CHAPITRE IV
Un jeu renouvelé des Grecs qui n’est pas le jeu de l’oie. — Richelieu Premier Gentilhomme de la Chambre. — Son ambassade en Autriche. — ( Sa réception officielle. — Les chevaux ferrés d’argent. — L’amour sert la diplomatie. — Une aventure de sorcellerie.
Le 16 mars 1721, il reçoit du Parlement les honneurs dus pour le duché de Richelieu; en 1723, pour le duché de Fronsac. Il porte des vêtements de draps d’or dont l’aune revient à 260 livres. L’assemblée est éblouie. Il rejoint le régiment qu’il possédait à Calais, et qu’il avait oublié. Il veut se faire bien voir des ministres, préparer sa rentrée à la Cour. Mais esclave de ses habitudes de débauche, il entre dans une aventure étrange qui fait du bruit, menace de détruire ses efforts. Le mardi gras à cinq heures du matin, il se trouvait sur la place d’Armes, en compagnie d’un officier de son régiment, M. de Laboularderie, qui lui inspirait le plus vif intérêt, et de quelques capitaines, tous également égayés par le vin. Sur la proposition de Laboularderie, ils dansé-
rent d’abord en rond, puis, aux premières clartés de l’aurore, tandis que les bourgeois éveillés par le bruit les observaient avec stupeur au travers des volets, ils renouvelèrent en pleine place publique cette sorte d’orgie dont l’usage remonte aux Grecs, chantant à tue-tête dans une étrange intimité les paroles de l’Opéra de Quinault :
Une chaîne si belle
Devrait être éternelle.
Averti par l’indignation qui bouleversa l’honnête cité, le procureur du Roi voulut instrumenter contre les coupables. Richelieu dut le salut à un M. de la Place, qui ayant avancé au procureur le prix de sa charge, intervint à temps, étouffa l’affaire. Le fils de M. de la Place ayant écrit une mauvaise tragédie intitulée « Adèle de Ponthieu », Richelieu, alors intendant des Menus, la fit par reconnaissance jouer contre le vouloir des comédiens.
Il faut dire que la mode était alors aux divertissements hasardeux. Pendant les chaleurs du mois d’août 1722, dix-sept courtisans avaient organisé une fête grecque sous les balcons du jeune roi. Fontenille, le duc de Boufflers, d’Alincourt, le comte de Roye, le marquis de Meuse, Champigni et des officiers de la maison du roi participaient à cette récréation nocturne. Toutes les femmes de la cour se penchaient curieusement à leur fenêtre et le lendemain elles racontèrent à toute la ville ce
qu’elles avaient vu au clair de lune. On envoya quelques-uns des jeunes hommes à l’armée pour calmer les dévots.
De retour à Paris, il assista aux couches de Mme de Duras, dont le fils lui ressembla étrangement dans la suite. Il cherchait à triompher de Mme de Flamarens, l’une des rares femmes assez vertueuses pour lui résister, quand l’ennemi de ses ambitions, le Régent, fut enlevé à l’improviste le 2 décembre 1724.
— Que dira l’histoire, avait murmuré le duc d’Orléans avant sa mort; elle représentera les orgies de ma Régence comme ces fêtes que nous connaissons tous de la cour des mignons de Henri III. Nos fêtes ténébreuses seront mises au grand jour; la postérité en connaîtra les détails et les artistes les graveront.
— Rah, avait-il conclu en frappant sur l’épaule de Dubois, on saura au moins que tout s’est passé à l’instigation d’un cardinal.
Un autre jour, chez Mme d’Averne, environné de gens de lettres et de courtisans, il avait imaginé, entre un envoyé supposé du tsar et ses ministres cette conversation qui prouve sa clairvoyance :
Le cardinal Dubois à l’Ambassadeur supposé de Russie
« L’ambassadeur parlant à Dubois, qu’il avait été trouver de la part du prince, le cardinal lui dit : « Il a voulu rire, sans doute, le
duc d’Orlcans, en vous envoyant à moi. Où veut-il donc que j’aie appris à bien gouverner? Je suis le fils d’un apothicaire de village; j’ai commencé à Paris par être, en Sorbonne, laquais d’un docteur. Ma bonne fortune m’a fait sous-précepteur de M. le régent. Il m’a accablé de dignités sans me donner la capacité. D’ailleurs je suis rongé d’un mal qui me consume et m’empêche, quand j’en aurais l’habileté, de me mêler des affaires de France. Allez donc voir M. le garde des Sceaux et les secrétaires d’Etat. »
« L’ambassadeur alla voir tous ces messieurs, qui lui répondirent comme il suit :
