‹ La Vie Ecclesiastique et ReligieuseChapitre 44 sur 55 · Deuxième partie · texte numérisé non relu

Deuxième partie

Art. I. Des devoirs de la religion en général.

(1) Explication du chrétien Catéchisme par Demandes et par Réponses, tirée des Institutions catéchétiques de Conrad Dieterich, Docteur en Théologie, Ministre et Surintendant en l’Église d’Ulm et exposée à l'édification du public par Jean- Nicolas Binninger, ministre à Montécheroux. À Montbéliard, par Jean-Martin Biber, MDCXCIII. Une deuxième édition parut en 1721.

(2) Ibid., page 7.

(3) Instruction générale catéchélique sur toutes les vérités et les devoirs essentiels de la Religion chrétienne en faveur des Initiants et des Catéchumènes, divisée en deux parties, par Samuel Méquillet, ministre à Chagey. À Montbéliard, J.-M. Biber, 1712. 129 pages,

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Art. I. De la loy de Dieu et de son usage.

Art. III. De la repentance.

Art. IV. Des Sacremens.

Supplément.

à Des Devoirs particuliers des Catéchumènes.

3° Prières.

On voit ici se marquer plus nettement la tendance à mettre entre les mains de la jeunesse un manuel, un résumé complet de la dogmatique et de la morale chrétiennes. La notion du catéchisme s’est peu à peu altérée. «Le catéchisme, dit M. le professeur Ménégoz, doit se borner au strict nécessaire, s’il dépasse cette limite, il pourra toujours être un livre excellent, mais il sera un mauvais catéchisme » (1).

La composition de ces manuels plus complets amenaït une autre conséquence, l'abandon de la mémorisation parfaite du catéchisme par tous les enfants.

Beaucoup de ministres d’ailleurs, à l’époque où nous sommes parvenus, appartenant à la tendance piétiste, n’insistaient plus autant sur la mémorisation.

La méthode appliquée avec tant d’intelligence et de fruit au commencement de la Réforme, avait amené des abus au siècle suivant. Le principe de la mémorisation parfaite avait amené une récitation machinale. Beaucoup de pasteurs avaient oublié que l'instruction religieuse de la jeunesse était une de leurs plus précieuses fonctions. Ils s’étaient déchargés ici et R sur les maîtres d’écoles du soin de faire réciter le :catéchisme aux enfants, qui répétaient comme des perroquets une leçon incomprise et inexpliquée. Par réaction contre cet abus d’une mémorisation pure et simple, le piétisme tomba dans un autre extrême. Il porta l’accent trop uniquement

Q) La nolion du catéchisme, page 13.

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sur l'émotion religieuse de l’enfant. A Montbéliard, lorsque l’Église française fut sous l'influence de pasteurs piétistes, on ne fit plus réciter le catéchisme à l’autel comme cela s’était toujours fait (1).

Lorsqu’en 1723 la mort de Léopold-Eberhard mit fin son administration néfaste, il y avait bien des réformes à

opérer dans l’enseignement religieux de la jeunesse.

Il y avait d’abord à composer un petit catéchisme uniforme, moins long que les ouvrages de Barthol, de Binninger et de Méquillet, et plus complet que l’opuscule de Brenz, un peu trop succinct pour les élèves plus avancés. Il fallait de même avoir un guide uniforme pour le catéchisme des adultes (?).

Il fallait surtout amener la jeunesse de l'Église à prendre une conscience plus nette de sa foi et des engagements qui découlaient pour elle de la confession publique de cette foi et de son admission à la Table du Seigneur.

Le Supplément de 1724 montre que les nouvelles autorités ecclésiastiques virent bien la situation de nos Églises et s’efforcèrent d’y remédier.

« Nous avons appris avec surprise, dit ce document (®), que dans notre principauté de Montbéliard, il n’y avoit pas un Catéchisme ou Formulaire pour instruire la jeunesse, qui fût uniforme, publiquement autorisé et en usage partout, à la réserve du petit Catéchisme que les enfants apprennent aussitôt à l’école, qu’au contraire chaque Ministre à peu près avoit dans sa Paroisse ses questions et sa méthode particu-

(1) En 1727, les Trois corps de la ville se plaignent que dans l’Église française de Montbéliard «on ne fait plus réciter le petit catéchisme comme cela se faisait ». Archives du Doubs, E. 80.

(?) En 1729, le surintendant Zuegel se plaint encore qu’il n’y ait pas de catéchisme dans les écoles. Ibid.

(3) Pages 7 et 8.

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lière de catéchiser, et que les catéchisations, quoique d’une si grande nécessité, ne se faisoient dans la plupart des Églises, que toutes les quinzaines une fois ».

Nous savons que cela est exact. Toute la jeunesse avait entre les mains le Petit Catéchisme de Brenz qu’elle apprenait à l’école. Mais le Catéchète avait pour guide plus complet des manuels divers parmi lesquels il faut compter le Catéchisme d’Ostervald, de 1713.

