CHAPITRE IX
Le milieu du siècle. Époque de transition. L'orthodoxie officielle. Tendance irénique. Réac- Hion luthérienne pendant la surintendance de Bonsen. Fondation de la Caisse des Veuves. Etat de nos Églises. Mort de Bonsen.
Les dix années qui précèdent, et les dix années qui suivent la date de 1750, marquent dans l’histoire de notre pays un temps d'arrêt dans le développement des idées théologiques. Des temps nouveaux se préparent ; on le sent confusément, mais en attendant, nos ministres, très occupés d’ailleurs à préserver leurs Églises des empiétements du catholicisme, restent en majorité attachés, comme d’instinct et sans plus d'examen, à la lettre des Livres symboliques. Nous pouvons porter sur cette période un jugement d’autant plus précis qu’à partir de 1744, nous connaissons les idées de nos pasteurs par les procès-verbaux des séances de la Conférence ecclésiastique qui se réunissait trois fois par an à Montbéliard pendant les mois d’été. En parcourant ces procès-verbaux, on ne peut se défendre d’une impression de tristesse en constatant combien le principe du protestantisme a été altéré par la scolastique. Les Livres symboliques sont devenus une sorte de canon inspiré, dont l'autorité est garantie très efficacement par le pouvoir civil. Le théologien protestant, comme le catholique, en est réduit à commenter le dogme, à interpréter, mais le résultat de ses études et de ses expériences lui est fourni d'avance par les formules consacrées.
À l'entrée de chaque conférence, un jeune théologien fournit une dissertation latine sur le sujet qui lui a été donné par le Surintendant ou par lassemblée elle-même. Chacun des chapitres de la dogmatique officielle, est ainsi abordé. Le recueil des procès-verbaux de la Conférence s’ouvre par une étude sur l’image de Dieu et se ferme par une dissertation sur les anges. Dans l’intervalle, tous les points de la dogmatique ont été abordés. Résumer ces procès-verbaux, ce serait refaire ici un exposé complet de la dogmatique luthérienne. Le dogmaticien que nos théologiens suivent, le plus souvent en l’avouant sans détour, c’est le chancelier Jæger, dont on connaît l’orthodoxie un peu adoucie dans ses angles par l’influence du piétisme (1). La recherche libre étant impossible, on verse parfois, comme cela est logique, dans les questions de curiosité que l’on règle d’après « l’analogie de la foi». On examine, par exemple, la question de savoir si le Sabbat a été observé dans l’état d’innocence (*). Ou bien on verse dans la pratique qui fournit des thèmes de discussion moins dangereux.
On se tromperait en pensant que la philosophie de Leïbnitz et de Wolf, qui eut à Tubingue de brillants représentants en Bilfinger et en Canz, ait eu pour résultat immédiat d'élargir le point de vue théologique. Chez nous du moins il n’en fut rien au xvir" siècle. Les conséquences dernières de la philosophie wolfienne ne devaient se faire sentir dans nos Églises, que tout à fait à la fin du xvnr”* siècle, La philosophie de Canz n’était qu’un moyen nouveau d'établir le dogme (*). On s'efforce de mettre le dogme d’accord avec
@) Klüpfel, Die Universitet Tübingen, 1877, page 44. Landerer-Wagenmann, dans Herzog-Plitt, Real-Encyklopædie, tome XVI, page 70.
(@) Conférence ecclésiastique du 2 juin 1746.
G) D.-N. Kïlg fournit une dissertation sur la matière de la conversion et de la régénération en suivant les idées de Canz. 25 août 1756.
cette philosophie, mais le résultat ne change pas. L’orthodoxie de Canz est célébrée, par exemple, par un luthérien comme Bonsen.