M. d’Armcnonville, garde des Sceaux.
« Est-ce comme garde des Sceaux, Monsieur l’ambassadeur, que vous venez me consulter, ou comme financier? Je vous dirai que je n’ai guère connu que l’état de mes finances domestiques, et jamais celles du roi, et comme garde des Sceaux on m’envoie sceller tout ce qu’on veut, sans qu’il soit même permis de lire. Je ne suis qu’un homme de bonne volonté. »
M. de Maupuy, ministre de la Marine.
« Je serais charmé d’être utile à Sa Majesté Czarienne, dit-il à l’ambassadeur de Russie; mais qu’elle ait la bonté de me laisser instruire moi-même. J’ai de l’esprit, de l’envie d’apprendre, de l’amour pour le roi et l’Etat; mais je sors du collège, et n’ai vu d’autre marine qu’un
vaisseau qui remontait la Seine, il y a deux ans, et ceux qu’on fait faire, hauts de deux pieds, pour amuser les enfants de mon âge. Je ne désespère pas cependant de me rendre utile un jour à Sa Majesté Czarienne; mais je n’ai été qu’un aimable enfant espiègle et ne faisant que des inclus aux femmes jusqu’à ce jour. *
M. de Breteuil.
« A qui vous adressez-vous, Monsieur? Je suis secrétaire de la Guerre, il est vrai, mais je n’ai vu d’autres troupes que le régiment qui passa par Limoges pendant que j’v étais intendant. »
M. de la Vrillière.
« Tenez, Monsieur, voilà nos formules de lettres de cachet; c’est tout ce que je connais encore. En voilà une pour enfermer un pauvre prêtre à la Bastille. C’est tout ce qu’on me fait faire, et tout ce que je sais faire. Je vous la donne de tout mon cœur. Vous pouvez les donner à votre maître qui envoie son monde comme cela en Sibérie. »
M. Dodun.
« J’étais autrefois conseiller au parlement et rapportais bien un procès; mais M. le duc d’Orléans m’a fait contrôleur général, et en vérité je n’y connais rien.
« Voilà, dit le prince, comme l’ambassadeur, courant de l’un à l’autre ministre, sans rien
pouvoir apprendre, s’en retourna à sa cour, comme il était venu. »
Le pouvoir échut au duc de Bourbon, chef de la maison de Condé. II avait d’abord fait ouvertement profession d’aimer les hommes; mais les supplications de sa mère et les charmes de Mme de Nesle le ramenèrent à des voies plus naturelles. Mme de Nesle avait fait l’amour avec tous les princes de son temps. Elle démontra vite au jeune homme qu’il n’y perdrait rien en fait de plaisir. Elle en eut plusieurs enfants.
Mais dans un bal masqué, M. le duc fut intrigué par une femme qui lui inspira le plus vif désir; la marquise de Prie, femme de l’ambassadeur de France à Turin, se fit aussitôt connaître. Elle alliait en elle la vivacité des Françaises à la volupté des Italiennes. M. le Duc abandonna Mme de Nesle et ne vécut plus que pour elle. Quand le mari revint, elle sut lui faire comprendre quel bonheur lui arrivait. M. le Duc n’eut pas de familier plus reconnaissant, il mangeait sa soupe et couchait chez lui sans façon.
Richelieu, qui avait été au mieux avec Mme de Prie, espérait tout. Enflammé par son succès à l’Académie, par sa gloriole du Parlement, par une charge de Premier gentilhomme de la Chambre que le duc de Rochechouart lui avait cédée en lui disant d’une voix solennelle : enfin vous voilà gentilhomme, il tournait désormais sa ©onvoitise vers de plus hauts
postes. Comblé de charges honorifiques il aspirait à jouer un vrai rôle; il désirait soit quelque mission d’ordre politique qui le conduisit à la secrétairerie d’Etat aux affaires étrangères, puis à la dignité de premier ministre, soit quelque important commandement militaire qui l’acheminât vers le maréchalat. L’occasion de briller lui fut offerte.
Soucieux d’assurer au plus vite la succession au trône, le duc de Bourbon et Mme de Prie renvoyèrent en Espagne l’infante fiancée à Louis XV, trop jeune pour qu’on pût songer au mariage. Ils la remplacèrent par Marie Leczinska. Sans trône et sans fortune, elle leur saurait gré d’un sort inattendu. Les Espagnols considéraient comme une injure le retour de l’Infante. Par représailles, leur Roi chargea son ministre à Vienne de négocier avec l’Autriche une alliance contre la France.
Quand Versailles soupçonna le danger, le comte du Luc était malade, l’ambassade sans titulaire. Mme de Prie et le duc de Bourbon envoyèrent Richelieu. Ils s’en remirent à ce séducteur de vingt-sept ans qui ne savait pas mettre l’orthographe et ne connaissait rien des affaires, pour parer à l’une des plus graves menaces qui eussent pesé sur la France depuis Charles-Quint. Il se révéla grand diplomate.