Pour remédier à cette situation, le Supplément ordonne de composer un nouveau Catéchisme. Une fois composé, ce catéchisme devra être « traité toutes les semaines, deux fois dans la ville et une fois à la campagne, s’il est possible, suivant la méthode qui en sera prescrite aux Ministres » (1).

Le Conseil ecclésiastique se hâta de faire exécuter les prescriptions du Supplément de 1724. Le 7 février 1725, le ministre Zuegel et le diacre Berdot furent chargés de préparer le formulaire d’un catéchisme uniforme (?).

Les auteurs du Supplément se préoccupèrent ensuite de donner une sorte de sanction à l’enseignement religieux relevé de ses ruines. Tout leur effort catéchétique tend à mettre le baptisé en état de renouveler d’une manière consciente les engagements pris par ses parrains lors du baptême. Dans l'Église catholique on célébrait ce passage dans la confession consciente de la foi par la cérémonie sacramentelle de la Confirmation. La Réforme, par crainte du papisme, avait généralement supprimé le sacrement et la cérémonie. Mais n’y avait-il pas là un élément à conserver, une cérémonie à rétablir en la pénétrant de l'esprit évangélique ? On l'avait toujours pensé dans un certain nombre d’Églises issues de la

(2) Protocole des Délibérations et Résolutions du conseil ecclésiastique de S. A. S. Archives nationales, K. 2178.

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Réforme. De plus, vers la fin du xvn®* siècle, Spener, suivant les traditions de l’Église de Strasbourg, avait rétabli dans les Églises qu'il avait eu à desservir la cérémonie de la Confrmation évangélique, considérée comme un renouvellement solennel devant Dieu et devant son Église des vœux du baptème.

Dans la Confirmation protestante, le baptisé, parvenu à la possession consciente de la foi de l'Église, confirme, renouvelle la renonciation à Satan et la confession du Symbole qui ont été faites pour lui lors du baptème. Voilà le fonds commun, la « thèse » protestante de la Confirmation. Mais bientôt les éléments de cette thèse se décomposeront. Parmi les protestants, les uns insisteront davantage sur l’élément objectif: la confirmation est la confession de la foi de l'Église; les autres, sur l'élément subjectif, sur la décision personnelle du confirmant amené par la catéchèse à la conversion. Cet élément sera surtout accentué par le piétisme.

Dans notre pays, la Confirmation apparaît d’abord à Chagey où Samuel Méquillet lintroduit.

Pourquoi ne pénètre-t-elle pas alors dans le comté de Montbéliard proprement dit? C’est que les quatre seigneuries dont Chagey faisait partie, étaient sous l'autorité d’Eberhard-Louis, duc de Wurtemberg, dont les conseillers ecclésiastiques avaient des tendances piétistes marquées. Le comté de Montbéliard au contraire, appartenait encore à Léopold-Eberhard. Sa mort, en 1723, mit notre pays tout entier sous l'autorité du Wurtemberg et l'influence piétiste s’accentua dès lors très visiblement dans nos Églises. En ce qui concerne la Confirmation, le Supplément ne fit que rendre générale une cérémonie adoptée déjà par Méquillet dès 1712 et depuis sans doute par un certain nombre de nos ministres désireux d’introduire dans leurs paroisses une cérémonie

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qu'ils avaient déjà vu pratiquer soit en Wurtemberg, soit à Neuchatel.

« Nous voulons et ordonnons, dit le Supplément, qu'à l'avenir la jeunesse parvenue à un âge de discrétion, fasse sa confession de foy, et renouvelle publiquement cette grande alliance de grâce où elle a eu le bonheur d’entrer par le Baptème, suivant la louable pratique de la plupart des Églises évangéliques et en particulier de notre duché de Wirtembergi:: > (1).

Des catéchisations fréquentes et régulières, un catéchisme nouveau, l'introduction de la Confirmation publique, voilà donc les mesures prises par le Supplément pour relever l’enseignement religieux parmi nous.

Une fois le programme tracé, il s’agit de le remplir.

On se remit partout avec zèle aux catéchisations. Aussi, dès 1728, le ministre Berdot trouve-t-il que « la jeunesse profitte et s’avance dans la connaissance de la religion » (?).

Le nouveau catéchisme que Zuegel et Berdot avaient été chargés de faire, parut en 1730, sous ce titre : Les principes ou les premiers éléments de la religion chrétienne. Le moment est venu de l’examiner (f).

Le manuel nouveau est formé de six parties.

() Page 6.

(2?) Archives du Doubs, E. 80.

(3) Il en parut aussi une édition allemande sous ce titre : Biblische Mülch-Speise für die Jugend in den Mumpelgardischen kirchen : In sich haltend : I. Den Kleinen Catechismum.

IT. Sprüche der heiligen Schrifft von den vornebmsten Glaubens-Lebren und Lebens- Pfichten.

HT. Das Communicanten- Büchlein. IV. Fragen die xu der Erneuerung des Tauff-Bundes gebæren. V. Die Sieben Buss-Psalmen.

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