode, plus naturelle à prononcer qu'une syllabe fermée qui se termine par une consonne. Un son muet employé comme finale est presque insaisissable pour l'oreille, à moins que le contact de la langue et du palais ne fasse place à une bouffée de souffle; et cette difficulté regarde aussi les autres consonnes à un certain degré.

Elle est presque invincible pour les Anglais, puisqu'ils permettent toutes les consonnes de leur alphabet (à l'exception du zh)y à la fin des mots ou des syllabes devant une autre consonne; mais les dialectes polynésiens, par exemple, n'admettent aucun groupe de consonnes nulle part, et terminent tous les mots par des voyelles; le chinois littéraire n'a aucune consonne finale, excepté une nasale ; le grec, aucune, excepté le v, <t, p (n s r); le sanscrit en permet seulement environ une demi-douzaine; l'italien a rarement des consonnes finales; le français a, en général, des sons muets, excepté, c, t, Z, r; l'allemand ne tolère aucun son muet sonnant à la fin des mots, et ainsi de suite.

Mais la loi de la commodité ne s'applique pas seulement à l'assimilation. Il n'y a rien de plus fréquent que de voir une langue prendre, pour ainsi dire, certain son particulier ou certaine classe de sons en aversion et les convertir en d'autres. Nous en trouvons un exemple dans le vieux son anglais de Vh du mot cniht^ etc. La plupart des langues de même famille que la langue anglaise ont les anciens sons muets aspirés et les ont convertis en sons muets simples, ou en sons expirés. Les Grecs avaient de bonne heure rejeté Vy et plus tard le w : le dernier, qui est le digammay prolongeant son existence dans la période historique. De curieux caprices, des discordances entre les différentes langues en matière de prédilection et d'aversion, se montrent en grand nombre dans ce genre de changements phonétiques. Les transpositions de deux sons substitués l'un à l'autre, sont encore plus embarrassantes et plus étrangères aux règles : par exemple, la transposition, dans la langue arménienne, du son sourd et du son sonnant {Dikran pour Tigranes^ et ainsi de suite), à laquelle la confusion vulgaire du w et du vet de la présence ou de l'absence d'un h initial, fournissent un analogue dans la manière de parler et d'écrire, en usage chez les illettrés. Et cela est d'une difficulté comparative qui est au moins comme le carré du nombre ) des éléments compris dans la loi de Grimm, ou la loi de la permutation des sons muets dont nous avons parlé plus haut '• (page 49). La science de la pJifliiatique n'est pas encore assez avancée pour traiter avec succès un sujet comme celui-là;

et vouloir fournir une explication du phénomène en question, c'est montrer qu'on en ignore les difficultés réelles.

Il faut bien se persuader que retendue de la science phonétique et ses moyens de pénétrer la cause des faits et d'en rendre compte sont très-bornés. Il y a toujours au moins un des éléments des changements phonétiques qui se refusent â l'analyse scientifique : c'est l'action de la volonté humaine. L'œuvre est celle de l'homme, lequel adapte les moyens au but, sous l'impulsion de motife et d'habitudes, qui sont le résultat de causes si multiples et si obscures qu'elles résistent à toute investigation. Le phonétiste ne peut jamais procéder à priori; sa seule affaire est de noter les faits, de déterminer les rapports entre les anciens et les nouveaux, et de rendre compte des changements du mieux qu'il peut, em montrant les tendances, ou plutôt la forme des tendances dont on peut penser qu'ils sont le résultat. La véritable raison, qu'on peut donner d'un changement phonétique, c'est qu'une société, qui eût pu en effectuer tout autre, a voulu choisff celui-là, mettant aussi en lumière la prédominance de td ou tel mcjtif, parmi ceux qu'une induction attentive fait re^ connaître pour les causes ordinaires de ces changements.

La tendance du changement phonétique est si décidément à l'abréviation et à la mutilation des mots et des formes qu'on Ta nommée assez justement, le déclin phonétique. Pour arriver à la commodité, les éléments du discours sont d'abord unifiés ; ensuite, bouleversés et détruits. Ce sont les procédés de la combinaison (lesquels seront traités dans le septième chapitre) qui ouvrent un large champ à l'action de la tendance; si le langage était toujours demeuré dans sa simplicité primitive, la sphère des changements eût été beaucoup pltis étroite et le résultat beaucoup moins comparable à un déclin.

Avant de quitter le sujet des changements de formes externes, nous donnerons un moment d'attention à une espècede changements d'un caractère très-différent, quoique les cau.-^es qui les produisent aient des points d^analogie avec ceux que nous avons examinés : nommément, à la classeï dont les modernes ears et fared comparés aux ancieaa ear et fôr (page 32) nous ont fourni des exemples. Quand la corruption phonétique a trop dégxiisé ou a détruit les carae-

tères d'une forme de façon à en faire un cas exceptionnel et anormal, il y a tendance à la reconstruire sur un modèle dominant. Les cas les plus nombreux exercent une puissance d'assimilation à Tégard des moins nombreux. Or, on peut dire que c'est là une économie mentale : on s'épargne des efforts de mémoire, en évitant d'avoir à se souvenir de cas d'exception et à en tenir compte dans le discours. La distinction de forme entre le pluriel et le singulier est une de celles qui se sont effacées dans la langue anglaise sans qu'on y prît garde. De tous les signes du pluriel, celui qui avait le /r >t /c aract ère le plus disti nctif éta it l's. L'attention se concentra sur ce signe comme étant un affixe par lequel la modifÎQation plurielle du sens avait lieu et on l'employa dans des mots auxquels il n'avait pas été appliqué auparavant; le mouvement, une fois commencé, s'accrut, jusqu'à ce qu'il eût remplacé tous les mots qui servaient à indiquer le nombre pluriel. Il en fut ainsi du verbe. Par la prédominance numérique de formes comme loved de love (aimer)^ l'addition du d en vint à être plus visiblement associée à la désignation du temps passé et Ton commença à mépriser les exceptions. Dans la période moyenne de la langue anglaise, un nombre considérable de verbes changèrent ainsi, comme fare, leur vieux mode de conjugaison. Mais la tendance agit encore, et leur une petite échelle comme cur une^grande. Les enfants surtout se trompent toujours dans cette direction, ils disent gooder et hadder^ mans et foots, goed et comed; même hrang et thunky et des exemples de pareils produits se glissent même .quelquefois dans le langage des adultes. Le mot its a été fait de cette manière au seizième et dix-septième siècle; la langue anglaise a gagné ainsi les doubles comparatifs lesser et worser (moindre et pire). Il y a bien des gens qui sont conduits à dire plead (comme rêad) au lieu de pleaded^ / plaidé, et même à fabriquer des anomalies sans motifs comme ^ proven au lieu de proved (prouvé). On» recourt souvent à cette règle pour expliquer le$ procédés de formation des langues primitives, h^^rçe d e l'analogie €s t, dans le fait, une^des^phisj)|W l'on voit à l'oeuvre dans l'his-

toire du langage; comme elle fait des classes entités de mots, elle change aussi les limites de ces classes. ^/

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