Quelques faits montreront d’ailleurs la fermeté de l’orthodoxie luthérienne de nos ministres vers le milieu du xvirr”e siècle. En 1753, un soldat suisse allemand au service de la France ayant été condamné à mort, avait fait appel au ministre de l’Église allemande de Montbéliard et lui avait de-mandé de participer à la Sainte Cène (1). Quelques ministres émirent timidement l'avis qu’il fallait accéder à sa demande. Mais la majorité du ministère décida le contraire et la Sainte Cène fut refusée au misérable. Le même fait se reproduisit quelques années plus tard. Un Suisse réformé, au service d’une dame Thévenot, d’Audincourt, étant tombé du haut de la grange sur le sol, et se trouvant en danger de mort, demanda la Sainte Cène au ministre du lieu, Laude. C'était le jour de la Conférence ecclésiastique. Laude, déjà suspect de sympathies moraves, n’osa commettre un acte aussi grave sans consulter ses collègues, qui lui interdirent de suivre ce qui avait été d’abord le mouvement de son cœur (?).
Nous reconnaissons davantage l'esprit du xvir"e siècle dans l'attitude sage que prirent nos ministres vis-à-vis de certaines idées superstitieuses qui avaient encore cours dans nos villages. On demanda un jour à la Conférence si un ministre peut donner des restes du pain et du vin consacré dans l’Eucharistie pour servir de remède à un énergumène à qui un médecin Pavait prescrit. La Conférence répondit très sagement « qu'il ne peut le faire sans profanation et sans se rendre complice du crime de superstition et de sacrilège ».
(1) Un fait semblable s'était présenté en 1752 et avait été résolu de même.
(2) Conférence du 31 août 1757.
La même sagesse pratique distingue l'avis qui fut donné au ministre Diény, d’Etobon, au sujet de prétendus possédés de sa paroisse qui assuraient qu’on leur avait donné les ennemis.
Les ministres, tout en suspendant leur jugement sur le fond, déclarent qu’il ne fallait pas « croire d’abord qu’il y ait chez ces personnes une obsession véritable et corporelle des malins esprits ».
«1° Parce que la matière des obsédés n’est pas encore suffisamment éclairée, ni par les Théologiens, ni par les Physiciens ;
« 2° Parce que les cas d’une obsession réelle sont très rares ;
« 3° Parce qu'aucun membre du ministère d’aujourd’hui n'a jamais vu aucun exemple d’une pareille obsession ».
Les ministres observaient enfin que «les personnes en question sont des femmes et qu’on ne voit de ces sortes de cas parmi nous que chez des personnes du sexe, sur lesquelles on sait que les affections hystériques produisent quelquefois des eflets extraordinaires et surprenans » (1).
Sur d’autres points, au contraire, la superstition reparaît. Ainsi, en 1762, nous voyons la Conférence ecclésiastique s'occuper gravement d’une femme qui, dans la célébration de la Cène, avait pris la coupe avant le pain. En 1764, on détermine dans quels cas précis il peut être permis à une sagefemme d’administrer le baptème à un enfant en danger de mort.
Pendant de longues années l’orthodoxie luthérienne resta sans contradicteur. En 1756, les Livres symboliques avaient de nouveau été souscrits par les ministres dans toute leur teneur. Dix ans plus tard, nous voyons les ministres tous d'accord sur les points de doctrine et de discipline soulevés
@) Conférence du 27 juillet 1746.
à la Conférence ecclésiastique. Mais le feu couvait sous la cendre. D'une part, les idées moraves avaient développé le sentiment de la fraternité chrétienne, de l’autre, l’unité dogmatique était plus apparente que réelle. Il y avait parmi les ministres des pacifiques et des silencieux, qui n’attendaient qu'une occasion d’exprimer leurs sentiments réels.
Cette occasion leur fut fournie par le candidat Perdrizet. Perdrizet avait été chargé de traiter la matière de la Sainte Cène. Au lieu de se borner simplement, comme on l'avait fait jusqu'alors, à exposer la doctrine des Livres symboliques sur ce point, il ne chercha rien moins qu’à concilier les protestants sur cet article. Il trouva dans l'assemblée un tel écho, que l’on résolut sur l’heure de consacrer à cette question les trois conférences de 1768. Bonsen, dans la première séance, lut quelques passages d’une pièce intitulée Aloquium irenicum ad Protestantes (1) (pour la blâmer sans doute) où la plupart de nous reconnûmes, dit le rédacteur des procèsverbaux de ces conférences, quelque chose de notre manière de penser et de ses motifs. Une question qui divise les Réformés et les Luthériens, c’est de savoir si les réprouvés reçoivent le corps de Jésus-Christ dans la Sainte Cène. Les fidèles, dit le ministre Jeanmaire (?), croiront-ils jamais devoir se séparer d’une Église pour une question qui ne regarde que les réprouvés ? Ils sont plus attentifs à se fortifier de plus en plus dans les saintes dispositions qui leur sont nécessaires, pour obtenir les grâces qu’ils demandent, qu’à s'informer si Judas reçut réellement le corps du Seigneur ou s’il ne lui fut donné que le symbole de ce corps.