Charles VI, treizième empereur de la Maison d’Autriche, étalait autant de morgue que de dévotion. Il suivait aveuglément les conseils du prince Eugène de Savoie, l’ ennemi
de Louis XIV. Ses ministres haïssaient tous la France. La cour de Vienne accordait toute sa faveur au ministre d’Espagne, duc de Riperda. Richelieu survint au milieu d’une malveillance générale que sa jeunesse, sa réputation, son faste, ne cessaient d’alimenter. L’aristocratie viennoise bouda. Le duc de Riperda usa de tout son crédit pour retarder la présentation officielle à la Cour. Charles VI, écartant Richelieu des fêtes, ne l’invitait que durant le Carême à d’interminables stations dans les chapelles, d’où il sortait excédé.
— J’ai mené ici, écrivait-il au cardinal de Polignac, une vie pieuse pendant le carême, qui ne m’a pas laissé libre un quart d’heure par jour et j’avoue que si j’avais connu la vie que mène ici un ambassadeur, rien dans la nature ne m’aurait déterminé à accepter cette ambassade, où, sous prétexte d’invitations et de représentations aux chapelles, l’empereur se fait suivre par les ambassadeurs comme par des valets de chambre. Il n’y a qu’un capucin avec la santé la plus robuste, qui puisse résister à cette vie pendant le carême. Pour en donner une idée à Votre Éminence, j’ai été, de compte fait, depuis le dimanche des Rameaux jusqu’au mercredi après Pâques, cent heures à l’église avec l’empereur. M. le comte du Luc. qui avait été dix-huit mois ici, dont il en avait passé neuf ou dix avant de faire son entrée et le reste à être malade, nous avait laissé ignorer ce trésor de dévotion, que je viens de
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découvrir à mes dépens. J’avoue que je pense que la dévotion veut un peu plus de liberté; et que cette contrainte inouïe que l’on approuve ici et qui n’est dans aucune cour du monde, est pour moi quelque chose d’insoutenable, et dont je ne puis m’empêcher de marquer ma mauvaise humeur à Votre Eminence. »
A quoi le cardinal répondait :
« Sur la peinture que vous me faites de la manière dont vous avez rempli tous les devoirs du Carême, de la Semaine Sainte et de Pâques, je crois ne pouvoir mieux faire que de vous féliciter d’en être sorti. Peut-être n’en aviez-vous jamais fait autant de votre vie. Imaginez-vous précisément la même chose d’un cardinal à Rome. Il est vrai que nous sommes payés pour cela. »
Fleury qui avait succédé au duc de Bourbon l’exhortait à la patience. Un jour que dans l’escalier le duc de Riperda essayait de prendre le pas sur lui pour entrer chez l’empereur, Richelieu plus alerte le devança si rapidement que Riperda faillit rouler au bas des marches. Il fut peu de jours après rappelé en Espagne; la présentation officielle ne se fit plus attendre.
Elle eut lieu le 7 novembre. Jamais Vienne n’avait vu déployer tant de luxe. On ne comptait pas moins de soixante-quinze carrosses à six chevaux. Le carrosse de l’ambassadeur, dedans comme dehors, était couvert de velours cramoisi; le long de ehaque panneau.
où ae trouvaient brodées en relief les armes de Richelieu, couraient une broderie d’or et des franges d’or; le velours de l’impériale était également broché de motifs d’or représentant des branchages, qui se rejoignaient au milieu comme les tiges d’une plante merveilleuse; les chevaux bai-bruns portaient harnais de velours cramoisi, couverts de plaques d’argent doré, de point d’Espagne éclatant et de longues plumes cramoisies disposées en aigrettes. Six coureurs habillés de velours rouge à franges et galonné d’argent précédaient le cortège, où entraient cinquante valets de pied, en grande livrée de drap écarlate, ornée de galons de soie pourpre et argent, aux chapeaux brodés garnis de plumes blanches et à l’épée d’argent. Douze heiduques tenant en mains des masses d’argent et douze pages à cheval d’une beauté éclatante se remarquaient encore dans l’interminable cortège, le long duquel la foule s’était massée avec des murmures d’admiration, et bientôt des cris de joie, car par une générosité jusqu’alors inconnue, les chevaux n’avaient eu leurs fers d’argent assujettis que par un clou très mince, et laissaient peu à peu dans leur course cette riche dépouille en proie aux avides spectateurs. Le lendemain eut lieu l’audience publique et à l’ambassade de France un banquet de cinq cents couverts.