(1) C’est la fameuse dissertation de Pfaff.
(2) Jean-Nicolas Jeanmaire, fils du Procureur général Pierre Jeanmaire, qui avait pris parti pour Eberhard-Louis contre Léopold-Eberhard et le Procureur général Brisechoux. — J.-N. Jeanmaire naquit à Montbéliard, le $ janvier 1737. Au sortir de Tubingue, il devint, en 1753, vicaire, puis ministre à Bavans, qu’il a desservi jusqu’à sa mort arrivée en 1797.
Le ministre Jacquin s’exprima ainsi sur les Réformés : « Quand je jette les yeux sur leurs confessions de foi, je les reconnais pour mes frères en Christ et leur donne la main d'association pour ne plus faire ensemble qu’une même communion ». Le ministre Dubois (1), de l’Église allemande, se plaça sur le terrain politique, et, à la fiction qui creusait un abime entre les deux communions, il opposa le spectacle de la réalité. L'Église allemande de Montbéliard, dit-il, est peutêtre composée, pour la moitié, de Réformés. Plus de cent de nos familles qui sont à Mulhouse y communient. Nous avons les uns et les autres les mêmes livres de dévotion. Lorsque l’occasion s’en présente, ils prêchent parmi nous et nous chez eux. Nos catéchismes, il est vrai, parlaient jadis d’une espèce d’ubiquité et de la manducation orale, mais on a rayé cela. On y lit maintenant quelque chose de favorable aux Réformés. Et Dubois cite comme preuve les demandes 1350, 1359, 1381, 1385 de l’Znstruction catéchétique de 1730. Il conclut en disant que chacune des deux Églises doit recevoir les membres de l’autre à la Sainte Cène (?). J.-J. Duvernoy, comme on peut penser, s’associa à ces vues et les « unionistes » estimaient dès lors que la plupart de leurs collègues étaient de leur sentiment.
Ceci se passait en 1768. L'année suivante, Bonsen était nommé Surintendant et cet événement devait arrêter net pour
(1) Léonard-Frédéric Dubois, né à Montbéliard en 1727, mort Recteur du gymnase en 1773. C'était un homme distingué dont les connaissances étaient très étendues. Il a donné une nouvelle édition de la Semaine Sainte de Ch. Duvernoy.
Dubois étudia à Tubingue de 1744 à 1748. Ministre à Beutal et deuxième ministre allemand à Montbéliard. Recteur en 1760.
(?) On reconnait ici l'influence de Pfaff. Mais il ne faut pas oublier non plus l'influence du voisinage. Nos ministres étaient en contact fréquent aver Bâle, Neuchatel et Genève. Les livres de Werenfels, d'Ostervald, de Turretin, se retrouvent dans beaucoup d’anciennes bibliothèques. A la fin du siècle, quelques pasteurs avaient même adopté le Caféchisme d'Ostervald. La Nourriture de l'âme était entre toutes les mains.
longtemps toute tentative de rapprochement avoué avec les Réformés. Bonsen, mis en possession du registre des Conférences ecclésiastiques, commença par réfuter les assertions de Dubois en rétablissant nettement la différence de doctrine entre Luthériens et Réformés. Dans la pratique, il fallait agir avec les Réformés comme on l'avait fait précédemment. Pendant sa surintendance, la question d’un rapprochement avec les Réformés ne fut plus soulevée, bien qu’une partie du clergé fût déjà gagnée à des idées plus larges. Le nouveau Surintendant, parvenu jusqu’à la plus haute charge qui venait récompenser sa vie de travail et d'honneur, se donna pour première tâche de faire régner l’orthodoxie confessionnelle dans les Églises que le Conseil ecclésiastique venait de mettre sous son autorité. Pour y parvenir, il commença par faire de la Formule de Concorde le sujet des travaux de la Conférence ecclésiastique. Les indépendants laissaient dire et les jeunes gens chargés d’aborder une des sections de ce célèbre document se gardaient bien de conclure autrement que cette « cloison », cette « muraille de refend » entre les Luthériens et les Réformés. Les procès-verbaux de cette période ne nous apprennent donc rien sur l’évolution de la doctrine. En les lisant, on ne se croirait pas au xvi* siècle. On ne se douterait pas, en voyant quels sujets occupent nos ministres, que le christianisme lui-même est mis en question par beaucoup, et que les attaques frivoles de Voltaire, celles plus sérieuses de Rousseau, ont déjà fait naître chez beaucoup de leurs paroissiens un scepticisme qui sourit de leur archaïsme (1). Bonsen était un fonctionnaire modèle, très exact à ses devoirs.
(1) Bonsen exige la conversion préalable d'un anabaptiste qui désirait épouser une luthérienne, et il commence par lui faire couper sa barbe qui est le signe distinctif des fermiers anabaptistes. Il aurait voulu faire disparaître la coutume abusive qu’avaient certains ministres de se communier eux-mêmes,
Nous ne sommes pas surpris de le voir s’efforcer d'introduire l’ordre et l’exactitude dans toutes Les paroisses de son ressort.
C'est lui qui pourvut toutes nos paroisses de registres nouveaux qui devaient être tenus en double (!). Il fit aussi rechercher les anciennes ordonnances, dont il aurait voulu que l’on formât un recueil qui serait devenu le code ecclésiastique de nos ministres (?). Il aurait voulu que la Confession d'Augsbourg fût lue chaque année dans nos Églises le 25 juin, comme cela se pratiquait dans le Wurtemberg. Mais sa proposition ne fut pas agréée (*). Il se préoccupait dans son zèle des anabaptistes disséminés dans notre pays, et s’efforçait de les ramener dans le sein de son Église. Il y réussit quelquefois.
C’est sous la surintendance de Bonsen que fut établie la Caisse des veuves de pasteurs. Le besoin s’en faisait sentir depuis plusieurs années. Un premier projet fut présenté à la Conférence ecclésiastique du 26 août 1778. Le réglement définitif fut adopté le $ octobre de la même année. Un receveur fut nommé l’année suivante ; la nouvelle fondation était achevée. Les recettes se composaient : 1° Des 24 sous que chaque pasteur de campagne avait à percevoir des Recettes ecclésiastiques pour le sermon prononcé chaque quinzaine dans l’Église Saint-Martin de Montbéliard. 2° Des 3 livres 12 sous accordés annuellement aux pasteurs pour assister aux conférences d’été. 3° Des 6 livres données par chaque pasteur pourvu d’une cure, des 3 livres données par les candidats et les diacres. Grâce aux ressources ainsi obtenues, les veuves de pasteurs purent jouir d’une pension d’environ 300
(4) Séance du 26 août 1772.
@) Nous avons retrouvé ce travail commencé par J.-J. Duvernoy dans les Archives de l’Inspection de Montbéliard.
(8) Séance de 1777.
livres, tant en grains qu’en argent. De plus, à la mort du pasteur, la veuve touchait le quart du traitement de son marP(t).
Cette excellente fondation, qui assurait l’avenir des veuves de nos ministres, tomba en 1793 (*).
D’une manière générale la situation matérielle des Églises du Comté n’était pas mauvaise. L'ordre extérieur régnait encore dans nos paroisses et le Surintendant y veillait (®). Le Surintendant rend ce témoignage au pasteur d’Abévillers : « Le pasteur est un bon luthérien qui prêche selon les sections et commente le catéchisme de Luther laprès-midi aux adultes » ({).
A Chiregoutte, le pasteur Scharflenstein (de tendance morave), « édifie la paroisse par sa conduite exemplaire » (°).