Richelieu se met au travail avec fièvre. Quinze heures par jour il étudie des dossiers, envoie des notes, écrit à Versailles, visite las
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ministres. La réconciliation de l’Autriche et de l’Espagne avec la France se négocie. Il s’y emploie brillamment. Il met au profit de sa carrière les connaissances qui n’avaient encore servi qu’à son plaisir. Il séduit la comtesse Badiani, maîtresse du prince Eugène, puis la princesse de Lichtenstein. II retrouvait la princesse dans des courses de traîneaux, divertissement de la cour durant la mauvaise saison, et là, tandis qu’ils glissaient à la vitesse du vent sur la neige, elle lui révélait les secrets de la Cour d’Autriche. La gloire de Richelieu était à son apogée; Vienne éblouie s’était soumise sans réserves.
Mais il était à bout de ressources; il lança un cri d’appel vers Fleury, lui révéla qu’il ne soutenait plus qu’à force d’expédients le train de vie convenable pour un ambassadeur de France et qu’il demanderait son rappel. Le ministre répondit d'une manière évasive :
« J’ai reçu Monsieur, à deux jours près l’un de l’autre, les deux lettres du 10 et du 17, dont vous m’avez honoré.
« Il est vrai qu’on avait cru voir dans vos dépêches une envie assez marquée de quitter Vienne, et que vous ne doutiez pas même d’en recevoir l’ordre. M. de Saint-Saphorin était dans la même opinion, et il y avait beaucoup de vraisemblance que cela serait, il y a deux mois. On ne vous en a su aucun mauvais gré. et il est très naturel que, dans toutes les circonstances où vous vous trouvez, vous ne
soyez pas fâché de revenir. Vous pouvez être assuré, Monsieur, que cela n’a fait aucune mauvaise impression, et que, si votre rappel ne faisait pas un mauvais effet dans les circonstances présentes, le mépris que fait l’empereur de toute bienséance, en ne laissant ici qu’un résident, serait une raison suffisante pour y penser.
« Quoique nous ne connaissions pas parfaitement M. de Saint-Saphorin, on ne laisse pas que de savoir que, si vous êtes intimement lié avec lui, vous y mettez beaucoup du vôtre, et il n’v a certainement qu’à vous louer sur toute votre conduite. Vous parlez en perfection du caractère de la cour où vous êtes et on s’en fie à vous sur la manière de traiter avec elle. Les grandes promesses du duc de Riperda peuvent lui avoir donné envie de la guerre; mais l’empereur croit de reste, par entêtement, qu’il l’a trompé, et que le roi d’Espagne manque lui-même d’argent pour payer ses troupes et sa maison. Aussi tous ces messieurs les ministres ont-ils fort baissé leur ton et protestent qu’ils ne veulent point de guerre; ils n’ont plus recours qu’aux plus grossiers artifices pour tâcher de nous désunir d’avec l’Angleterre; à quoi ils ne réussiront pas. Rien n’est plus juste, Monsieur, que votre inquiétude sur le défaut de payement, et M. de Maville presse toujours pour vous envoyer de l’argent. Il faut espérer qu’il circulera plus qu’il ne fait depuis quelque temps, et que le
roi sera bientôt en état de vous payer. Vous avez très grande raison de cacher l’extrémité où vous avez été réduit, et je vous garderai sur cela un secret inviolable. Il ne me paraît pas qu’on vous cache rien, ni qu’on vous prive de toute la confiance que vous méritez par tant d’endroits. Nous sommes dans une mauvaise crise, et il faut bien qu’à la fin tout se développe; car l’Europe est dans un mouvement trop violent pour pouvoir durer. »
Il dut engager en secret des diamants, jusqu’à ce que la duchesse de ***, ayant appris son dénûment du fond de sa retraite, lui ait envoyé 100.000 livres qu’il dévora allègrement.
Les secours de ses maîtresses lui permettaient de faire honneur à son rang, quand il faillit tout perdre en une mystérieuse équipée. Il avait la superstition des incrédules. Astrologie, magie noire, recherches de la pierre philosophale le séduisaient. Un soir, en compagnie de l’abbé de Sinzendorf, fils du grand chancelier de l’Empire, et du comte de Westerloo, ils suivirent un aventurier qui avait promis de leur montrer le diable. Ils se rendirent dans une carrière à la faveur d’une nuit d’été scintillante d’étoiles. On ne sait à quelles conjurations ils se livrèrent, mais elles durèrent jusqu’à l’aurore. Quand les ouvriers vinrent reprendre leur tâche, ils entendirent des clameurs rauques; l’aventurier agonisait, baigné de sang. Ce siècle incroyant et religieux m. frémit d’horreur. Leur haute situation sau-
va Richelieu et Sinzendorf : l’abbé reçut la pourpre, Richelieu le cordon du St-Esprit, Westerloo s’enfuit disgracié.
Quoique cette aventure eût voilé sa faveur sous d’étranges ombrés, Richelieu demeura à Vienne jusqu’à la fin des négociations; il regagna Versailles en 1728 avec tous les avantages du triomphe.