Au sujet de Jean-Frédéric Morel, ministre à Étupes, le zélé Surintendant s'exprime ainsi : « Une chose qui ne contribue pas peu à lui concilier la bienveillance de ses auditeurs, c’est la précision et la netteté que l’on remarque dans son style, aussi bien que l’élocution posée qu’il est venu à bout de se procurer en vainquant la volubilité naturelle de sa langue » ($).
Le rapport d'inspection de l’Église de Dasle dit : «L'esprit d'ordre règne dans cette paroïsse qui comprend deux belles
() Disposition du Conseil ecclésiastique du 16 décembre 1756.
(2) La nouvelle Cuisse des veuves et orphelins de pasteurs, dont les ressources sont encore très limitées, date de 1835. Voir dans les archives de l’Inspection les comptes des receveurs de l’ancienne fondation.
(8) Il allait jusqu’à vouloir introduire dans l’Église l’uniformité des chapeaux des ministres | Cf. Registre des Conférences ecclésiastiques et un article de M. Chenot dans la Wie nouvelle du 15 juillet 1888.
(4) Visite de 1774. Archives nationales, K. 2176. (5) Visite de 1774. Archives nationales, K. 2176.
(6) Visite de 1774. Archives nationales, K. 2176.
Églises, quatre communautés et quatre maisons d’école » (1). De même pour Sainte-Suzanne. Le rapport dit du pasteur Léopold-Frédéric Fallot (?) : «Ses paroissiens sont très satisfaits des soins qu’il prend et des peines qu’il se donne pour avancer la Gloire de Dieu et pour maintenir le bon ordre dans cette paroisse » (°).
Le Surintendant est loin d’ailleurs de voir tout en beau. Il dira, par exemple, du ministre de Mandeure, Jean-Jacques Thiébaut, qu'il est « négligent et accoutumé à des inflexions de voix fort inégales. Datur donorum Diversitas ».
Mais déjà l'esprit du temps exerçait son influence sur quelques pasteurs plus préoccupés de « vertu » que de piété. Le ministre Morel, d’Étobon, par exemple, était très instruit pour son temps, et il avait une conduite très régulière, mais il n’était pas d’une piété très vivante. Ainsi, il avait l'air de blimer les personnes d’Étobon qui assistaient régulièrement aux prières quotidiennes qui se faisaient dans le temple, prétendant qu’elles feraient mieux de travailler. Ces prières furent naturellement beaucoup moins fréquentées pendant son ministère. Ces dispositions de Morel ne lempêchaient pas d’ailleurs de rester officiellement attaché à l’orthodoxie traditionnelle. Celle-ci, pendant la surintendance de Bonsen, ne rencontre guère d'opposition ouverte, et les résistances que sent le vieux Surintendant dans l'esprit de ses collègues ne se traduisaient pas au dehors. Mais la vie du laborieux ministre touchait à son terme. En 1785, ne pouvant plus remplir tous les devoirs de sa charge, il demanda la nomination d'un Surintendant-adjoint. Le choix du Conseil ecclésiastique
() Visite de 1776.
(2) Vicaire du pasteur de Bavans pour Sainte-Suzanne.
(3) Visite de 1776.
se porta sur J.-J. Duvernoy, dont la situation dans notre pays n'avait fait que grandir. Puis le repos complet vint enfin pour le fidèle représentant des idées strictement luthériennes. « Après avoir fourni une longue et honorable carrière, dit une note de son petit-fils Léopold-Frédéric Masson, Léopold-Eberhard Bonsen s’endormit au Seigneur le 16 février 1788, âgé de quatre-vingt-huit ans et demi. Il était né, comme il le raconte lui-même, le 17 août 1699, et sa vie active et laborieuse fut constamment consacrée au service de sa Patrie depuis l’année 1728 jusqu’à sa mort ». Masson ne dit pas assez. Bonsen avait aussi servi fidèlement son Église, selon sa conscience et selon son pouvoir ; c’est pourquoi nous ne nous séparerons’ pas de lui sans une pensée de reconnaissance et de respect.